"Imaginez qu’un journaliste ait pu, trois années durant, suivre Al
Capone dans ses moindres (mé)faits et gestes. Pénétrer l’intimité d’un
clan mafieux, même un Scorsese, un Coppola ou un De Palma en
rêveraient. Cette plongée hallucinante dans ce qui est habituellement «
le monde du silence », Donal McIntyre est parvenu à la réaliser grâce à
Dominic Noonan, un influent parrain de Manchester, qui lui a ouvert les
portes de sa « famille »..."
Alain Spira, Paris Match
"Donal MacIntyre, absent à l'image (...) a passé trois ans à apprivoiser
Dominic Noonan, le filmer au milieu des siens (famille et gang),
recueillir le récit de ses « exploits » (...) On y voit ce parrain frimeur et arrogant faire son
autopromotion. MacIntyre n'y porte aucun jugement moral : c'était le
deal. (...) le chef Noonan «fait du
social» : «C’est moi, dit-il, qui
résous les problèmes des gens.»
Car oui, il glisse quelques billets
à un père endetté, organise un
feu d’artifice pour les gamins de
la working class, calme un conflit
qui risque de dégénérer, se substituant
à l’Etat défaillant. Le constat
n’est pas très flatteur pour
Tony Blair.
Ces images brutales sont bercées
par les musiques populaires
du milieu, dont les vocalises
d’un petit-neveu qui imite Elvis
Presley et ambitionne de devenir
la «Nouvelle Star», et par les images
du fiston qui clope comme un
hooligan désenchanté. Scène hallucinante : les funérailles du frère de Dominic Noonan,
poignardé par un dealer, sous escorte policière. Deuil quasi national,
avec défilé du cercueil dans la ville, doigt d'honneur à la foule,
chant étranglé a capella sur la tombe ( My Way) et requiem pointé sur
l'assassin : « Pas de pardon. » Question de MacIntyre au truand : « Le
sang n'a pas assez coulé ? » Réponse réflexe : « Ça fait que commencer
! »"
Jean-Luc Douin, Le Monde
"A travers un montage énergique (...), [Donal MacIntyre] interroge
le mythe du voyou star en s'immergeant dans son monde interlope (...)
un tableau haut en couleur, truffé de trognes patibulaires, de petites
frappes et de têtes brûlées."
Mathilde Blottière, Télérama
"Le résultat est époustouflant. Dans un décor à la Ken Loach, la
caméra colle à ce mastard, de casses en prisons, d'arrestations en
obsèques. C'est comme au cinéma mais en vrai, un mélange de Scorsese et
des frères Dardenne."
Philippe Trétiack, Elle