L comme... Ken Loach
Présentation
Il filme les HLM de Glasgow pendant la crise économique, et les moors irlandais pendant la guerre d'indépendance, le racisme au quotidien dans les banlieues, et les luttes sanglantes et fratricides de la guerre d'Espagne... On le juge manichéen, alors qu'il cherche, lui, à regarder ces "classes laborieuses, classes dangereuses" qu'il aime sans détours, avec le regard objectif et sans aménité du documentariste qu'il fut à ses débuts. Bio-express de Ken Loach, l'insoumis.
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On l’a découvert en 1970 au Festival de Cannes, à la Semaine de la critique. On y projetait Kes, l’histoire d’un gosse de prolétaires du Nord de l’Angleterre, figure de déshérité, qui se prend de passion pour un faucon. Puis deux ans plus tard, on l’a retrouvé à la Quinzaine des réalisateurs avec Family Life, l’histoire d’une jeune fille en conflit avec ses parents qui sombre dans la folie. Depuis on ne l’a plus quitté. Ken Loach est devenu une des figures de proue du cinéma européen.
Né en 1936, Ken Loach, dont le père travaillait comme électricien dans une usine, s'est fait le chroniqueur militant de cette classe ouvrière dont il est issu. Après une enfance tranquille dans une petite ville des Midlands. Il fait ses études de droit à Oxford. Là, il joue dans une troupe de théâtre qui de fil en aiguille, le mène, au début des années 1960, à la télévision. Il est crédité comme réalisateur sur les premiers épisodes de la série Z Cars, en 1962. Mais rapidement, influencé par les romans d'Alan Sillitoe (Samedi soir, dimanche matin, La Solitude du coureur de fond), il commence à s'intéresser aux « petites gens », aux « classes laborieuses » et se fait remarquer par des docu-dramas comme Cathy Come Home (1966).
Ken Loach – qui, bien que Britannique, a appelé à voter successivement pour Arlette Laguiller puis Olivier Besancenot et a pris position pour le "non" dans le référendum français sur l’Europe – n’a jamais caché son antistalinisme ni le mépris que lui inspirent les sociaux-démocrates « qui ont toujours trahi les intérêts des classes qu'ils feignent de représenter et de défendre ».
Son cinéma tente de donner la parole aux déshérités, aux abîmés de la vie, aux laissés-pour-compte de la modernité, mais aussi de l’histoire. Ainsi son cinéma se divise-t-il en deux grands fleuves qui coulent parallèlement pour parfois se rejoindre comme dans Carla’s Song (1996). D’une part la chronique de la classe ouvrière britannique au prise avec le chômage, l’alcoolisme, la drogue, la névrose, la famille, l’exil, l’immigration : Riff Raff (1990), Raining Stones (1993), My name is Joe (1998), Sweet sixteen (2002), Just a kiss (2004), It’s a free world (2007). D’autre part des fresques historico-politiques qui cherchent à fouiller le passé pour mieux comprendre le présent : Land and freedom (2007) sur la guerre d’Espagne, Le vent se lève (2006), sur le soulèvement irlandais de 1920, qui obtiendra la palme d’or au Festival de Cannes. Qu’il s’agisse de fresque historique ou de plongée dans les banlieues à l’abandon des métropoles britanniques, on retrouve toujours la même volonté de provoquer une prise de conscience.
Mais laquelle ? Est-il ce militant révolutionnaire dont une certaine cinéphilie vilipende le manichéisme archaïque ? Ou le chroniqueur avisé d’une classe ouvrière en proie à l’errance et à la dépression. Car s’il est un thème qui ressurgit en permanence dans les films de Ken Loach, c’est bien celle des luttes fratricides. Que ce soit en Espagne, en Irlande, chez les petites gens de It’s a free world, ou parmi les communautés immigrées de Just a Kiss, les personnages de Ken Loach sont loin d’être des saints. Ils sont les héros shakespeariens d’un monde où le bien et le mal, la solidarité et la trahison, la liberté et l’argent, ne cessent de s’affronter.
Le réalisateur, qui vit avec sa famille dans la petite ville tranquille de Bath (où il est supporteur et actionnaire du club local de football – un signe extérieur ostentatoire d’appartenance à la classe ouvrière), porte sur son travail un regard aussi sévère que celui qu’il porte sur la société. Ses films les plus réussis ? Ceux qui manient l’humour, cette arme absolue face à la bourgeoisie, et planche de salut inestimable quand le malheur vient frapper à votre porte. On peut être le réalisateur le plus sérieux du monde et avoir compris le danger de se prendre au sérieux.
Laurent Carpentier
Ses films à voir sur UniversCiné
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Route Irish
Fergus, un ancien des SAS, persuade son ami d’enfance Frankie d’intégrer son équipe d’agents de sécurité, à Bagdad. Leur dernière chance de “se faire du blé” ! Trois ans plus tard, Frankie meurt sur la “Route Irish”, la route la plus dangereuse de Bagdad. Fergus rejette l’explication officielle et, brisé par le chagrin, retourne à Liverpool où il entame sa propre enquête sur la mort de son ami.- 8/10
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Looking for Eric
Eric Bishop, postier à Manchester, traverse une mauvaise passe. Sa famille le rejette, ses enfants comme sa femme. Un soir, Eric s'adresse à son idole qui, du poster sur le mur de sa chambre semble l'observer d'un oeil malicieux. Que ferait à sa place le plus grand joueur de Manchester United ? Eric en est persuadé, le King Cantona peut l'aider à reprendre sa vie en mains...- 8/10
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It's a free world...
