Notes écrites pendant une tempête de neige, sept mois avant le tournage
Introduction
"On ne peut vraiment être lucide, par rapport à ses buts artistiques ou autres, que sur son lit de mort, et encore !, précise Aki Kaurismäki. Voici néanmoins quelques observations concernant le projet d' "Au loin s'en vont les nuages".
Article
" Le véritable sujet du film est le chômage et ses effets psychologiques plutôt qu'économiques. Le personnage principal - Nikander - est maître d'hôtel. Il travaille donc dans la restauration, profession dans laquelle les gens sont très mobiles et qui représente ainsi, je l'espère, un exemple de portée universelle. Dans ce cas précis, l'auteur a choisi un happy end (si l'on peut dire, étant donné que nous n'avons aucune connaissance de ce qui se passe après la mort, pour peu qu'il s'y passe quelque chose). L'état du chômage de Finlande, mais aussi presque partout dans le monde, et surtout ses effets psychologiques, sont si effroyables qu'à mon avis, un film sur ce sujet ne peut en ce moment avoir d'autre objectif que d'apporter un peu d'espoir et d'informer plus amplement.
[Cette note évoque le personnage de Nikander qui n'apparait pas dans le film définitif; le scénario était initialement écrit pour Matti Pellonpää, complice d'Aki Kaurismäki depuis ses premiers films. La mort prématurée de l'acteur, en 1995, deux semaines avant le début du tournage, contraint le réalisateur à transformer le personnage principal en femme et c'est Kati Outinen ("La Fille aux allumettes") qui devient maître d'hôtel.Les noms de Nikander et Ilona reprenaient ceux du couple héros du troisième film du cinéaste, "Shadows in paradise" (1986) qui l'avait révélé au public international, notamment grâce à sa sélection à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 1987.]" Le style du film est le réalisme stylisé, complété par un sur-optimisme à la Frank Capra pour la partie finale. Ce qui veut dire le réalisme dans son rapport avec le contenu et la stylisation dans son rapport avec les décors et l'environnement.Depuis que les grands réalisateurs romantiques du cinéma sont morts, je considère qu'il est de mon devoir de sacrifier quelques possibilités cinématographiques sur l'autel de la crédibilité; ce qui veut dire, dans ce cas, que ce qui est perdu en vitesse est gagné en véracité. En d'autres termes, j'aspire à un genre de néo-réalisme, associé à beaucoup d'éléments comiques.
J'espère que l'éventuel spectateur ou spectatrice, quel qu'il ou qu'elle soit, sortira, après avoir vu ce film, plus heureux ou heureuse que quand il ou elle est entrée(e).
Le style extérieur de ce film est proche de trois films du même auteur : Shadows in paradise, La Fille aux allumettes et J'ai engagé un tueur. Par ailleurs, l'auteur accepte d'obéir aux lois, aussi bien celles de la réalité que celles du cinéma, tant qu'il y a harmonie avec sa morale et, selon les circonstances, fait de son mieux."
Aki Kaurismäki










elPoto au sujet de : Le Voyage aux Pyrénées
Assez rigolo dans le genre loufoque mais aussi poétique et sensuel. Merci les frères Larrieu.