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Des personnages sexys... parce qu'intelligents

Introduction

Le réalisateur explique le rôle fondamental que tiennent à ses yeux l'alphabétisation et les études dans son film, et l'importance des acteurs qui incarnent les idées-maîtresses de "De l'autre côté" : la passion et l'engagement. Le cinéaste salue ainsi Hanna Schygulla et Tuncel Kurtiz, familiers de l'univers de Fassbinder pour l'une et de Yilmaz Güney pour l'autre.

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"Quand on se bat pour une cause avec passion, cela rend sexy. Et il me fallait un personnage sexy pour De l’autre côté. Ayten est très instinctive. Elle connaît le monde de la rue, et elle est très séduisante. Elle est très politisée. Au départ, l'actrice Nurgül Yesilçay se sentait en déphasage avec la culture politique du personnage. Quand elle a fini par donner son accord, elle s'est donnée à fond. J'ai été subjugué par sa connaissance approfondie du personnage. Je connais pas mal de femmes comme Ayten, et Nurgül ne leur ressemble pas. Ayten est comme mon alter ego au féminin. Elle a une idée à un moment donné, et puis elle se surprend elle-même en en changeant l'instant d'après. J'estime que l'intelligence, ça rend sexy – et j'ai donc fait du personnage de Nejat un prof. Et un prof d'allemand d'origine turque, cela bouscule certains préjugés qui sévissent toujours en Allemagne. Les Turcs jouent actuellement un rôle-clé en Allemagne dans les domaines culturel, politique et scientifique. Ils ne se contentent pas de faire le tapin. Yeter considère que les études sont tellement importantes qu'elle accepte de se prostituer pour être en mesure de payer l'université à sa fille. Nejat se reconnaît dans cette soif de connaissances. Il y a une ironie qui m'a plu dans le fait que lorsque Nejat arrive à Istanbul, il prend la place d'un intellectuel allemand qui tient une librairie.

Le niveau d'alphabétisation – et les études – jouent un rôle fondamental dans De l’autre côté. Il y a un livre qui symbolise le conflit entre Nejat et son père. Mais quel livre choisir ? Cela s'est avéré une décision très difficile pour moi. Je ne voulais ni de Siddhartha, ni de Bilbo le Hobbit, ni de quoi que ce soit de trop ouvertement symbolique. Du coup, je me suis dit que j'allais faire de la pub à un ami à moi qui a écrit un bouquin formidable. J'ai donc choisi Die Tochter des Schmieds (La Fille du forgeron) de Selim Ozdogan. S'agissant du film, la lecture est un élément-clé. La lecture symbolise les études : il n'y a que les études qui puissent sauver la planète.

J'ai imaginé cette mère allemande qui débarque à Istanbul pour retrouver sa fille qui a disparu. J'ai très tôt songé à Hanna Schygulla pour le rôle. J'avais fait sa connaissance à Belgrade en 2004, et elle m'a envoûté. Je m'étais vraiment mis en tête de travailler avec elle.

Certains journalistes allemands m'ont comparé à Fassbinder, mais je ne suis pas d'accord. Je viens de la rue, et non pas du théâtre. Je me sens plus proche de Yilmaz Güney – un artiste qui s'est rebellé contre les conventions. Fassbinder était à Hanna ce que Güney était à l'acteur Tuncel Kurtiz à qui j'ai également pensé très vite pour De l’autre côté. Mais mon but n'était pas de les utiliser comme des icônes du cinéma de Fassbinder et de Güney. Pour autant, il aurait été prétentieux de ma part de tenter de les diriger comme aucun autre metteur en scène avant moi. Je ne voulais pas que la direction d'acteur s'en ressente. Mon boulot, c'est de raconter des histoires. Et Hanna, comme Tuncel, correspondaient parfaitement à l'image que je m'étais faite des parents du film."

Fatih Akin

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      10/10

    J'ai tellement adoré que je me suis inscrit pour le dire !!! A voir absolument