Mathieu Amalric : " Paul, on a tout le temps envie de se moquer de lui..."
Mathieu Amalric se destine d'abord à une carrière de metteur en scène quand plusieurs réalisateurs le font jouer dans leurs films. Arnaud Desplechin va jusqu'à lui confier le rôle principal de "Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle)"... que l'acteur a du s"efforcer de rendre insupportable. Parce que "c'était le principe de comédie de ce Paul Dédalus', explique-t-il.
Emmanuelle Devos : "Esther est une princesse populaire"
Emmanuelle Devos raconte comment elle abordé le rôle d'Esther dans "Comment je me suis disputé...." en lui trouvant bien des points communs avec son réalisateur, Arnaud Desplechin...
Emmanuel Salinger : " Enfin un rôle gai ! "
Il joue Nathan dans "Comment je me suis disputé..." : "C'est peut-être le seul garçon du film qui ne soit pas complètement fou" dit l'acteur qui avait déjà joué sous la direction d'Arnaud Desplechin dans "La Sentinelle". Et d'expliquer : " Arnaud me connait mieux que d'autres... Alors ça l'amusait de me donner à jouer un personnage franchement différent. "
Drôle et dépressif, journal intime et roman d'aventures, cérébral et sexuel, Comment je me suis disputé ("ma vie sexuelle") est un film aux multiples visages, et un coup de force réussi pour imposer une image rigoureuse et impressionnante du jeune cinéma.
Antoine de Baecque, Cahiers du Cinéma
" Film-somme, grand ouvrage
romanesque, saga générationnelle qui a achevé de révéler Arnaud
Desplechin ; son intitulé étriqué (Comment je me suis disputé...) et
narcissique (ma vie sexuelle) annonce l'introspection, le « film de
chambre », genre très français s'il en est. Mais Desplechin s'applique
à détourner ce genre et à lui donner une tout autre ampleur. Le
personnage central, Paul Dédalus, est un héros de notre temps, un jeune
homme ordinaire qui gère ses petites fuites devant la vie et ses
grandes lâchetés devant les filles avec le seul alibi de
l'autodérision. Prétendument architecte de son existence, il se perd
dans le labyrinthe qu'il s'est construit et y perd toutes celles qui
s'y aventurent.
Paul, c'est Mathieu Amalric, époustouflant. Les filles ont la part
belle. L'obstination du discours masculin vient buter sur leur
sensualité incandescente. Ce combat est aussi celui du film : la
cérébralité assumée des dialogues s'efface devant le frémissement qui
parcourt chacun des plans. Un grand film impudique et dérangé, comme
son héros, Paul."
Vincent Remy, Télérama