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L'éclosion d'une "Ecole berlinoise" au sein de la pépinière allemande

Introduction

"Les films que nous produisons ont des points communs", explique Florian Koerner, co-fondateur de Schramm film : ils traitent toujours des gens, l’action n’est pas essentielle. Ce sont les personnages qui conduisent l’histoire. Et je pense qu’Angela Schanelec, Jan Krüger et Henner Winckler (réalisateurs respectivement de "Marseille", "En route" et "Voyage scolaire" – en exclusivité sur Universciné) éprouvent beaucoup de respect mutuellement pour leur travail de réalisateurs."

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Florian Koerner, vous êtes avec Michael Weber le producteur de Marseille, En Route et Voyage scolaire. Pouvez-vous nous dire tout d’abord comment a démarré l’expérience Schramm Film ?Michael Weber et moi-même avons fondé Schramm Film en 1991. Nous sommes à l’origine tous les deux des techniciens du cinéma: Michael était perchman, j’étais électricien. Après avoir travaillé sur trois films, nous avons eu le sentiment que nous devions changer de voie. Nous  sommes devenus producteurs et avons produit nos deux premiers films avec l’Académie du Film de Berlin (DFFB), avec laquelle nous entretenons d’excellents rapports.

Y-a-t-il une “griffe” Schramm Film ? Pensez-vous que Henner Winkler, Angela Schanelec et Jan Kruger partagent la même idée du cinema ?Il y a ce qu’on appelle la “Berliner Schule” ( L’Ecole berlinoise) pour signifier qu’il y a une façon de filmer propre à cette ville. Mais oui, au-delà de ça, d’une certaine manière on a le sentiment que nos films ont des points communs. Ils traitent toujours des gens, l’action n’est pas essentielle. Ce sont les personnages qui conduisent l’histoire. Et je pense qu’Angela, Jan et Henner éprouvent beaucoup de respect mutuellement pour leur travail de réalisateurs.

Est-ce qu’il est facile en Allemagne de produire des films Art et Essai et de trouver de l’argent auprès de l’Etat (comme c’est le cas en France par l’intermédiaire du CNC) ou des Régions ? Il est beaucoup plus facile de produire des films Art et Essai en Allemagne que dans beaucoup d’autres pays européens. Nous travaillons beaucoup avec la ZDF et son département ”La Lucarne”. Ils ont cofinancé ces trois films. En outre, les films Art et Essai sont souvent plus rentables que les  “gros” films, parce que les frais de distribution sont souvent beaucoup plus faibles, ce qui implique que l’on peut récupérer plus rapidement sa mise de départ. De plus les Festivals Internationaux invitent plus les films d’Auteur. Mais, par ailleurs, seulement 10% en moyenne des avances accordées pour financer un film sont remboursées par le producteur, ce qui implique que les projets de films (et leur “aspect artistique”) sont examinés avec beaucoup d’attention avant d’obtenir un financement !

La Télévision a donc un poids important dans la production... Trouvez-vous d’autres sources de financement dans d’autres pays européens ?En général, les films allemands ont besoin d’une contribution de la Télévision pour démarrer. Tous nos films trouvent un financement exclusivement en Allemagne. Prenons l’exemple de Marseille. Il n’a pas été possible  d’obtenir de l’argent en France pour ce film en dehors d’Arte. Le fait de tourner ce film dans sa plus grande partie à Marseille n’a pas été suffisant pour obtenir des aides en France. Finalement, il a été plus facile d’amener de l’argent d’Allemagne et de travailler avec des sociétés de production situées à l’endroit où nous tournions. Ce fut une très bonne expérience pour nous.

Comment expliquez-vous la soudaine éclosion en Allemagne d’une génération de jeunes réalisateurs aussi talentueux ?Ce n’est pas soudain ! L’attention portée aux films Art Et Essai a augmenté, mais les cinéastes et les films existent depuis bien plus longtemps. De plus, je pense que les réalisateurs s’intéressent aux films qui peuvent nourrir leur vision du cinéma. Par exemple, Jan a vu Voyage scolaire avant de travailler sur En route, et il a été “poussé” par ce film. Il y a donc un effet d’entraînement qui existe.

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  • elPoto au sujet de : Le Voyage aux Pyrénées

      7/10

    Assez rigolo dans le genre loufoque mais aussi poétique et sensuel. Merci les frères Larrieu.