D comme... Arnaud Desplechin
Présentation
S'il existe un cinéaste élu, c'est bien Arnaud Desplechin, auteur d'un parcours sans faute depuis La Vie des morts, le moyen métrage qui marque ses débuts.
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Huit films, huit sélections dans les deux plus grands festivals, Cannes (six fois) et Venise (deux). Et s'il n'a encore décroché ni Palme ni Lion, en revanche aucun des prix français importants, Jean–Vigo, Georges-Sadoul, Méliès, Louis-Delluc, ne lui a échappé. Et le public a fini par suivre la critique, ce qui n'est pas toujours le cas.
Né le 31 octobre 1960, à Roubaix, diplômé de l'IDHEC en 1984, il débute comme directeur de la photographie des premiers films de son ami Éric Rochant, et passe à la réalisation en 1991 avec La Vie des morts, où il filme de façon chorale une réunion de famille en province, thème qu'il reprendra régulièrement. On y découvre Emmanuelle Devos, Marianne Denicourt et Emmanuel Salinger, acteurs qui vont faire partie de sa "troupe".
Il enchaîne immédiatement avec La Sentinelle (1992), dans lequel il détourne les schémas éprouvés du film d'espionnage en y greffant ses obsessions personnelles – à ses acteurs anciens, il ajoute Chiara Mastroianni et Mathieu Amalric, dont il va faire le personnage principal de la plupart de ses œuvres, son véritable alter ego. Le retentissement du film (sélection officielle à Cannes, César du meilleur espoir pour E. Salinger) est suffisant pour que l'on commence à parler de "génération Desplechin", terme qui englobe ses scénaristes Pascale Ferran, Noémie Lvovsky et Emmanuel Bourdieu, qui vont tous passer à la réalisation. Le succès critique ne se dément pas pour Comment je me suis disputé… ("ma vie sexuelle") (1995), une nouvelle fois sélectionné à Cannes, dans lequel le travail de Desplechin sur la durée et sur la direction d'acteurs (Jeanne Balibar s'intègre au groupe) est remarquable, bien que le sentiment d'un univers un peu clos, celui du petit milieu intellectuel parisien, commence à se faire sentir. L'auteur va échapper à cet étouffement en allant tourner Esther Kahn (2000) en Grande-Bretagne.
Ce film étrange, autour de la vocation théâtrale d'une jeune Londonienne au XVIIIe siècle, où Desplechin mêle à ses interprètes principaux anglo-saxons (Summer Phoenix, Ian Holm) quelques-uns de ses acteurs habituels (E. Devos, son propre frère Fabrice), surprend, mais prouve une fascination pour le théâtre qui se manifestera pleinement dans son film suivant. Dans Léo, en jouant 'Dans la compagnie des hommes' (2003), les répétitions de la pièce d'Edward Bond se greffent sur une variation autour du thème d'Hamlet. Film-limite, exercice effectué sans se soucier du public (le film ne sortira que dans une seule salle), Léo n'est qu'une pause dans la trajectoire de Desplechin : Rois et reine (2004), Un conte de Noël (Roubaix !) (2008) renoueront avec son inspiration originelle.
Le premier est nourri (trop peut-être, puisqu'il déclenchera un procès de la part de Marianne Denicourt, son ancienne compagne) de ses expériences personnelles, mais le mélange des genres, drame et burlesque, la composition très travaillée du scénario, et de nouveau une direction d'acteurs inspirée (M. Amalric sera récompensé par un César et le film par le Prix Louis-Delluc) convaincront le public. Le second, sans doute son titre le plus abouti, reprend en l'approfondissant la situation de son premier film : la réunion pour les fêtes de Noël d'une famille élargie donne lieu à un déballage intime et à une remise à plat des relations ; l'intrigue progresse par ruptures, narratives et stylistiques, le nœud de vipères psychologique est décrit avec une maîtrise qui permet de dépasser la convention. Arnaud Desplechin, à l'aube de la cinquantaine, est certainement un des auteurs les plus intéressants du cinéma français.
Ses films à voir sur UniversCiné
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Un conte de Noël
Réunion de famille à Roubaix. La soeur a banni le frère, celui que la mère n'a jamais tellement aimé... mais qui pourrait lui sauver la vie car il est le seul donneur possible pour une greffe. Trahisons, amours complexes, mystérieuses complicités... sous l'oeil de Desplechin, le roman familial devient un kaleidoscope où se complètent, aussi, plusieurs mouvements de cinéma, du burlesque au tragique- 9/10
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Rois et reine
Deux histoires disjointes : d'une part le couronnement de Nora Cotterelle, qui s'apprête à se marier, et d'autre part la déchéance d'Ismaël Vuillard, interné par erreur dans un asile psychiatrique et sur le point d'en sortir en piètre état. Ces deux intrigues se rejoignent quand Nora propose à Ismaël l'adoption de son fils Elias... Passionnant jeu d'échecs, avec fou et reine sublimes.- 10/10
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Léo en jouant "Dans la compagnie des hommes"
Quelques en hommes en guerre. Règlements de comptes à coups de stocks-exchange, de complots financiers et d'O.P.A. En surface, un thriller sur le pouvoir et l'argent. En profondeur, une méditation sur les passions, les mensonges et les faiblesses des morts-vivants que nous sommes. Par l'auteur de "Rois et reine", une adaptation audacieuse d'Edward Bond avec arrière-plan shakespearien.- 9/10
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Esther Kahn
Dans le Londres de la fin du XIXe siècle, Esther Kahn, fille d'émigrants juifs, n'est qu'une médiocre couturière, lente et bornée, dans l'atelier familial. Découvrant un jour le théâtre, ses artifices et ses mystères, Esther trouve enfin en elle l'étincelle qui l'anime. Esther est une actrice. Rien d'autre. C'est sur scène qu'elle vit.- 8/10
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Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle)
Paul, 29 ans, habite avec son cousin Bob et il sort avec la même fille depuis dix ans, Esther. Paul et Esther s'entendent très mal et ça fait bientôt dix ans qu'ils essaient de se séparer. Paul a rencontré une nouvelle fille il y a deux ans, avec qui il a eu une aventure. Mais il se trouve que cette fille est la fiancée de son meilleur ami, Nathan...- 9/10
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La Sentinelle
Mathias, qui vivait en Allemagne, décide de regagner la France. Dans le train, il croise un homme qui le menace, l'insulte et disparait. Il découvre le lendemain dans sa valise une tête humaine réduite à la manière des Indiens Jivaros. Mathias ne pense plus qu'à cette tête, tente de percer son mystère et s'isole totalement du monde...- 9/10
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La Vie des morts
Dans une maison provinciale, les membres d'une famille se réunissent et attendent des nouvelles de leur cousin, entre la vie et la mort à l'hôpital. Débuts éclatants de l'auteur de "Rois et reine" et "La Sentinelle" avec ce moyen-métrage qui obtint de nombreuses récompenses dont le Prix Jean Vigo 1991. Avec, déjà, quelques acteurs fétiches de la troupe du cinéaste : Emmanuelle Devos, Emmanuel Salinger...- 7/10
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Joclène au sujet de : La Marseillaise
Je l'ai vu il y a bien des années, c'est un film extraordinaire, plein d'enthousiasme, de lyrisme et qui nous rappelle les grands épisodes de la Révolution de 1789 sans complaisance mais qui nous apporte un souffle de liberté, d'espoir...