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Yann Trégoüet : "Un film pour nous rendre plus attentif aux autres..."

Introduction

L'acteur s'est investi entièrement dans "Itineraires", depuis le scenario jusqu'à être longtemps habité par son personnage une fois le tournage terminé. Parce que c''est "un film engagé, cohérent avec ce que je recherche, ce que je suis..." explique-t-il...

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Après Autrement (un téléfilm, en 2001), c’est le deuxième film que vous tournez avec Christophe Otzenberger… Il y a une complicité et une continuité de travail entre nous. Les sujets qu’il aborde dans ses films me touchent beaucoup et me font réagir. Et j’aime cette façon de travailler. J’ai besoin de m’impliquer, d’être sincère, et de sentir l’authenticité du metteur en scène. Depuis Autrement, je sais que l’on partage avec Christophe les mêmes inquiétudes. Comment vivre dans ce monde… J’espère que les spectateurs vont se sentir concernés par le film… De quelle façon ?Je crois que le cinéma peut susciter des émotions et entraîner une réflexion. Vivre avec Thierry la solitude de sa cavale, le froid, la méfiance dans le regard des autres… Ça nous oblige à regarder en face des choses difficiles que l’on a parfois tendance à ignorer. Thierry est-il un marginal ? Non, mais on le pousse à le devenir. A ses côtés, on a l’impression d’être en permanence en garde à vue. Le sentiment le plus fort, c’est peut-être l’abandon. Thierry cesse de faire partie du monde pour être mis au ban de la société. Je crois que beaucoup de gens ont ce rapport à la vie, l’impression d’être seuls, de se perdre. De se perdre dans la vie, de se perdre soi-même. On juge Thierry, on le condamne d’avance et sa vie ne lui appartient plus. On ne lui laisse aucune possibilité de vivre. Il devient un autre. Le film raconte comment il réagit pour, justement, ne plus subir… Oui, et c’est pour ça que Itinéraires est pour moi un film aussi important. C’est aussi un film engagé, cohérent avec ce que je recherche, ce que je suis. Ce film peut avoir un effet positif car on ressent ce qu’est la difficulté pour Thierry de vivre au quotidien. Les spectateurs partagent la vie d’un homme que, dans la réalité, ils pourraient critiquer ou juger d’emblée. Ce que réussit le film, c’est à nous rendre plus attentifs aux autres. C’est, pour moi, un film très humain, un film sensible, fragile et sincère. Il n’y a pas de leçon, plutôt un constat, un regard sur le monde. Quel constat ? Il faut respecter la vie, la vie de chacun. Le mécanisme judiciaire qui se déclenche autour de Thierry ne tient jamais compte de lui, de ce qu’il est vraiment. On comprend que la fuite de Thierry raconte déjà son rapport difficile avec ses parents. Au départ, c’est la vie qui le fuit. On lui enlève progressivement tout, ses parents, ses amis, sa liberté. Tout s’égrène et il ne reste plus rien. C’est comme s’il était mort avant l’heure. On le conditionne pour subir. Il sait que sa vie lui échappe. Et les “itinéraires” ? Ce sont entre autres les cheminements de Thierry, les voies qu’il emprunte pour lutter. Bien qu’il subisse beaucoup, il se bat. En premier lieu contre lui-même. Il s’en veut, même s’il ne devrait pas. Non seulement de la mort du restaurateur, mais de ses impossibles rapports avec ses parents, avec les femmes… Parmi ses itinéraires, il y a celui qui doit le conduire à accepter ce qu’il est … Et puis les itinéraires croisant la route du flic, mais aussi celui de Sandrine et de Fontaine… Il les fait tous dévier de leurs trajectoires… La vie de l’un a une incidence sur celles des autres, ce sont des itinéraires qui se croisent, s’influencent… Thierry, c’est un rôle à fleur de peau… Oui, et ça me convient. Je m’approprie les rôles. À l’arrivée, il y a toujours une partie de moi, sincère. C’est plus fort quand la rencontre avec le réalisateur est aussi évidente qu’avec Christophe. Notre travail a évolué depuis Autrement, car je l’avais rencontré le projet étant déjà écrit. Pour Itinéraires, j’ai eu la chance d’être présent dès l’écriture, je me suis investi très tôt. J’ai été habité par cette histoire longtemps, j’ai cherché en moi les correspondances avec Thierry. Pour l’interpréter, il fallait que je le comprenne intimement. Thierry s’est nourri de facettes de ma personnalité et de ma vie. C’est un personnage qui me bouleverse parce qu’il est une boule d’émotion. C’est la seule chose qui lui reste et c’est ce qui fait sa fragilité. Propos recueilllis par Philippe Piazzo

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  • elPoto au sujet de : 4 mois, 3 semaines et 2 jours

      5/10

    Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.