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De Olivier Ducastel. France - 1998
Jeanne a de nombreux soupirants, mais avec Olivier, c'est le grand amour. Lorsque celui-ci apprend qu'il a le sida, il décide de disparaître aussitôt de la vie de Jeanne... Le premier film des auteurs de "Drôle de Félix" et "Crustacés et coquillages"; une comédie musicale dans le sillage de Jacques Demy.
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Virginie Ledoyen : "Incarner le mouvement du désir"

L'actrice dessine les contours de son personnage dans "Jeanne et le garçon formidable" : une fille simple, pleine de vie et d'amour.
 

Ducastel et Martineau : Faire une comédie musicale avec ce qui nous fait peur. Formidable !

Pour leur premier film, Jacques Ducastel et Olivier Martineau ont réussi une comédie musicale à la Jacques Demy. Un fond grave mais beaucoup de légereté. Le sida, la séparation, le militantisme... tout ça en chantant, et en ne parlant que d'amour et de joie de vivre.

" Sur le sida, c’est le film que l’on n’attendait plus. Sur l’amour, c’est le film que l’on n’attendait pas. Et c’est une surprise d’autant plus merveilleuse que dans ce film (…) les maux de la mort sont les mots de l’amour (…) Jeanne est un film sans papier, sans identité, sans précédent, qui sait faire de toutes ces privations une revendication dangereuse. Autrement dit, un film qui a su rendre sa colère intelligente et joyeuse sans qu’elle cesse pour autant d’être dérangée et dérangeante..."



Gérard Lefort, Libération
 

" Passé la première séquence du film, le spectateur dispose d’une certitude et d’une interrogation (…). La certitude est
qu’on vient d’assister au début d’une comédie musicale enjouée et coquine, ce qui, dans le paysage du cinéma contemporain, n’est pas banal. L’interrogation porte sur la capacité du film à tenir semblable pari. La deuxième séquence est elle aussi chantée, par Jacques Bonnafé à Virginie Ledoyen ; il lui parle de l'amour, et du sida. Là on se dit que ces Ducastel et Martineau, (…) poussent un peu loin le bouchon. Et en même temps on ne peut pas ne pas être saisi par l’émotion précise et simple qui émane de la scène, grâce à la justesse des mots employés, à l’attention avec laquelle les cadres et les distances sont choisies, les gestes mesurés - ou démesurés -, les couleurs, les décors, les éléments de costumes assemblés. Pour tenir,vaille que vaille, cette gageure d’une comédie musicale « sur » (comme on dit) le sida. Mais d'abord, et enfin, une splendide histoire d’amour.
Une histoire qui se construit en allant du simple au compliqué, du petit au grand, en commençant par les détails, pour toucher à l’amour, la mort, les garçons et les filles (…) en douceur, sans pathos ni prêche. (…) L’important, il est dans la confiance culottée que Ducastel et Martineau font au cinéma, dans l’audace de tenter les aventures d’images et de récit les plus improbables. Ils ne les réussissent pas toutes. Et alors ? (…) Les conventions de la comédie musicale passent remarquablement là où elles devraient paraître plus artificielles : dans les scènes intimistes. Grâce à une réalisation fluide et proche, qui accompagne le mouvement des corps, joue en souriant sur la distance aux mots, volontiers lestes, et met en place les voiles de la pudeur envers ce qui est difficile à regarder et à entendre : pas les corps, ni les paroles du désir, mais la douleur et la maladie, I’impuissance et la rage contre l’impuissance.
Le film n’a pas la force noire de Encore/Once More tourné par Paul Vecchiali, sa mise en scène n’en est pas moins affirmation de choix, politiques et artistiques. Jeanne et le Garçon formidable ne marche pas à la nostalgie du musical comme Tout le monde dit «I Love you», de Woody Allen ni n’en pervertit les codes comme On connaît la chanson, d’Alain Resnais. (…) Le murmure seul convient pour fredonner cette  vérité (…) : ça vaut le coup de vivre."



Jean-Michel Frodon, Le Monde
 

" Cette musique est à l’image de Jeanne, jeune femme qui puise partout où elle peut l’énergie de se construire et de trouver la force d’aller de l’avant, faisant fi de ce qui pourrait l’arrêter dans son élan : la maladie d’Olivier, le bouquet de fleurs d’un garçon dont elle n’est pas amoureuse, un vieux grognon qui lui reproche de l’avoir bousculé en pénétrant trop brusquement dans la rame du métro où elle va apprendre la mort d’Olivier. Cette même rapidité de mouvement l’avait fait percuter le grand Amour en la faisant atterrir sur les genoux d’Olivier... C’est que l’histoire de Jeanne est aussi celle de l’acceptation de l’ambivalence de l’existence, qui, d’un même mouvement, lui fait découvrir l’amour et sa perte.
Incontestablement, Ducastel et Martineau ne sont pas dans l’ombre de Demy: ils se sont épanouis à sa lumière, y trouvant une vitalité propre qui leur permet de réaliser une comédie musicale passionnante parce qu’elle fait entrer en résonance notre époque, fantaisiste et légère avec ses pas discrètement dansés et ses saynètes volées au temps, foncièrement émouvante parce que travaillée par une profonde mélancolie qui traverse tout le film et finit par faire trébucher Jeanne dans une allée du cimetière.
Mais déjà s’amorce un sourire sur son visage. A l’heure qu’il est, nul doute que Jeanne est repartie dans le tourbillon de la vie, forte de cette rencontre amoureuse qui était un premier pas -de danse- vers l’Autre."



Claire Vassé, Positif

Jeanne et le garçon formidable
De Olivier Ducastel
France
1997
01h38 min


(€ 4.99)
VF
Format WMV + DRM
Poids : 0.58 Go
Téléchargement : 26'
 




 
Acteurs
François : Jacques Bonnaffé
Olivier : Mathieu Demy
Jeanne : Virginie Ledoyen
Julien : Denis Podalydès
Sophie : Valérie Bonneton
None : Mohamed Damraoui
Jean-Baptiste : Frédéric Gorny
Hélène : Axelle Laffont
None : Johanna Menuteau
None : Jean-Marc Roulot

Fiche technique
Costumes : Juliette Chanaud
Decors : Louis Soubrier
Direction de la photographie : Matthieu Poirot-Delpech
Montage : Sabine Mamou
Musique originale : Elise Caron, Philippe Miller
Realisation : Olivier Ducastel, Jacques Martineau
Scenario : Jacques Martineau
Son : Jean-Jacques Ferran

Date de sortie en France : 22/04/1998




 



 
Drôle de Félix
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