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De la guerre d’indépendance à la guerre civile

Introduction

Ancrée dans la nuit des temps, la révolution Irlandaise va réellement naître de deux événements majeurs : la révolution française qui apporte l’idée républicaine aux nationalistes, et la famine du XIXe siècle qui sème la colère. Pendant la première guerre mondiale, la Pâques sanglante met le feu aux poudres. La guerre d’indépendance est lancée, mais après la signature du traité anglo-irlandais du 6 décembre 1921 et le retrait des troupes britanniques, la toute nouvelle Irlande, amputée des six comtés du Nord, se livre à une guerre civile fratricide. Explications.

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Tout a peut-être commencé lorsque Dermot MacMurrough, roi de Leinster chassé d’Irlande, partit chercher secours auprès du roi Henry II d’Angleterre… En 1166. Mais en réalité il est très difficile de dater voire de suivre le fil de la guerre qui de tout temps opposa l’Angleterre et l’Irlande. Tout juste peux-t-on tenter d’en dérouler l’écheveau.

> La Fuite des comtes

En 1541, Henri VIII, celui là même qui parce que le pape ne veut lui accorder le divorce, fait sécession et invente une nouvelle sorte de protestantisme : l’anglicanisme, prend le titre de roi d'Irlande. En 1595, une révolte est entamée contre les Anglais, menée par Hugh O’Neill, comte de Tyrone qui s’est allié avec les principaux chefs d’Ulster, mais c’est Elizabeth I gagne cette Guerre de Neuf Ans. Les principaux comtes gaëliques s’enfuient en Europe. C’est la « Fuite des comtes ». Les Irlandais se retrouvent à la merci de la couronne anglaise qui intensifie les confiscations de terres et les plantations, notamment en Ulster, conduisant à une arrivée massive de colons de confession protestante en Irlande.

> Cromwell le massacreur

Une grande révolte éclate en 1641, brisée par Olivier Cromwell en 1649. La première révolution républicaine anglaise : celle des niveleurs de Cromwell aura ainsi eu l’effet inverse à celui escompté. Selon les sources, entre un tiers et la moitié de la population de l'île est massacrée. En 1704, Guillaume III d'Angleterre promulgue des lois pénales anti-catholiques.

> A moi la France !

Un nouveau soulèvement a lieu en 1798, nourri aussi bien par l'émancipation des États-Unis que par l'exemple de la Révolution française (il est commémoré par la chanson The Wind That Shakes the Barley). Paradoxalement, les premiers révolutionnaires irlandais sont… protestants. La Révolution Française de 1789 inspire en effet un jeune avocat protestant irlandais, Theobald Wolfe Tone qui fonde à Belfast le mouvement United Irishmen dont l’objectif est l’instauration en Irlande d’une république respectant les libertés politiques et religieuses. En réaction les protestants conservateurs d’Ulster créent l’Ordre d’Orange. Wolfe Tone part chercher du soutien auprès des révolutionnaires français. Mais la flotte française, menée par Hoche, est ravagée par une terrible tempête au large de Bantry et renonce à débarquer. En 1798, des insurrections de paysans catholiques, rejoints par des presbytériens protestants (pauvres, contrairement à la nomenklatura anglicane), éclatent aux quatre coins du pays contre l’occupant anglais. Wolfe Tone appelle une nouvelle fois les Français à l’aide. Le général Humbert, envoyé par la jeune république française vole mais un peu tard au secours de l’insurrection républicaine. Il remporte à Castlebar face à 6000 soudards de sa majesté, une victoire sans lendemain. Depuis l’amour entre les deux pays s’est cent fois célébré sur le dos des Anglais. Mais Humbert sera finalement rejeté à la mer et la répression sera terrible. Le 1er août 1800, en réaction, l'Angleterre proclame un Acte d'Union unissant totalement l'Irlande au Royaume Uni.

> La Grande Famine.

De 1846 à 1848, l’Irlande est frappée par la famine. Mauvaises récoltes ? Les nationalistes irlandais considérent que c'est délibérément que la couronne britannique laissa les Irlandais mourir de faim. Quoi qu’il en soit, les Irlandais émigrent en masse aux Etats-Unis. La population iminue de moitié entre 1840 et la fin du siècle.

