Julie Bertuccelli : la force primitive de la Nature comme miroir des sentiments...
Introduction
La réalisatrice avait fait sensation avec Depuis qu'Otar est parti (César du meilleur premier film, à voir sur Universciné) et confirme un cinéma aussi audacieux que sensible avec L'Arbre. Elle nous raconte son tournage en Australie avec Charlotte Gainsbourg et comment sa pratique du documentaire influe sur sa mise en scène...
Julie Bertuccelli : "Deux choses m'ont fasciné dans cette histoire : comment réagit-on face à la mort et comment la tristesse peut trouver refuge dans l’imagination. Simone, la petite fille, refuse de se sentir triste, alors elle cherche un autre moyen pour accepter la mort de son père. D’une certaine manière, c’est comme dans mon premier film, sauf que c’était un mensonge, il s’agissait de cacher la mort.
Dans L’Arbre, c’est l’irrépressible pulsion de vie qui s’impose sur la tristesse. Quand des choses terribles vous arrivent, vous savez que vous devez vivre avec votre peine. Mais vous pouvez aussi la transformer en une source d’inspiration créatrice. C’est donc la force de l’imagination qui m’intéresse. Quand la branche tombe dans le lit de la mère, est-ce un hasard ou un signe ? on n’entend jamais la voix du père, ce n’est qu’un murmure, un mélange de frémissement de feuilles, de bruits d’animaux et de vent qui souffle, à peine audible mais qui éveillent des doutes. Les racines de l’arbre semblent pousser à une vitesse incroyable mais là encore, c’est vraisemblable à cause de la sécheresse qui sévit dans la région.
Je cherchais comment rester sur le fil entre étrangeté et réalisme. Trouver le bon arbre a été la chose la plus importante mais aussi un sacré challenge. Vu tous les paramètres nécessaires et la difficulté de trouver l’arbre idéal avec une maison à la bonne distance, quelques voisins, et un paysage fort, dégagé et inspirant, on m’a proposé de faire réaliser un arbre factice qui corresponde exactement à nos besoins.
Mais dès le début, je tenais à l’aspect organique de l’arbre… Il fallait qu’il soit vrai. Alors j’ai insisté pour qu’on continue les recherches. On a du voir pas loin de 1 000 arbres...Le film raconte à quel point la Nature est toujours plus forte que l’Homme. L’arbre devait donc être majestueux et impressionnant, mais aussi expressif et protecteur, capable de dégager un sentiment de mystère, de peur tout autant que de beauté.
L’arbre que nous avons finalement choisi était incroyable : il répondait parfaitement à tous nos critères mais il avait en plus un côté accueillant - c’était un arbre qui invitait tous les enfants à l’escalade. Quelquefois, il pouvait y avoir sans problème jusqu’à 20 personnes dedans. Et on a transporté une maison à ses côtés. "


tanguys au sujet de : Tabou
dommage... c’est en 4:3 et non en 16:9...