O comme... Nagisa Oshima
Présentation
Figure majeure de la Nouvelle Vague japonaise (né en 1932, il a débuté en 1959, comme ses homologues français), il en fut le porte-parole politique, à l'image de son contemporain Kijû Yoshida : la vingtaine de films produits au Japon jusqu'à 1976, date où, devant les difficultés créées, il ne peut plus tourner qu'avec des producteurs étrangers, furent pour lui l'occasion de dénoncer fermement les dures conditions de la société nippone et ses contraintes morales, politiques, sociales et sexuelles...
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Les trois films qu'il réalise en 1960, Contes cruels de la jeunesse, L'Enterrement du soleil et Nuit et brouillard du Japon résonnent d'une tonalité neuve dans le cinéma national et, découverts par la critique internationale, sont considérés comme des manifestes ; le troisième, ainsi intitulé en hommage au film d'Alain Resnais, dresse un tableau de la mémoire des combats, depuis la fin de la guerre, de l'extrême-gauche japonaise contre l'occupation du pays par l'armée américaine.
Son interdiction, après quatre jours d'exploitation, ne fit que renforcer la radicalité d'Oshima, qui marqua entre plus fortement son territoire dans ses films suivants, Le Révolté (1962), Le Journal de Yunboji (1963), L'Obsédé en plein jour (1966). C'est surtout grâce à La Pendaison (1968), puis au Petit Garçon (1969) qu'il fut reconnu en France. Le premier reprend de façon réaliste l'exécution d'un Coréen coupable de viols et de meurtres, exécution ratée qui lui fait perdre la mémoire ; ses geôliers le font alors rejouer ses crimes afin qu'il retrouve ses esprits et puisse être pendu. Le second montre la dérive à travers le pays d'un couple qui fait de son fils une victime d'accidents de voiture pour se faire indemniser par les conducteurs. Oshima revient à une description plus immédiatement politique avec le Journal du voleur de Shinjuku (1969), dans lequel il recrée l'agitation étudiante à Tokyo, l'année précédente. Son ambition d'un tableau plus large de la société japonaise se traduit dans La Cérémonie (1971), qui lui permet, à partir du suicide d'un de ses membres, de retracer vingt-cinq années de la vie d'une famille et les événements historiques qu'elle a traversés.
Après un film plus léger, Une petite sœur pour l'été (1972), Oshima est à la peine : la maison de production indépendante qu'il avait fondée en 1965 disparaît, et il ne trouve aucune compagnie japonaise pour le produire. C'est alors que le Français Anatole Dauman le prend en charge et va donner une direction différente à sa carrière : s'il tourne moins (cinq films entre 1976 et 2000), il va devenir un cinéaste international dont chaque nouveau film sera un événement.
Il commence par un scénario bâti sur une histoire authentique, survenue dans le Japon d'avant-guerre, celle d'un couple qui, vivant une expérience sexuelle passionnée, se coupe peu à peu du monde et sombre dans une démence érotique fatale, où la femme tranche le sexe de son amant. L'Empire des sens, illustration extrême de la pensée de Georges Bataille, alliance d'amour et de mort, quête effrénée du bonheur par l'accomplissement physique, secoua le Festival de Cannes et les nombreux spectateurs qui le virent (plus que tous ses autres films jusqu'alors) – mais moins les Japonais qui n'eurent droit qu'à une version censurée.
Même si les scènes d'amour explicites ne surprennent plus aujourd'hui, le film conserve toute sa puissance. L'Empire de la passion, réalisé deux ans plus tard, décrivait de nouveau une passion amoureuse démesurée conclue par un meurtre, le fantôme du défunt revenant hanter ses assassins, qui sont arrêtés et torturés. Quoique récompensé par le prix de la mise en scène à Cannes 1978, le film surprit moins que le précédent, et Oshima mit cinq ans pour monter Furyo, coproduction britannique avec David Bowie, remarquable en prisonnier anglais d'un camp japonais en 1942, univers clos où, sur fond de sadisme du commandant (Ryuchi Sakamoto, également remarquable) les passions s'exacerbent. Le film fit découvrir, dans un petit rôle, Takeshi Kitano, pas encore réalisateur mais déjà vedette de la télévision japonaise.
Ce succès mondial offrit à Oshima les coudées franches pour réaliser, en 1986, un scénario écrit avec Jean-Claude Carrière, Max mon amour, sur un sujet digne de Marco Ferreri, mais traité sans voyeurisme ni provocation, comme étant dans l'ordre des choses, autour des relations amoureuses de Charlotte Rampling et d'un chimpanzé. Il faudra attendre quatorze ans pour voir son ultime film, Tabou, tourné au Japon, histoire d'amour, au XIXe siècle, entre deux samouraïs au sein d'une milice, qui aurait fait scandale si Oshima avait voulu être scandaleux ; il peint de nouveau simplement, de façon à la fois ambiguë et réaliste, un univers clos où, comme dans L'Empire des sens, instinct de vie et instinct de mort se complètent. Ce feu d'artifices secret sera sans doute la dernière œuvre d'un cinéaste à la santé désormais trop fragile.
Lucien Logette
Ses films à voir sur UniversCiné
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Tabou
Kyoto, printemps 1865. Un jeune homme que tout le monde désire et un samouraï de rang inférieur s'affrontent et s'attirent. Ce sont deux nouvelles recrues d'une milice. L'union du groupe vacille sous les rumeurs et les jalousies.- 6/10
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Max mon amour
Peter est diplomate à l'ambassade d'Angleterre en France. Sa femme Margaret se montre distante ces derniers temps. De certains signes, Peter déduit que sa femme le trompe. Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il se rend compte que l'amant n'est autre que Max, un chimpanzé dont Margaret ne tardera pas à convaincre son mari qu'il doit emménager avec eux.- 8/10
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Furyo
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, des prisonniers anglais sont parqués dans un camp japonais. Mentalités et codes de l'honneur se heurtent au travers de l'horreur et du sadisme que provoque le commandant du camp.- 7/10
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Joclène au sujet de : La Marseillaise
Je l'ai vu il y a bien des années, c'est un film extraordinaire, plein d'enthousiasme, de lyrisme et qui nous rappelle les grands épisodes de la Révolution de 1789 sans complaisance mais qui nous apporte un souffle de liberté, d'espoir...