Pascale Roberts : fille légère, femme fatale, et mémoire d'une époque pour Robert Guédiguian
L'actrice a débuté au cinéma dans les années 50, souvent cantonnée à rester au second plan, mais finit par trouver son plus beau personnage grâce à Robert Guédiguian : elle est l'inoubliable Josepha dans "A la vie, à la mort !" avant d'être nommée pour le César du meilleur second rôle féminin pour "Marius et Jeannette".
Son plus beau personnage a mis plus
de quarante ans à arriver jusqu'à elle. C’est celui de Josepha, la superbe
strip-teaseuse en guêpière rouge de
A la vie, à la mort ! (1995).
Pascale Roberts y incarne l’âme du cabaret "Le Perroquet Bleu", qui se trouve «trop
vieille pour montrer son cul » et n’en peut plus de danser au son
de "Hasta Siempre !" (la chanson hommage au Commandante Che Guevara) devant
trois spectateurs égarés…
Avec un mélange surprenant de dérision et
de désarroi, l'actrice assume ce personnage que l'on pourrait imaginer pas si loin d'avoir vécu ses illusions et les désillusions d'un métier qui aime les jolies filles, surtout quand elles ne sont rien de plus.
Mais Pascale Roberts voulait faire du cinéma... même si
sa maman ne voulait pas. C’est pourtant grâce à cette dernière,
esthéticienne pour une grande maison de produits de beauté, que son
chemin a croisé celui de plusieurs vedettes. Martine Carol, sex symbol absolu de l'époque, a ainsi joué
pour elle les bonnes marraines au début des années 50.
Belle comme
une star, Pascale Roberts a été cantonnée dans les rôles de filles
légères ou de femmes fatales, dans des films d’action mettant en
vedette Eddie Constantine ou des comédies avec Darry Cowl, Louis de
Funès ou Fernandel. Second rôle omniprésent aussi bien au cinéma
qu’à la télévision et au théâtre, elle n’a connu qu’un léger
creux de vague vers la fin des années 80 avant de retrouver des rôles
réguliers sur grand écran sous la direction de Jean-Pierre Mocky (
Le
Mari de Léon), Bertrand Tavernier (
La Fille de D'artagnan) puis Robert
Guédiguian pour six films à ce jour.
Souvent, le réalisateur marseillais
lui offre pour compagnon Jacques Boudet, son amant dans
Marius et Jeannette ,
puis son mari dans
La ville est tranquille et
Mon père est ingénieur.
Figure de mère attentive, elle incarne aussi, avec facétie un personnage
évoluant au gré des humeurs des scénaristes de
A l’attaque ! et
une ouvrière à la mémoire qui flanche dans
Lady Jane.
Isabelle Danel