Angie a monté un réseau de travail intérimaire, employant surtout des immigrés au statut précaire. Jeune et ambitieuse, elle est prête à tout pour avoir sa part du rêve capitaliste. Après "Ladybird", un nouveau portrait de femme signé Ken Loach, qui dénonce à travers nos comportements l'acceptation d'un système révoltant où l'homme (et la femme) sont des bourreaux déguisés en "battants".- 8/10
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Le Vent se lève
Irlande, 1920. Un groupe de rebelles entre en résistance contre les troupes anglaises envoyées par bateaux entiers pour mater les velléités d'indépendance du peuple. Un puissant réquisitoire pour la liberté par l'auteur de "Raining Stones" et "Land and Freedom", enfin couronné par une Palme d'or au Festival de Cannes 2006.- 7/10
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Just a kiss
Juste une histoire d'amour... mais qui conduit à la révolte. Un Roméo pakistanais peut-il aimer une Juliette catholique ? Version sensible de la lutte des classes par le cinéaste le plus engagé d'Angleterre, palme d'or avec "Le vent se lève".- 8/10
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Bread and Roses
Comme beaucoup de Mexicains, c'est illégalement que Maya a franchi la frontière pour rejoindre sa soeur à Los Angeles et trouver un travail pour vivre. Employée dans une entreprise de nettoyage peu regardante sur les conditions de travail, la vive et rapide Maya va apprendre à se battre pour protéger ces "damnés de la Terre" que le statut de clandestins pousse à la soumission.- 10/10
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My name is Joe
Après des années d'alcoolisme, Joe est parvenu à cesser de boire. Lorsqu'il rencontre Sarah, assistante sociale qui vit principalement pour son travail, sa vie prend un nouveau virage. Comme dans les inoubliables "Riff Raff" et "Raining Stones", Ken Loach allie critique sociale et humour. Prix d'interprétation au Festival de Cannes 1998 pour Peter Mullan.- 8/10
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Carla's song
Glasgow, 1987. George, jeune chauffeur de bus, tombe amoureux de Carla, réfugiée nicaraguayenne qui a fui la guerre dans son pays après avoir été témoin d'évènements dont elle ne veut pas parler. Un jour, George sauve Carla de justesse d'une tentative de suicide. Il décide alors de se rendre au Nicaragua avec elle sur les traces de son passé douloureux.- 9/10
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Land and freedom
A Liverpool aujourd'hui, un vieil homme meurt. En mettant de l'ordre dans ses papiers, sa petite-fille découvre son passé de militant anti-franquiste. Prix du jury oecuménique au Festival de Cannes 1995, César du Meilleur film étranger et Prix du Meilleur film européen, l'incursion de l'Anglais Ken Loach sur les terres espagnoles a été couronnée d'un énorme succès public et critique.- 8/10
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Ladybird
Malgré toutes les difficultés de la vie, le jour où l'on retire à Maggie la garde de ses quatre enfants, celle-ci décide de se battre bec et ongles. Sa lutte est une histoire d'amour où l'enjeu est de ne jamais renoncer à sa dignité. L'un des meilleurs films de Ken Loach, Ours d'argent à Berlin en 1994 et prix d'interprétation féminine pour la stupéfiante Crissy Rock.- 9/10
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Raining stones
Même chômeur, Bob se fait un point d'honneur de payer lui même la robe de communion pour sa fille. Quitte à tout perdre, mais pas sa dignité. Une fable sociale qui démarre en comédie et frôle la tragédie en maniant le suspense le plus dur qui soit : jusqu'où aller pour sauver son honneur ? L'un des plus grands succès de Ken Loach. Prix du Jury au Festival de Cannes 1993.- 9/10
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Riff Raff
Stevie, jeune Ecossais sortant de prison, est engagé au noir sur un chantier de construction. Il s'installe dans un squatt avec ses collègues et rencontre Susan, paumée qui rêve de devenir chanteuse...L'un des films les plus tendres de Loach et le premier grand rôle de Robert Carlyle. Une vision tonique et acérée de la condition ouvrière dans un Londres fier de son économie, au mépris des hommes.- 8/10
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Family Life
La vie est devenue insupportable pour Janice, brimée par des parents qui l’étouffent et la forcent à subir un avortement. Seules l’amitié de Tim et la thérapie novatrice du docteur Donaldson laissent entrevoir l’espoir d’une guérison. Pourtant, l’incompréhension du milieu familial et les pratiques de la psychiatrie traditionnelle prennent le dessus et Janice sombre peu à peu dans la schizophrénie.- 9/10
- Tous publics avec avertissement
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Pas de larmes pour Joy (Poor Cow)
Joy raconte sa vie quotidienne dans la banlieue londonienne de la fin des sixties. Un mari brutal, Tom, petite frappe qui se fait coffrer après un braquage raté. Un fils, Johnny, qu’elle élève seule. Un amant, Dave, voyou fleur bleue, qui se retrouve aussi en prison. Une collègue serveuse de pub, Beryl, qui l’invite à poser nue pour des photographes minables. Des hommes de passage. Et demain ?- 8/10
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elPoto au sujet de : L'Art de séduire
Personnages caricaturaux, acteurs assez moyens, métier de psy ridiculisé, style bobo-branchouille : aucun intérêt.