"Le
charme anglophile de ce journal intime réside dans une posture de
distanciation à la fois magique et comique, et le refus systématique de
toute dramatisation."
Vincent Thabourey, Positif
"… Jane Birkin s’y révèle une belle cinéaste. Belle actrice, aussi, dans le rôle d’Anna, qui vient d’emménager dans une maison bretonne où s’amoncellent cartons et paniers, dont on ne sait s’ils sont à défaire ou refaire. De ces boîtes (les boxes du titre), vont apparaître les souvenirs de toutes nuances émotionnelles qui lient Anna et ceux qui, vivants et morts, composent sa vie. Le père d’Anna (Michel Piccoli), fera le premier battre ces intermittences du coeur aux palpitations incertaines. De l’impossible arrachement qu’éveille son décès aux réminiscences des heures complices, dont il fut le sonneur sans rival. D’emblée, l’expression des sentiments les plus forts se teinte de cocasseries surréalistes, quelque part entre Buñuel et
Arsenic et vieilles dentelles. Le corps de Tante Maud, enfermé dans le congélo de la cuisine, ne viendra pas nous contredire. Un papa, une maman (Géraldine Chaplin), trois filles et leurs pères respectifs, vrais, faux et beaux-papas… Ajoutons quelques vieilles personnes qui déménagent gentiment du chapeau (…)
En dialogues très écrits, en sourires, larmes et silences vont se jouer la mémoire et ses trous (…) Dieu reconnaîtra les siens et les spectateurs plus sûrement. L’oeuvre est là pour préserver les opacités des albums de famille, les accents de mystère, dont le temps infléchit les petits mots laissés sur une page de garde tandis que le coucher de soleil d’une ancienne carte postale va éclairer un tout autre territoire.
Remords et regrets, explosions de tendresse et comptes mal réglés, Anna, au moment de sa vie où une femme ne peut plus avoir d’enfants mais ne renonce à rien, déclare ses amours. À des parents que l’on aimerait imaginer riant ensemble dans l’éclat vénitien du Palazzo Gritti, mais avec lesquels on s’est forcément demandé à quel moment il fallait se mettre à diriger leur gondole. À des enfants « livrés sans mode d’emploi » et que l’on a, à coup sûr, blessés. Aux hommes aimés toujours trop ou pas assez dans la réciprocité sinon des désirs, du moins des abus de confiance. Confiance en soi bien plus désespérément absente que les chers disparus (…) Tout cela et plus encore vit et frémit dans
Boxes, où les sentiments essentiels sont déclinés avec une grâce de roseaux, où l’on invite Shakespeare et Wilde en familiers : « Et si nous étions vraiment ce que nous semblons être ? »
Dominique Widemann, L'Humanité
"Une femme, une maison de province, des cartons de déménagement. Anna
(Jane Birkin) s'installe dans une nouvelle vie, dans le désordre et le
désarroi. Des boîtes provisoires qui donnent son titre au film
surgissent les souvenirs et les fantômes. Toute sa vie défile avec la
farandole des êtres chers, les disparus, les vivants, les absents. Tous
ceux qui ont tissé son histoire et vers lesquels elle se retourne
anxieusement pour savoir si on s'est assez compris, assez donné, assez
transmis (...)
L'autobiographie est à peine voilée par la fiction (...) c'est bien Jane, plus sincère que complaisante, jouant de son
inquiétude naturelle comme d'autres de leur charme avec un doigt de
fantaisie.
Pour le style, elle s'est souvenue de son travail avec Agnès Varda, qui lui avait consacré un documentaire, Jane B. par Agnès V.
Son côté concret, collage d'objets et d'êtres, pêle-mêle de
photographe, association d'images et de souvenirs..."
Marie-Noëlle Tranchant, Le Figaro