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Mettre à plat le cinéma, et en rire

Introduction

Pour soutenir le film de Robert Guédiguian lors de sa sortie en salles, le réalisateur Serge Le Péron a écrit son enthousiasme dans un texte diffusé par l’ACID, une association de cinéastes qui s'entraident pour favoriser la rencontre entre les films selectionnés, leurs auteurs et le public.

Article

Qu’est ce que le cinéma ? Du langage bien sûr.

Qu’est-ce qu’un film ? Des corps, des voix, des images et des sons structurés comme un langage.

Et que fait Guédiguian dans son dernier film ? Rien moins que mettre à plat tout ce dont le cinéma est fait : images, sons, corps, voix... en train de devenir film. Il dévoile ainsi, sinon le cinéma en général, du moins le sien, celui qu’il a bâti toutes ces années, avec ses acteurs, scénaristes, techniciens. Avec ses outils de production adéquats à son langage et son propos. Il fait de sa méthode le sujet même de son film.

Mais sans discours : non pas de manière théorique (genre déconstruction du dispositif), mais en cinéaste tout bonnement : avec des voix, des corps, des images et des sons... encore et encore. Et ça donne, au détour du récit, des moments de cinéma inoubliables, des instants de pur génie cinématographique.

« Amitié érotique » : des phrases comme celles là ne sont pas simplement de bons dialogues dits avec l’accent de Marseille, non. Comme les Atmosphère, atmosphère ou autres Nobody is perfect de glorieuse mémoire, elle est le produit complexe d’images et de sons, de corps et de voix ; elle est le signe fort d’un agencement précis de ces ingrédients proprement cinématographiques.

Placée au sommet d’une situation où deux corps, justement (un homme et une femme), sont plongés dans une fiction imaginée par deux autres corps (un parisien et un marseillais eux même fictionnalisés), unis comme le Réel et l’Imaginaire, le Nord et le Sud, le Conscient et l’Insconscient (qui, on le sait, est lui aussi structuré comme un langage), cette "amitié érotique", est le symptôme le plus évident de la grande forme du cinéma de Robert Guédiguian. Mais elle n’est pas toute seule.

Car ce grand déballage des outils de la Maison Guédiguian réussit l’exploit de garder son secret. La preuve, on rit d’un bout à l’autre du film, on rit beaucoup, on rit aux éclats. Et ça, ça ne s’explique pas : c’est le domaine secret de l’Inconscient, du langage, du 7ème Art... de Robert Guédiguian.

Serge Le Péron

www.lacid.org

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  • elPoto au sujet de : 4 mois, 3 semaines et 2 jours

      5/10

    Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.