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Emmanuel Salinger : " Enfin un rôle gai ! "

Introduction

Il joue Nathan dans Comment je me suis disputé... : "C'est peut-être le seul garçon du film qui ne soit pas complètement fou" dit l'acteur qui avait déjà joué sous la direction d'Arnaud Desplechin dans La Sentinelle. Et d'expliquer : " Arnaud me connait mieux que d'autres... Alors ça l'amusait de me donner à jouer un personnage franchement différent. "

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Vous avez interprété le rôle principal de La Sentinelle, ensui­te vous avez fait d'autres films. Comment êtes-vous revenu vers Arnaud Desplechin ?

Emmanuel Salinger : On ne s'est jamais à proprement parler perdu de vue. On a toujours été à proximité. Assez tôt, il a eu l'idée de me propo­ser le personnage de Nathan, en partie parce que ça lui plaisait de me donner un rôle lumineux, alors qu'on m'a proposé de nombreux rôles un peu décalqués de La Sentinelle, c'est-à-dire des garçons névrosés, malheureux, graves, ténébreux. Comme Arnaud me connait mieux que d'autres et qu'il a plus d'imagination, ça l'amusait de me donner à jouer un person­nage franchement différent. Il est nettement plus gai que tout ce que j'ai pu faire par ailleurs. C'est peut-être un des seuls garçons du film qui ne soit pas complètement fou;

Vous êtes ce qu'on peut appeler un proche d'Arnaud Desplechin... Est-ce un atout ?

On gagne beaucoup de temps. J'ai été présent à une étape du scénario. Je savais donc de quoi il s'agissait plusieurs mois avant que le casting commence. A ce stade, il ne parlait évi­demment pas de rôle.

La proximité qui peut exister entre nous ne me donne aucun privilège. Je ne sais pas à l'avance si je vais jouer et ce que je vais jouer. Mon intervention sur le scé­nario a été de l'ordre de la discussion.

A une étape, Arnaud ne savait pas bien où ça allait. On en a parlé, on a essayé de faire des plans, de créer des ordres. On a trouvé quelques idées mais c'était surtout de l'organisation d'un matériau préexis­tant, un travail sur la structure.

Chez Desplechin, il y a une grande volonté de maîtrise à toutes les étapes et en même temps, il y a une sorte de liberté qui est à l'oeuvre constam­ment, une liberté qui excède le dispositif initial. A un moment, il se retrouve avec un matériau arborescent qui part un peu dans tous les sens et là vient la question de savoir si ça parle bien de ce qui était prévu initialement, s'il y a eu des mutations, si cela reste cohérent. C'est ça qu'il voulait vérifier avec moi. En même temps, c'est beaucoup plus libre, moins rigide que la façon dont je décris ce processus.

Qui est Nathan ?

Il peut être une sorte d'idéal du moi de Paul. Il accepte ce rôle et en même temps le déjoue tout le temps. Nathan travaille aussi pour lui-même. On voit bien à la fin comment il récupè­re sa fiancée tout en restant très élégant avec Paul.

En fait, je ne sais pas bien ce que sait Nathan. C'est un personnage sur lequel on projette pas mal. Nathan est là, apparemment très entier, présent et sans grand mystère, mais c'est justement cette présence-là qui est mystérieuse et finit par devenir opaque.

C'est peut-être aussi un calculateur supérieur, quel­qu'un qui voit plus loin et attend le moment où il pourra retourner la situation à son profit. C'est aussi quelqu'un qui sait que l'absence de calcul est de temps en temps plus payan­te que toute forme de calcul. Il est habile là où les autres sont des demi-habiles.

Ce n'est qu'un aspect du personnage car on ne peut pas dire non plus qu'il apparaisse comme un Machiavel. En fait, on ne sait jamais exactement qui il est. Il est un des confidents privilégiés de Paul quand il est plongé dans ses ruminations à propos de Rabier et il l'entretient dans une exégèse permanente tout en s'amusant presque perverse-ment avec lui. C'est un personnage ambigu dont la possible duplicité n'est qu'une hypothèse. Pour Paul, c'est tout de même un compagnon d'exégèse de sa propre vie.

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  • elPoto au sujet de : Le Voyage aux Pyrénées

      7/10

    Assez rigolo dans le genre loufoque mais aussi poétique et sensuel. Merci les frères Larrieu.