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Nanni Moretti : " Un film d'amour, un hommage au cinéma et un film politique."

Introduction

L'auteur de Palombella Rossa retrouve Silvio Orlando, son partenaire du Porteur de serviette pour ce film gigogne où se confondent fiction et réalité, personnages morettiens et vrais figures berlusconiennes. Trois films en un pour mieux dénoncer, dit Moretti, tout ce qui l'indigne dans l'Italie d'aujourd'hui.

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Dans les années 70, le cinéma politique était très répandu, c'était devenu un genre, presque un filon commercial. Depuis très longtemps, ces films ne se font plus.

Je ne sais pas si cela dépend d'une autocensure de la part des scénaristes, des réalisateurs, et des producteurs, ou du fait qu'une partie des financements d'un film viennent des chaînes de télévision, ou de la difficulté objective de raconter les changements de notre pays ou, enfin, du fait que la réalité politique italienne dépasse l'imagination la plus fertile.

Moi, en tout cas, à mon petit niveau, j'ai essayé de le faire. J'ai essayé de raconter, avec les moyens du cinéma, une réalité que nous ne parvenons plus à voir, à percevoir. Je pense que notre problème c'est celui de l'habitude : on s'est habitués à des personnages et des situations vraiment incroyables pour une démocratie.

Le Caïman est un film d'amour, un hommage au cinéma et un film politique. Le personnage de Bruno (et l'interprétation de Silvio Orlando) unifie ces différents aspects.

Au début, Bruno se trouve impliqué presque par hasard dans le projet de film proposé par la jeune réalisatrice débutante, puis, lentement, il commence à se passionner pour le ce projet, mais je n'ai pas voulu faire de Bruno un personnage qui "prend conscience", je n'ai pas voulu lui faire faire un parcours idéologique.

Peut-être est-il intrigué par cette jeune femme et par sa ténacité. Peut-être veut-il montrer à sa femme, dont il est en train de se séparer, qu'il est capable, lui aussi, de produire un film important. Peut-être, et ce également du fait des nombreux refus qu'il essuie, finit-il par se convaincre que le film doit être fait, qu'il est nécessaire. Mais surtout, il a hâte de recommencer à travailler, de retourner sur un plateau, d'entendre quelqu'un qui dise : moteur, clap, action !

Dans les dernières minutes, le film de Teresa et le mien se superposent jusqu'à se confondre. Au début, en tant que personne, en tant qu'acteur qui interprète son propre rôle, je me moque du scénario de Teresa sans le connaître. Avant cela, en tant que réalisateur, je mets en scène le scénario de Teresa à travers l'imagination du producteur, mais c'est son imagination, ses idées. Puis à la fin, dans les dernières minutes du film, moi en tant que réalisateur, Teresa en tant que réalisatrice, moi en tant qu'acteur, nous sommes une seule personne.

J'aimais cette superposition, faire que tout coïncide.Naturellement, il y a comme un court-circuit entre moi, Le Caïman et le spectateur. Lorsque je dis : "Comme la gauche est triste, elle est triste au point de rendre les gens tristes", c'est Berlusconi qui parle mais interprété par moi qui ai souvent jugé la gauche sans indulgence. Ou alors quand je dis "Quand j'avais une tumeur", Berlusconi a eu une tumeur et moi aussi.

Quand je dis : "mes alliés étaient fascistes", j'utilise le personnage du Caïman pour dire ce que je pense, pour rappeler qu'effectivement ses alliés étaient fascistes."

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  • elPoto au sujet de : 4 mois, 3 semaines et 2 jours

      5/10

    Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.