Quels besoins d'amour ? - Entretien avec Teresa Villaverde
Introduction
Dans Os Mutantes, la réalisatrice évoque les déshérités des foyers portugais : " des adolescents quête d'amour", dit-elle, rappellant que le film eut, en 1998, un impact politique dans son pays au point que le gouvernement s'en inspira pour améliorer les conditions de vie dans les centres fermés. Le cinéma, même exigeant, pourrait donc aspirer à changer les choses ?
" Je crois, dit la cinéaste, qu'il n'est pas possible de savoir où commence un film en nous, mais il y a très longtemps que je voulais faire un film qui traitait d'une façon ou d'une autre des différences de développement qu'engendre le milieu où les gens naissent et vivent leurs premières années.
Les malheurs qu'on traîne derrière soi. Ou les chances. Les différences provoquées par l'endroit où ils sont nés et où ils ont vécu les premières années de leur vie. Les hasards heureux ou malchanceux qui viennent d'avant. Ce dont on hérite et qui nous colle à la peau pour toujours. Les choses que nous voulons fuir, mais qui nous talonnent sans cesse comme dans les cauchemars. J'ai voulu faire un documentaire avec des enfants et des adolescents de toutes les régions du Portugal. Je peux dire que j'ai circulé un peu partout dans le pays. Pour chercher surtout à voir, pour tenter de mieux comprendre. Une période assez dure, mais assez riche aussi.
Je veux parler de pauvreté, de gens qui aujourd'hui encore n'ont rien. J'ai vu des individus qui se résignent, qui trouvent tout normal et d'autres non. Pendant que je parcourais le pays pour voir toutes ces choses, je me suis rendue dans les collèges de l'Institut de Réinsertion Sociale qui dépend du Ministère de la Justice.
Dans ces collèges il y a des jeunes de 9 à 18 ans, des jeunes qui ont été envoyés là par le tribunal des mineurs, soit parce qu'ils ont commis des crimes et qu'ils n'ont pas encore l'âge d'être mis en prison, soit parce qu'ils ont été victimes de crimes et qu'il n'existe pas d'autres lieux pour les parquer. C'est comme ça.
C'est dans ces collèges que j'ai rencontré mes "mutants". Ce sont ceux qui n'acceptent pas les choses comme elles sont, ils font partie selon moi des gens qui ne se résignent pas, qui ne se sentent bien nulle part et sont toujours à la recherche de quelque chose. Pour moi, ils sont une leçon ambulante sur la vie et sur le monde. Ceux-là sont des mutants portugais, mais il y a des mutants ici en France et partout ailleurs.
En eux, il y a une énergie qui déborde de toutes parts, quelque chose qui est toujours prêt à exploser.










elPoto au sujet de : 4 mois, 3 semaines et 2 jours
Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.