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Un rôle taillé sur mesure

Introduction

Dans son livre de souvenirs "La Belle étoile", Sophia Loren évoque ses retrouvailles avec le réalisateur du "Voleur de bicyclette" et la séquence mémorable de "L'Or de Naples" où l'actrice se promène dans les rues de la ville sous une pluie battante, sa robe collée à un corps qui n'a pas gâché sa carrière.

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" A ma grande surprise, Vittorio De Sica ne m’avait pas oubliée. Un jour, il me téléphona : il avait un projet dont il voulait me parler, L’or de Naples. C’était un film à sketches tiré d’un roman de l’écrivain napolitain Marotta. De Sica devait en assurer la mise en scène. Silvana Mangano était déjà retenue pour un autre sketch où De Sica tiendrait lui-même un rôle.J’eus une entrevue trés agréable avec De Sica, mais pas un mot ne fut dit du film et il ne parla même pas de bout d’essai, si bien que je le quittai persuadée que tout était à l’eau (...) ce rôle de Napolitaine exubérante que je connaissais si bien me semblait taillé sur mesure. Jusqu’à l’héroïne qui s’appelait Sofia. Une semaine plus tard, De Sica m’appelait. "Pouvez-vous être demain à Naples?" Pendant la semaine qui venait de s’écouler, il était allé voir De Laurentis et Ponti pour leur dire qu’il voulait me confier le rôle. J’avais, leur déclare-t-il, la spontanéité, I’impétuosité débordante et très Napolitaine qu’il cherchait pour son héroïne. Le premier jour du tournage, j’arrivais sur le plateau paralysée par l’appréhension, la voix éteinte, les jambes en plomb. Mais à la fin de la journée, De Sica m’avait mise tout à fait à l’aise et nous n’étions plus que deux napolitains décontractés, improvisant, échangeant des répliques, s’amusant. "On dirait que tu es chargée d’électricité, me dit-il. Avec ça tu iras où tu veux. Ne mets surtout pas les pieds dans un cours d’art dramatique, tu apprendras toute seule." Quand le sketch fut terminé, De Sica avait pris une place considérable dans ma vie. Je l’aimais, je l’adorais, je l’admirais, et notre "histoire d’amour" devait durer vingt ans. La scène la plus inoubliable de L’or de Naples était du pur De Sica : Une longue promenade lente dans les rues de Naples sous une pluie battante,ma robe trempée me collant au corps tandis que les regards des hommes qui me croisent s’accrochent à moi pleins de convoitise et d’admiration. Les déluges que déversaient sur moi les appareils simulant la pluie furent à l’origine d’une broncho-pneumonie qui m’obligea à rester au lit pendant un mois, mais le jeu en valait la chandelle. J’avais trouvé l’élan dont avait besoin ma carrière et réellement pris conscience de mes capacités d’actrice."

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  • elPoto au sujet de : Le Voyage aux Pyrénées

      7/10

    Assez rigolo dans le genre loufoque mais aussi poétique et sensuel. Merci les frères Larrieu.