C comme... Chang Cheh
Présentation
Chang Cheh (Zhang Chè) est né en 1923 à Hangzhou dans la lointaine province de Shanghai, il est mort en 2002 à Hong-Kong après avoir réalisé une centaine de films sous la bannière des Shaw-Brothers...
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Diplômé en sciences politiques à l'université de Nanjin. Il débute sa carrière de metteur en scène en se chargeant des chorégraphies d'opéras et travaille, en 1947, pour le cinéma en tant que scénariste pour la Guotai, une compagnie de Shanghai. L'année suivante, l'avènement de la République Populaire de Chine le pousse à partir pour Taïwan où sa sensibilité artistique ne sera pas mis à mal. En 1949, il écrit le scénario de "Happenings in Ali-Shan" ("Alishan Feng Yun") de Yang Cheung et réalise son premier long-métrage en 1957: "Ye Huo". Le film ne rencontre pas le succès et Chang Cheh décide de partir pour Hong-Kong.
C'est en 1962 qu'il rentre définitivement à la Shaw-Brothers. Il réalisera ses premiers films marquant en 1966 avec "Tiger Boy" ("Hu Xia Jian Chou") et "Le Magnifique Trio" ("Bian Chen San Xia"). Il renouvelle avec ces deux films le Wiu Xia Pian (le film de sabre, ou cape et d'épée en France) et devient avec King Hu la nouvelle valeur montante du genre.
Chang Cheh réalise "One Armed Swordman" ("Dubei Dao", "Un seul bras les tua tous") en 1967, considéré comme son premier chef d'oeuvre. C'est un énorme succès, le premier film de l'histoire de Hong-Kong à engranger un million de dollars HK. Il fera ensuite deux autres films surfant sur le succès du justicier manchot, "Return of One armed Swordman" ( "Du Bei Dao Wang", "Le Bras de la vengeance") et surtout "La Rage du Tigre" ("Xin du bi dao").
Influencé par le style théâtral chambara, les films de Chang Cheh sont un cinéma de la chair et du sang. Les combats sont très violents et les personnages y meurent dans de grandes souffrances, souvent mutilés ou avec les viscères trainant à terre. Loin de tout réalisme, ces effusions sont avant tout des touches de couleurs, équivalent du punctum, qui désigne chez les peintres un point rouge orientant le regard. Les films de Chang Cheh sont des tableaux vivants et la lumière et la pellicule ses outils, les acteurs ses ingrédients et l'écran est sa toile. L'autre élément que Chang Cheh va ajouter au Wu Xia Pian et qui va changer la perception du film de sabre est l'accumulation de combats de plus en plus spectaculaires (Chang Cheh est l'un des premiers à expérimenter le trucage des câbles pour élever les acteurs combattants dans les airs) associés à un montage rapide et elliptique.
Chang Cheh change ensuite la répartition des rôles hommes/femmes traditionnelle dans le Wui Xia Pian. La figure héroïque du genre était essentiellement tenue par une femme, Chang Cheh en fera une figure masculine.
Ainsi en réalisant la suite de "Come Drink with Me" ( "Da zui xia", "L'hirondelle d'or") de King Hu, "Golden Swallow" ("Jin Yan Zi""Le retour de l'hirondelle d'or"), Chang Cheh va mettre de côté l'héroïne interprétée par la star Chang Pei Pei pour valoriser le jeune Jimmy Wang Wu (déjà vu dans "Tiger Boy") qu'il réutilisera pour "One armed Swordsman" et "Return of One armed Swordman". Chang Cheh développe une thématique très fortement masculine, où l'amitié virile n'est pas sans ambiguité sexuelle. Une ambiguité que Chang Cheh s'est toujours refusé d'analyser. Quant au film "Les Treize fils du dragon d'or" ("Shin San tai Bao" "The Heroic Ones") il est l'occasion pour les deux grandes stars masculines de Hong-Kong, David Chiang et Ti Lung de s'affronter. L'aura de ses films traverse alors les frontières et des réalisateurs comme Sam Peckinpah et Robert Aldrich (autres grands cinéastes machistes) utiliserons les mêmes axes esthétiques.
Un nom sera à jamais associé aux films de Chang Cheh, celui du chorégraphe Liu Chia-Liang. Il sera pour beaucoup dans l'âge d'or des films de Chang Cheh au cours des années 60. Mais "Blood Brothers" ("Ci Ma") annonce une période artistiquement difficile pour Chang Cheh, bien que ce film permette au jeune John Woo de faire ses premières armes comme assistant réalisateur.
Chang Cheh s'exile après ce relatif échec à Taïwan et y ouvre une succursale de la Shaw Brothers, la Chang's Film Company. C'est après "Le Justicier de Shanghai" ("Ma Yong Zhen") que Chang Cheh a l'idée de se renouveler et d'expérimenter une nouvelle franchise, un nouveau genre, le kung-Fu Pian de Shaolin.
Naissent ainsi "Deux Heros"("Heroes Two", "Fang Shiyu Yu Hong Xiguan"), "Men from the monastery" ("Shao Lin Zi Di"), "Shaolin Temple" ("Shao Lin Si"), ou "Shaolin Martial Arts" ("Hong Quan Yu Yong Chun"), "Shaolin vs Wu-Tang" ("Shao Lin Yu Wu Dang") et enfin "La Fureur Shaolin" ("Invincible Shaolin", "Nan Shao Lin Yu Bei Shao Lin").
Suite à cette intense collaboration, l'alchimie entre le chorégraphe Liu Chia Liang et le réalisateur Chang Cheh n'ayant plus cours, ils rompirent toute collaboration en 1975. La carrière de Chang Cheh sera moins créative durant les années 80. La puissance économique et artistique des acteurs va également obliger Chang Cheh à se mettre à l'écart, et on oublie aujourd'hui que les films de Bruce Lee doivent beaucoup au "Justicier de Shanghaï".
Chang Cheh mit un terme à sa carrière en 1993 ayant réussi à devenir l'homme aux 101 films, nombre qu'il avait souhaité atteindre avant de tirer sa révérence. Son univers influencera d'autres grands cinéastes installés à Hong Kong parmi ceux ci, John Woo bien sûr, mais également Tsui Hark.
Gaël Martin
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elPoto au sujet de : Le Voyage aux Pyrénées
Assez rigolo dans le genre loufoque mais aussi poétique et sensuel. Merci les frères Larrieu.