> La naissance du mouvement indépendantiste

Au tournant du siècle, le mouvement indépendantiste retrouve de la force. Une suite de réformes agraires commence à restituer des terres aux Irlandais. En 1905, le Sinn Féin indépendantiste est fondé. De son côté, James Connolly crée le premier journal socialiste irlandais. Des syndicats irlandais se développent. En 1914, le Home Rule est voté, donnant une autonomie relative à l'île. Néanmoins le pouvoir suspensif de la Chambre des Lords puis le déclenchement de la 1ère guerre mondiale l'empêcheront d'être mis en œuvre.

> La Pâques sanglante

Voyant que le Home Rule – qui devait permettre aux Irlandais de former leur propre gouvernement autonome au sein du Royaume-Uni –, a été repoussé par l’irruption de la guerre, les chefs républicains, comme Patrick Pearse et James Connolly, décident de s'orienter vers un soulèvement armé, en profitant des difficultés britanniques dans la guerre. Pour ce faire, ils recherchent et obtiennent le soutien de l'Allemagne impérial et du Kaiser. L'insurrection a lieu le lundi de Pâques 1916 à Dublin. Patrick Pearse proclame la naissance de la République d'Irlande et la création de l’armée républicaine irlandaise. Mal coordonnée, l’insurrection sera réprimée rapidement (en cinq jours) et brutalement.Tous les leaders sont condamnés à mort et exécutés.

> L’émergence de Sinn Fein

Cette exécution provoque un basculement de l'opinion publique. Les Irlandais, qui avaient dans leur majorité été hostiles à l'insurrection, se rangent alors du côté des nationalistes. Cette tendance s'accentue après l'introduction de la conscription en Irlande, en 1918, rejetée par la majorité de la population. Le camp républicain a décidé de modifier sa pratique ancienne de l'abstention électorale, présente des candidats pour profiter du nouveau soutien de l'opinion. Le parti Sinn Féin, un parti nationaliste modéré créé en 1905, accepte d'accueillir les candidats républicains et obtient 70% des votes aux élections générales organisées en décembre 1918. Les élus Sinn Fein décident alors de refuser de siéger à Londres et annoncent la création unilatérale d'un parlement irlandais, le Dáil Éireann. Ce parlement et son gouvernement, l'Aireacht, déclarent au début de 1919 l'indépendance de l'Irlande en s'appuyant sur leur bras armé, l'Armée républicaine irlandaise.

> La guerre d’indépendance

En janvier 1919, deux policiers sont tués par l'IRA : l'Irlande est en guerre. Michael Collins organise une guerre de guérilla suivant le modèle des Boers, harcelant les forces britanniques et évitant toute confrontation directe. L'IRA s'attaque tout d'abord aux policiers irlandais du Royal Irish Constabulary (RIC), en les intimidant et en organisant des coups de mains contre leurs casernes, le but étant de les pousser à la passivité ou à la collaboration. Les conducteurs de trains refusent de transporter les soldats britanniques et les dockers de décharger l'équipement destiné aux troupes. En 1920, l'IRA s'est assuré du contrôle de la plupart des zones rurales, l'impôt britannique n'y est plus collecté et les tribunaux de la couronne ne peuvent plus fonctionner. Le gouvernement irlandais prend alors le relais.

Les troupes britanniques, voyant qu'elles commencent à perdre le contrôle du pays et fatiguées des embuscades montées par l'IRA, multiplient les exactions contre la population, s'aliénant l'écrasante majorité des irlandais. Dans les 18 premiers mois de la guerre, ils pillent une centaine de villes et de villages, arrêtent près de 5 000 suspects et en fusillent 77.

Le nombre de partisans actifs de l'IRA ne cesse dès lors d'augmenter, jusqu'à atteindre près de 15 000 personnes. Depuis Dublin, le ministre des finances du gouvernement clandestin, Michael Collins est le véritable coordonnateur de la guerre du côté nationaliste. Son emprunt d'État auprès de la population irlandaise est un succès (à tel point qu'il prête une partie des fonds collectés aux bolchéviques, obtenant en gage les bijoux de la couronne russe) et les forces britanniques échouent à capturer le commandement de l'IRA.

