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"On a vraiment lancé la machine a remonter le temps"

Introduction

Vers la fin des années 70, sur la 54eme rue de Manhattan, dans un ancien studio de télévision à l'abandon, naît un nouveau lieu de la vie nocturne new-yorkaise : le Studio 54. Presque 20 ans plus tard, "la plus grande boîte de nuit de tous les temps" est ressuscitée sous la caméra de Mark Christopher...

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Le bâtiment qui abritait jadis la boîte de nuit légendaire de la 54e rue de Manhattan est aujourd'hui abandonné, mais l'atmosphère qui y règne suffit à raviver le souvenir des nuits passées. Même si certains affirment que si l'on se souvient de ce qu'on faisait au Studio 54, c'est que l'on n'y était pas vraiment. Mais nombreux sont ceux qui se rappellent ce lieu et cette époque uniques ; leurs témoignages sont étayés par une multitude de photos, de vidéos, d'articles de journaux et de magazines. «La nostalgie peut être un piège, avoue Mark Christopher, auteur et réalisateur de Studio 54. C'est sympa de revenir en arrière et de revisiter une époque dingue et géniale, mais il faut savoir être objectif, sans préjugé, ne pas dire «c'était mal». Je pense que le film a ce regard. La musique était l'âme et l'essence de l'époque disco - la liberté, la recherche de sensations fortes, le «fun». Mais c'était également une époque égoïste.» Le tournage de «Studio 54» a commencé le 29 septembre 1997 à Toronto, au Canada, et a fini huit semaines plus tard à New York. La majorité des artistes de l'équipe et des acteurs, comme Sela Ward, Lauren Hutton et Michael York ont connu la boîte au sommet de sa notoriété. «Tout ce que l'on a pu en dire et écrire est vrai - c'était un véritable cirque», dit Sela Ward. Michael York compare le Studio 54 aux cabarets des années 30 : «On laissait ses soucis à la porte, c'était l'évasion». D'autres diront que «c'était la Mecque de la défonce mondaine».

En 1979, alors que le Studio 54 est à son apogée, Mark Christopher est en terminale à Fort Dodge dans l'Iowa. «Même là-bas, je connaissais le Studio 54, je lisais des articles dessus et j'en rêvais», se souvient-il. Lorsqu'il débarque à New York dans les années 80, différents repaires nocturnes ont pris le relais du Studio, mais rien ne l'a vraiment remplacé. La boîte marche toujours fort, et Mark Christopher y passe une partie de ses nuits sur la piste de danse. Même si la frénésie s'est calmée, le lieu exerce une forte emprise sur son imaginaire. Déjà le scénario de «Studio 54» commence à prendre forme. «Il n'y a que dans l'univers du Studio 54, qu'un barman peut atteindre la célébrité - d'une certaine façon..., explique Mark Christopher. Le film retrace son voyage de Jersey à ce pays d'Oz». Son périple commence à partir du moment où il affirme son envie de sensations fortes et d'indépendance. Au Studio, il a l'impression d'être au centre du monde. Tout est facile - amis, sexe, drogue, cash. Le patron l'aime bien et des célébrités l'appellent par son prénom. Mais les amitiés défilent, la drogue n'est pas toujours drôle, l'argent s'évapore, et les gens riches - leur langage, leurs sujets de conversation, leur accent - lui donnent des complexes.

Pour Ryan Phillippe, son personnage est très marqué par l'époque : «Shane représente l'état d'esprit de la fin des années 70, explique-t-il. Nous avons tant de limites maintenant, alors qu'à ce moment-là, il n'y en avait pas. On ne pensait pas que l'on pouvait devenir dépendant de la cocaïne, et personne ne s'inquiétait encore du SIDA. Pour moi, c'est un film d'époque - à la fois étranger et exaltant». Il a aussi découvert la musique disco. «Je n'étais pas spécialement fan de disco, maintenant j'adore. Tout au début, Mark nous a donné des cassettes à écouter -une trentaine de chansons - car beaucoup de scènes avaient lieu dans la boîte. Quasiment tous ces tubes ont une façon de vous transporter. Ça déferle comme une vague, avec une pulsation forte, régulière - les thèmes tournent autour de l'excellence, du dépassement de soi, de l'ascension vers de nouvelles hauteurs».

«On a vraiment lancé la machine à remonter le temps», explique Coati Mundi, codirecteur musical de «Studio 54» qui allait régulièrement au Studio à la grande époque. «L'un des aspects les plus plaisants du film a été de voir la discothèque prendre vie, raconte le réalisateur Mark Christopher. Chacun avait nourri ce personnage - le chef opérateur Alexander Gruszynski avec son éclairage, Kevin Thompson avec le décor, Ellen Lutter avec ses costumes, les figurants en créant l'ambiance. Ce n'était pas simplement un tournage dans un joli décor. C'était un personnage qui s'animait.» Le décorateur Kevin Thompson a connu le Studio 54 à son apogée et a ressenti une vive impression de «déjà vu», surtout lors des grandes scènes sur la piste de danse. Quiconque a réussi à franchir les cordons de velours qui marquaient l'entrée du Studio 54, reconnaîtra bon nombre d'éléments du décor - les banquettes argentées, la moquette en gazon synthétique noir, le bar en forme de losange avec ses parois en miroirs, la piste de danse en parquet, les escaliers richement ornés, la passerelle en acier, la cabine du DJ et les colonnes éclairées au stroboscope qui descendaient du plafond. Sans parler de «l'homme dans la lune» avec sa cuillère à coke.

La clientèle du Studio 54, elle, passait beaucoup de temps à s'habiller. «C'était une époque où les gens étaient de vrais paons, déclare Ellen Lutter. On peut trouver cela laid ou excessif, mais les gens essayaient de se différencier, d'être eux-mêmes. C'est un comportement qui n'existe plus. Certaines tenues que j'ai réalisé sont vraiment excessives, mais c'est un moyen de capter l'air du temps».Capter l'air du temps est en définitive le pari relevé par Studio 54. La productrice Dolly Hall a passé bien des nuits au Studio 54 de la grande époque, et y a souvent repensé pendant le tournage. «C'était une période de ma vie forte et exaltante, j'ai pu la revivre grâce au film», dit-elle. C'était pour elle un plaisir inattendu. «Les sensations et le spectacle que nous avons créés sur le plateau m'ont vraiment transportée - chose que le cinéma permet de faire pour le public. Mais qui est très rare pour ceux qui en sont les artisans.»

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  • elPoto au sujet de : Le Voyage aux Pyrénées

      7/10

    Assez rigolo dans le genre loufoque mais aussi poétique et sensuel. Merci les frères Larrieu.