Articles

"Pas un film africain... un film tout court. "

Introduction

Pour le réalisateur burkinabé Idrissa Ouedraogo, l'histoire de Samba Traoré est universelle. "J'avais envie d'un film ouvert", dit-il. Il se passe en Afrique mais explore surtout le thème de la culpabilité...

Article

Aussitôt que les gens aperçoivent une case dans un film, ils pensent tradition. Or, la population du Burkina Faso vit à 95% dans les campagnes. L’histoire de Samba Traoré se déroule dans une région "normale", sans problèmes particuliers : les émotions et les sentiments qu’elle décrit sont universels, ils sont indépendants du décor. J’avais envie de réaliser un film très ouvert, et qui, en fait, aurait parfaitement pu se passer ailleurs. Un film qui soit vu, non comme un film africain, mais comme un film tout court.

Samba Traoré est un film sur la culpabilité, sur le passé qui poursuit l’homme et qui finit toujours par resur- gir. Si Samba, grâce à son amour pour Saratou et à ses amis, en arrive presque à oublier ce qu’il a fait, son passé finalement le rattrape. Au Burkina Faso, comme partout ailleurs dans le monde, la ville est un endroit violent où les conditions de vie sont extrêmement dures. Mais par ailleurs, c’est en ville que se trouve le progrès. C’est là, par exemple, que les femmes peuvent accoucher dans des conditions correctes. Après tout, je ne sais pas si Samba n’a pas volé juste pour repartir chez lui : c’est là qu’il se sent bien, qu’il est lui-même, et il se sert de cet argent pour rendre meilleure la vie du village, en achetant du bétail, en ouvrant un bar...

Samba Traoré est plus un film spontané qu’un film préparé. J’ai essayé d’aller dans le sens du décor, le scénario s’est modifié en cours de toumage, avec toujours le souci de la vérité émotionnelle de l’image. Comme il y avait aussi beaucoup de comédiens non professionnels, il fallait tenir compte aussi de cette inexpérience, voire de leur éventuelle maladresse, et se tenir sans relâche à leur écoute. Le petit garcon, qui joue le rôle du fils de Saratou, ne savait pas ce qu’était le cinéma et n’avait jamais vu de film. Je crois qu’un film peut s’enrichir de tout cela. Et je sais que ce qui est vrai est juste.

Idrissa Ouedraogo

En ce moment

  • festival

    Gustave Kervern, Benoît Delépine : "On est punk, un peu"

    Entretien avec les réalisateurs du film Le Grand Soir avec Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel, section Un Certain Regard 2012

    lire la suite

Restez connectés sur UniversCiné

Newsletter

Top

Top des ventes

Communauté

Faites votre cinéma

  • elPoto au sujet de : 4 mois, 3 semaines et 2 jours

      5/10

    Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.