De son côté, le gouvernement britannique constitue une force paramilitaire de 7 000 hommes, les Black and Tans. Durant l'été 1920, les Tans, brûlent et pillent de nombreuses villes irlandaises, traitant avec brutalité la population. Une force de 2 200 anciens officiers de l'armée britannique, les Auxiliaires (ou Auxies) est également formée.

> Bloody Sunday

En août 1920, le maire de Cork, Terence Mac Swiney est arrêté et condamné à deux ans d'emprisonnement à Londres pour possession d'écrits séditieux. Il entame depuis sa prison une grève de la faim qui finira par sa mort le 25 octobre 1920. Désormais, le gouvernement britannique ne prend plus de gants, la priorité est l'élimination de l'IRA et surtout de son État-major dirigé par le nouveau ministre des renseignements du gouvernement irlandais clandestin, Michael Collins. C'est dans ce but qu'est créé le Gang du Caire, 18 agents secrets entrainés par le MI5 pour traquer les nationalistes à Dublin, épaulés par les Auxies. Le 21 novembre 1920, les hommes de Michael Collins assassinent 15 membres du Gang. Dans les heures qui suivent, les Auxies répliquent en tirant dans la foule lors d'un match de football gaélique à Croke Park, à Dublin. Quatorze personnes sont tuées et 65 blessées, parmi lesquelles des enfants au cours de ce que l'on appellera le Bloody Sunday. (A ne pas confondre avec le Bloody Sunday de 1972 qui marque le retour de la question irlandaise sur la scène internationale et sur lequel Paul Greengrass a réalisé un film à découvrir également dans le catalogue Universciné)

L’événement marque le début de la guerre proprement dite qui va durer jusqu’en juillet 1921. Après des mois de batailles rangées et d’embuscades, les élections du 13 mai 1921, où 124 des 128 sièges sont gagnés par le Sinn Féin, démontrent l'écrasante majorité des nationalistes. Et le gouvernement britannique doit envisager des négociations avec les rebelles sous la pression de nombreux députés de la Chambre des communes et du roi George V lui-même. Le 24 juin 1921, Lloyd George propose l'ouverture de négociations, qui aboutissent le 10 juillet 1921 à une trêve et à l'ouverture de négociations qui aboutiront le 6 décembre au traité anglo-irlandais signé entre autres par Michael Collins et Arthur Griffith au nom du Sinn Féin, et Lloyd George et Winston Churchill pour le gouvernement britannique.

> La guerre civile

Certaines limitations à la souveraineté de l'État libre ont dû être acceptées par les négociateurs, en particulier la renonciation à la République (le souverain britannique restant le chef d'état de l'Irlande, quoique sans pouvoir concret), le partage de l'île (l'Irlande du Nord devaient décider d'un ralliement à l'Etat libre mais pouvait s'y opposer, ce qui sera le cas), et un serment de fidélité à la couronne britannique : « Je... jure solennellement une véritable fidélité et allégeance à la Constitution de l'État libre d'Irlande telle qu'établie par la loi, et que je serai fidèle à sa majesté le roi George V, à ses héritiers et successeurs selon la loi, en vertu de la citoyenneté commune de l'Irlande et de la Grande-Bretagne et de son adhésion au groupe des nations composant le Commonwealth britannique des nations ».

Du fait de ces limitations, une minorité des combattants de la guerre d'indépendance derrière de Valera refusèrent d'accepter le traité, ce qui provoqua la guerre civile irlandaise qui dura de juin 1922 jusqu'en mai 1923 et coûta la vie à certains leaders du mouvement indépendantiste, comme Michael Collins et Rory O'Connor. Elle sera gagnée par les partisans du traité. La plupart des stipulations du traités seront finalement révoquées dans les années 1930 par Éamon de Valera, après l'accession de celui-ci au poste de premier ministre (1932).

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  • elPoto au sujet de : 4 mois, 3 semaines et 2 jours

      5/10

    Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.