Six personnages, six acteurs, et une icône
Introduction
Poète, prophète, hors-la-loi, imposteur, comédien, martyr et « Born Again ». Six acteurs incarnent Dylan tel un kaléidoscope de personnages changeants.
Article
> Arthur (Ben Whishaw) Arthur est un poète symboliste et rebelle, interrogé par une Commission d’enquête surles sources, les sous-entendus subversifs et l’ambiguïté politique de ses écrits. Arthur sera en quelque sorte le narrateur de I’m not thereet représente ce Bob Dylan sous influence d’Arthur Rimbaud, lui-même insoumis et inscrit dans le courant symboliste. Tout au long du film, Arthur s’exprime en reprenant les mots employés par Dylan lors de ses célèbres interviews de 1965 : ses réponses à la fois piquantes et ironiques apportent un contrepoint aux différents chapitres de la vie du chanteur/compositeur. > Woody (Marcus Carl Franklin) Woody, un gamin noir de 11 ans, est un vagabond qui sillonne l’Amérique en se faisant passer pour le chanteur et guitariste folk Woody Guthrie. Nous sommes pourtant en 1959, mais Woody est passé maître dans l’art du mimétisme, en s’appropriant le répertoire de Guthrie, (célèbre pour son cycle de chansons sur les tempêtes de poussières - dustbowl ballads - qui ont dévasté l’Amérique rurale des années 30). Les fans du vrai Woody, croisés au hasard des rencontres, tombent sous le charme du jeune troubadour. Au bout de son périple, l’imposteur sera démasqué et, pourtant, l’illusion va perdurer... Woody est la seconde des incarnations de Dylan, au temps de sa jeunesse, de ses aspirations naissantes et de sa rencontre déterminante avec Woody Guthrie. > Jack(Christian Bale) Estampillé « chanteur en phase avec son époque », Jack est le fer de lance du mouvement folk contestataire qui enflamme Greenwich Village au début des années 60, fort de ses compositions originales et de ses performances scéniques rageuses. Le public est à ses pieds et voit en lui un militant politique et social, mais Jack vit mal son statut de porte-parole d’une génération. Il va s’éloigner non seulement de ses fans, mais aussi de sa maîtresse Alice (Julianne Moore), chanteuse star du folk. Jack est le Bob Dylan de l’époque du renouveau de la folk music, que l’on retrouve dans des enregistrements comme « The Freewheelin’Bob Dylan » et « The Times They Are A-Changin’». > Robbie (Heath Ledger) Robbie, acteur new-yorkais et fan de moto, tutoie à son tour la notoriété, en jouant au cinéma le rôle de Jack, désormais disparu de la scène musicale, dans un biopic de 1965. Il vivra dix années d’une liaison tumultueuse avec Claire (Charlotte Gainsbourg), depuis leur première rencontre dans Greenwich Village, jusqu’à l’ombre de la séparation, alors que résonnent les premiers échos de la Guerre du Vietnam. C’est une partie de la vie sentimentale de Bob Dylan qui est dépeinte à partir de ses premières chansons d’amour dédiées à Suze Rotolo (de l’album « The Freewheelin’Bob Dylan » à « Another Side of Bob Dylan ») et de celles évoquant son mariage, puis sa rupture avec Sarah Lownds (les albums « Blonde on Blonde », « Planet Waves » et « Blood On The Tracks »). > Jude (Cate Blanchett) Jude est une ex starde la folk music, qui choque ses fans en opérant un virage vers le rock. Ses nouvelles compositions lui valent une consécration internationale, et attirent des personnalités comme le poète beat Allen Ginsberg (David Cross) ou Coco Rivington (Michelle Williams), égérie du Pop’art et de l’underground. Mais la vieille garde musicale et certains journalistes comme MrJones (Bruce Greenwood) lancent une fronde contre l’artiste. De plus en plus nihiliste et carburant aux amphétamines, Jude ne sortira pas indemne de l’affrontement... Jude est l’incarnation du Dylan androgyne et controversé du milieu des années 60, qui se mit à dos une partie sectaire de son public en passant du folk au rock, avec des albums électrifiants comme « Highway 61 Revisited » et « Blonde on Blonde ». > Le pasteur John (Christian Bale) Le pasteur John n’est autre que Jack, que l’on retrouve, vingt ans plus tard, dans la peau d’un prêcheur« Born Again » qui a abandonné ses racines folk pour le gospel. John, c’est le Bob Dylan de la fin des années 70, converti au Christianisme, qui enregistra des albums de gospel rock (« Slow Train Coming », « Saved » et « Shot of Love ») et les interpréta sur scène entre 1979 et 1981. > Billy (Richard Gere) Le dernier et le plus âgé des personnages, c’est Billy, retranché à l’écart du Monde. L’homme n’est pas un solitaire comme les autres, il est le hors-la-loi Billy le Kid qui aurait survécu et trouvé refuge dans la ville imaginaire de Riddle. Lorsque la menace d’une destruction imminente de Riddle l’oblige à affronter Pat Garrett (Bruce Greenwood), le responsable de tous ses maux, Billy doit quitter sa retraite et retrouve le chemin de la civilisation... Cet épisode est une référence directe aux nombreux exils de Dylan loin de la vie publique, notamment à l’épisode de Woodstock en 1967, alors qu’il enregistrait « The Basement Tapes » et « John Wesley Harding ».
Le choix d’un récit en forme de western reflète sa passion pour les grands thèmes du genre (l’album « Nashville Skyline », le film Pat Garrett et Billy le Kid réalisé par Sam Peckinpah, la tournée « Rolling Thunder Revue » en 1976) et la country, ainsi que son attachement aux racines de la musique traditionnelle américaine.










elPoto au sujet de : 4 mois, 3 semaines et 2 jours
Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.