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Se diriger vers l'horizon

Introduction

L'acteur Alan Rickman avait mis en scène, au théâtre, la pièce de Sharman MacDonald "L’invitée de l’hiver". Il l'a ensuite transposée au cinéma, réalisant ainsi son premier long-métrage. Le film a été tourné à Fife, en Ecosse, pendant l’automne et l’hiver 1996. En parcourant les notes de production se dessine le projet d'un film qui, malgré la gravité de son sujet, a cherché à en voir toutes les heureuses perspectives.

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"  C’est lors d’une discussion avec Lindsay Duncan, sa partenaire dans Les Liaisons Dangereuses qu’Alan Rickman s’est rendu compte du rapport singulier que Lindsay entretenait avec sa mère alors gravement malade. “J’ai été frappé par le fait que cette histoire ordinaire faisait partie des sujets rarement traités.” Alan Rickman en a alors parlé à Sharman MacDonald, qui, malgré son désir de ne plus écrire d’oeuvre de commande, a accepté la proposition de Rickman d’en faire le sujet d’une pièce. Au cours des années suivantes Rickman et MacDonald ont travaillé sur d’autres projets parallèlement à l’écriture de la pièce puis à l’élaboration du scénario. Bien que le texte final n’ait plus grand chose à voir avec les conversations du début, tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il doit beaucoup à Lindsay Duncan et à sa mère Helen Sinclair Robertson Smith. Quand on a proposé à Alan Rickman de mettre en scène une pièce au théâtre Almeida, c’est lui qui a suggéré The Winter Guest. Créée au West Yorkshire Playhouse de Leeds, elle s’est ensuite jouée au théâtre Almeida à Londres. (…) La pièce a été un vrai succès critique et public. Lipper avait très vite repéré les qualités cinématographiques de l’oeuvre et avait l’intention de la porter à l’écran plutôt que de la remonter à Broadway. Le lendemain de la première, il proposait à Emma Thompson, Phyllida Law et Alan Rickman de participer au film. (…) Alan Rickman a longuement répété avec les comédiens sur les lieux du tournage, avec le concours de certains membres de l’équipe technique, comme le directeur de la photographie Seamus McGarvey et la créatrice des costumes Joan Bergin. Les choses se sont mises en place naturellement : “Les gens qui ont vu la pièce parlaient toujours de ses qualités cinématographiques, c’était donc une suite naturelle. Sharman a une manière d’écrire si particulière, le cinéma lui donne des ailes,” commente Rickman. Phyllida Law a accepté de jouer le rôle d’Elspeth au théâtre après avoir été absente de la scène pendant cinq ans durant lesquels elle s’occupait de sa propre mère, morte à l’âge de 94 ans de la maladie d’Alzheimer. Sensible aux émotions explorées par le texte, Phyllida Law connaissait aussi la manière particulière de s’exprimer des personnages de Sharman MacDonald, ayant grandi à Glasgow. Elle était ravie d’interpréter le personnage à l’écran. Avant de jouer aux côtés de Alan Rickman dans le film réalisé par Ang Lee, d’après sa propre adaptation de Raisons et sentiments, Emma Thompson avait déjà vu trois fois The Winter Guest. Le personnage de Frances l’attirait, elle le décrit comme étant “prise dans les glaces de la douleur”, à la suite de la maladie et de la mort de son mari : “Cette femme ne vivait que pour son mari et s’est battue avec la maladie de celui-ci pendant des années. C’est son fils qui s’occupe d’elle maintenant, mais il ne se sent pas proche d’elle, et d’une certaine manière il était tenu à l’écart de la relation unissant ses parents. Elle a aussi une mère extrêmement envahissante qui elle-même a besoin d’aide.” Emma Thompson avait déjà travaillé avec sa mère dans certains sketches de son émission pour la télévision et dans les films Peter’s friends et Beaucoup de bruit pour rien. Bien que les relations entre Phyllida et Emma n’aient rien à voir avec celles de Frances et Elspeth, Emma Thompson espère que leur interprétation est convaincante. La mise en scène de Alan Rickman, dit-elle “laisse aux interprètes de l’espace et crée une atmosphère familiale. Il est très précis et parvient à déléguer.” L’accent écossais est venu facilement à Emma Thompson parce que, enfant, elle passait toutes ses vacances d’été en Ecosse. Phyllida Law raconte que “Emma et sa soeur préféraient se considérer comme des Ecossaises obligées d’aller à l’école en Angleterre.” Tourné dans l’est de Neuk de Fife sur la côte nord de Firh of Forth en hiver, ce film se déroule sur quatre heures par une journée si froide que la mer a gelé. L’équipe de production a dû composer avec toutes les météos possibles et faire constamment attention aux marées qui menaçaient. Robin Don, le décorateur, natif de Fife, se retrouvait en terrain familier. Après avoir réussi à recréer des paysages désolés époustouflants sur la scène du théâtre Almeida, il a tout de suite accepté le défi de renverser son travail original et d’ouvrir le décor pour laisser l’air entrer. A Pittenweem, dans un endroit situé autour d’un village de pêcheurs, Rickman et Don ont trouvé le décor idéal pour une petite communauté, isolée pendant l’hiver. L’isolement est souligné par la caméra qui suit les personnages tandis qu’ils marchent dans des rues désertes, sur des plages désolées ou sur le bord des falaises. Pour le producteur Steve Clark-Hall, qui a récemment travaillé en Ecosse sur le tournage de Small faces de Gillies Mackinnon, L’invitée de l’hiver, tourné en extérieurs et en hiver, était un réel défi logistique. “Monter une production dans un endroit qui n’a aucune infrastructure adaptée prend énormément de temps, mais on a eu l’avantage d’être accueillis à bras ouverts par les habitants.” Les gens de Pittenween et de Elie ont été abasourdis quand ils ont vu leurs maisons et leurs voitures couvertes de neige (artificielle) et la glace envahir le bord de mer. La météo menaçait tout le temps de mettre à mal la continuité du film. “C’est vrai. En Ecosse, on peut faire l’expérience des quatre saisons en une seule courte journée d’hiver”, confirme Steve Clark-Hall. La question de l’identité du personnage qu’on ne voit pas dans le film, l’invitée de l’hiver, a de nombreuses réponses : “c’est une personne qui vous invite à vous diriger vers l’horizon. Il y a un horizon dans la vie de chacun qu’on est en train de regarder ou vers lequel on se dirige”, explique Rickman “mais en définitive, l’interprétation reste ouverte.”

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  • elPoto au sujet de : 4 mois, 3 semaines et 2 jours

      5/10

    Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.