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Ursula Meier : " Un road movie inversé"

Introduction

Pour son premier long-métrage, Home, Ursula Meier a trouvé l'inspiration en regardant les bords d’autoroute. Mais le road movie commence quand le film se termine, explique-t-elle...

Article

 

"Home" est né en voiture, en regardant les bords d’autoroute : des maisons à quelques mètres seulement des voies, avec des gens dans les jardins, des tables en plastique à quelques mètres des pots d’échappement, et d’autres maisons abandonnées aux fenêtres murées… Des maisons comme des histoires qui défilent à travers les vitres de la voiture.

Rythmé par le mouvement incessant du flux et reflux des voitures et camions sur une autoroute, "Home" n'est pas un road movie mais bien son image inversée, négative en quelque sorte.

On "bouge" beaucoup dans "Home" mais on ne voyage guère.

C’est une sorte d’expédition sans déplacement, un voyage intérieur, mental. C'est seulement à la fin du film que le road movie pourra commencer ...

"Home" raconte l’histoire d’une famille qui s’est éloignée du monde en essayant de maintenir son modèle de bonheur familial. Il règne au sein de cette famille une ambiance joviale même si celle-ci a adopté une vie bien réglée loin du monde. Ce sentiment d’isolement va devenir de plus en plus perceptible et évident avec la mise en fonction de l’autoroute, qui ne fait que catalyser et mettre à jour une situation qui existait déjà. L’ouverture de l’autoroute, métaphore du monde qui débarque devant chez eux (un monde bruyant, dangereux, polluant, sale, inquiétant, vampirisant, menaçant…) agit ainsi comme une loupe sur la famille et révèle ses disfonctionnements et malaises profonds. La vie devient peu à peu intenable et pourtant chacun de ses membres essaie, tant bien que mal, de gérer la situation avec ses propres moyens. Il y a entre eux comme un pacte tacite dans l’obstination à vouloir rester vivre dans cette maison, une volonté presque inconsciente de préserver un foyer "idéal", de s’accrocher à un modèle d’harmonie familiale... Ce repli et cette fusion croissante donnent lieu à d’étranges moments de bonheur, grâce auxquels la famille trouve la force d’affronter ce monde hostile qu’est l’autoroute. Mais à force d’obstination, on ne sait plus qui de l’autoroute ou de la famille représente le plus grand danger ...

L’histoire fait corps avec le lieu, avec la situation : rester là, sur le bord de l’autoroute, coûte que coûte. L’autoroute n’est pas un décor mais bien au contraire un personnage à part entière, comme un élément intrinsèquement et intimement lié au récit familial lui-même.

Ursula Meier

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  • elPoto au sujet de : Le Voyage aux Pyrénées

      7/10

    Assez rigolo dans le genre loufoque mais aussi poétique et sensuel. Merci les frères Larrieu.