L comme... Joseph Losey
Présentation
On le croit Anglais, il est Américain. Né à la Crosse (Wisconsin) en 1909 dans une famille aisée et éprise de culture, il commence à 16 ans des études de médecine qu'il abandonne pour se consacrer entièrement à sa seule passion, le théâtre.
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Il a à peine vingt ans qu'il écrit déjà pièces, articles, critiques littéraires et participe à des spectacles engagés à divers postes techniques. Jusqu'à ses trente ans, seul le théâtre l'accapare avec, en point d'orgue, en 1947, la mise en scène de Galileo Galilei de Brecht avec Charles Laugthon, montée à Hollywood et New York. Il entreprend divers voyages en Europe, et notamment à Cuba et en URSS où il affirme son idéal communiste.
C'est ce qui lui vaut d'être pourchassé et convoqué en 1952 par les commissions maccarthystes alors qu'il s'est imposé comme metteur en scène de cinéma avec Le Garçon aux cheveux verts (The Boy with green hair - son premier long-métrage, en 1948, avec Dean Stockwell, enfant). En exil (où il tourne sous pseudonyme) en Italie, puis en Grande-Bretagne, sa rencontre avec le dramaturge Harold Pinter lui ouvre la voie d'une reconnaissance internationale. Les critiques ont déjà signalé l'excellence de films comme Les Criminels (The Criminal, 1960), ou Eva (1963, avec Jeanne Moreau) mais c'est avec The Servant (1963) puis Accident (1967, Grand prix du jury au Festival de Cannes) et enfin Le Messager (The Go-Between, 1971, Palme d'or) que l'élégance et la richesse de ses mises en scènes séduisent, aussi, le public.Losey explore alors divers sujets où son goût de la direction d'acteurs l'amène à filmer des « monstres sacrés » : Elizabeth Taylor dans Boom ! (face à Richard Burton) et dans Cérémonie secrète (face à Robert Mitchum et Mia Farrow), Alain Delon dans L'Assassinat de Trotsky (face à Richard Burton) et dans Monsieur Klein, Jane Fonda dans Maison de poupée...
A chaque fois, il reste fidèle à une inspiration théâtrale, à laquelle le cinéma donne une nouvelle dimension. Ses films semblent explorer le monde comme un immense décor dont on pénètrerait enfin les coulisses, brouillant ainsi les frontières entre spectateurs, acteurs et metteurs en scènes. Car à l'intérieur des choix du réalisateur (cadre, récit, lumières...) c'est au spectateur, assimilé à la caméra, ambigüe, de faire, à la différence de la scène, ses propres choix dans une proposition qui tient de l'offrande onirique. Ainsi Losey peut-il accepter des films de commande, prévus à l'origine pour d'autres cinéastes (M. Klein, Les Routes du sud...), ou des défis « insolubles » comme l'adaptation cinéma de l'opéra de Mozart Don Giovanni, qu'il replace en pleine nature... mais pour mieux en souligner l'artifice, au milieu de statues, masques et effets de lumières anti-naturalistes.
Son dernier film, passé malheureusement inaperçu, Steaming, huis clos dans un sauna pour femmes résume assez bien les paris de ce cinéaste pour qui le 7e art était le terrain privilégié pour exposer des idées au plus grand nombre de la façon la plus directe et sensuelle qui soit. Une distanciation théâtrale, des performances d'actrices, un propos progressiste... soit une synthèse rapide de l'art du cinéaste. Losey disparaît le 22 juin 1984 à Londres. Le critique Michel Ciment, grand admirateur de son oeuvre, lui a consacré deux livres complémentaires et brillants : Le Livre de Losey (conversations rééditées en 2009 au sein de l'ouvrage Losey/Kazan, ed.Stock) et L'Oeil du maître (ed. Actes Sud).
Philippe Piazzo
Ses films à voir sur UniversCiné
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Monsieur Klein
A Paris, pendant l'occupation, Monsieur Klein, un Français d'origine alsacienne, acheteur d'oeuvres d'art, un peu trafiquant, reçoit chez lui le journal "Les Informations Juives". Il découvre qu'un homonyme juif se sert de lui comme paravent pour de mystérieuses activités. Monsieur Klein se lance sur la piste de son double...- 10/10
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Accident
Près de sa demeure, un prof de philo découvre dans un véhicule accidenté une de ses élèves. Il la porte jusque chez lui, puis dissimule sa présence aux policiers venus l’interroger... Grand Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes 1967. Deuxième collaboration de Losey avec Pinter (après "The Servant" et avant "Le Messager"), une subtile évocation des jeux de séduction et de pouvoir.- 9/10
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Pour l'exemple
En 1917, sur le front français, un jeune soldat est jugé pour désertion. Le procès va avoir lieu et les soldats s'interrogent sur la justice. Injuste ? Losey a choisi d'adapter une pièce polémique où le drame des "fusillés pour l'exemple" pendant la première guerre mondiale est encore, à l'époque, complètement tabou. Un procès intense filmé comme une allégorie.- 5/10
- Interdit aux - de 12 ans
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The Servant
Autour de la dialectique du maître et de l'esclave, le film est un huis clos étouffant qui utilise le cadrage, la lumière du film et le noir et blanc, l’espace d'une maison et sa décoration pour mettre en scène la montée de la violence entre un patron et son employé de maison. Cet affrontement ira jusqu’à l’anéantissement de l’un d’eux…- 9/10
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Eva
A Venise, un écrivain sans scrupules s'éprend d'Eva, courtisane moderne, pour il est prêt à toutes les humiliations... Adaptant un roman noir de Chase, Losey avait imaginé "Eva" comme son film le plus ambitieux, le film absolu qui raconterait sa vision de l'amour et du couple. Ses producteurs exigèrent une version courte. Résultat : un film renié et "maudit"... devenu pourtant un vrai classique !- 8/10
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Les Criminels
Johnny Bannion a passé ses trois dernières années de prison à mettre au point le plus gros vol de sa carrière. En sortant, il met son plan à exécution. Il est arrêté après avoir enterré l'argent dans un champ et avant d'avoir révélé la cachette à ses complices. Ceux-ci s'empressent de le tirer de sa prison, mais commettent l'erreur fatale de le tuer avant qu'il ait pu leur révéler son secret...- 7/10
- Interdit aux - de 12 ans
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Joclène au sujet de : La Marseillaise
Je l'ai vu il y a bien des années, c'est un film extraordinaire, plein d'enthousiasme, de lyrisme et qui nous rappelle les grands épisodes de la Révolution de 1789 sans complaisance mais qui nous apporte un souffle de liberté, d'espoir...