Ariel
Réalisation
Acteurs
Avec Turo Pajala, Matti Pellonpää, Susanna Haavisto, Eino Kuusela, Erkki Pajala, Eetu Hilkamo, Matti Jaaranen, Tarja Keinänen, Hannu Viholainen, Jorma MarkkulaPitch
Voir la fiche technique
Acteurs :
- : Taisto Olavi Kasurinen
- : Mikkonen
- : Irmeli Katariina Pihlaja
- : l'homme sur la plage
- : le mineur
- : Riku
- : l'agresseur
- : la femme du port
- : l'homme de main
- : l'homme du port
Equipe du film :
- : Jouko Lumme
- : Kjell Westman
- : Raija Talvio
- : Risto Karhula
- : Aki Kaurismäki
- : Tuula Hilkamo
- : Aki Kaurismäki
- : Timo Salminen
- : Villealfa Filmproductions
- : Pyramide Distribution
Dates :
- : 07/09/1989
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Finnish
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Thèmes
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Le Monde
"Une petite ville minière au nord de la Finlande, froide donc. De plus, les mines vont fermer. Quelle solution pour ceux qui ont la plus grande partie de la vie derrière eux ? Le suicide. Ce que fait l'un des mineurs, qui lègue toute sa fortune, soit une belle bagnole américaine, à un garçon, sans doute son fils. Quelle solution pour ce garçon désormais seul au monde ? Prendre ses économies, l'américaine décapotable dont la capote déglinguée ne ferme pas, s'emmitoufler et partir sur les routes verglacées vers le sud. Un sud tout relatif : Helsinki, la capitale. Là, évidemment, le garçon, plutôt du genre maladroit, se fait tout piquer. Qu'importe, il va lui même voler. Mais décidément, il n'est pas doué.
Le garçon est un rêveur, un Ariel, un esprit en l'air, qui se pose sans s'arrêter bien longtemps, et le film d'Aki Kaurismaki, Ariel, possède une irrésistible grâce mélancolique, mêlée d'ironie. Le garçon n'est pas doué pour l'arnaque, mais son charme nonchalant, sa passivité et son mutisme sont bien séduisants et d'ailleurs séduisent une jeune femme qui vit seule avec son fils. Elle est son contraire : super active, et même fébrile, débrouillarde, perpétuellement débordée par la masse des petits boulots qui lui permettent de payer ses traites et d'élever son gamin. Une femme moderne à l'occidentale, en somme.
En Finlande, dans le stress des années 1980, c'est un peu le pendant d'Antoine et d'Antoinette. Les antihéros années 50 de Jacques Becker. Ils sont tellement sympathiques tous les deux, tellement proches qu'on a envie de leur donner des conseils, un peu comme à de grands enfants. Ce qui, d'ailleurs, ne servirait à rien, ils sont complètement engagés, chacun dans son système. Ils aiment avec pudeur, sans se le dire. Ils vont se balader au bord de la rivière, et fument en silence, savourant un moment de paix comme un luxe suprême. Il l'aide. Elle l'aide. Elle va même jusqu'à le faire évader de prison.
Plus proche du réalisme poétique que du néoréalisme, Ariel emmène dans un pays très inconnu. A la rigueur, de la Finlande, on imagine de hautes forêts odorantes, avec maisons en bois, saunas, fouets de fougère dans la neige. Rien de pareil ici. Seulement Helsinki, une grande ville avec des banques, des fastfoods, des boutiques trop chères, des embouteillages dans les rues, et un grand port, fascinant comme toujours, qui semble prolonger les rêves dans le miroitement de l'eau, dans le balancement des navires qui vont vers le Sud, le vrai."
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La Revue du cinéma
" Ariel (nom du bateau qui conduit, à la fin, les protagonistes vers l'Amérique du Sud) est une sorte de fable brechtienne qui conte les aventures cocasses et tragiques de Taisto Kasurinen (l'acteur Turo Pajala obtint le Prix d'interprétation masculine au festival de Moscou pour ce rôle), un ouvrier trentenaire marginalisé par le chômage (...)
Aki kaurismäki - qui se dit communiste - garde, de Goadrd, un regard froid sur ses personnages. taisto surmonte ses épreuves sans se laisser aller au désespoir ni au pathos. Les "mystères de son âme" ne constituent pas le sujet du film. Le propos du cinéaste étant d'offrir une vue plongeante et sans concesssion sur la Finlande d'aujourd'hui. Le pays ressemble à un vaste terrain vague, à la fois province et dépoptoir du bloc capitaliste. Encore un mythe qui fout le camp : celui du paradis nordique (...)
Aki kaurismäki réussit là un superbe film sur ceux qui n'ont généralement pas droit de cité sur les écrans : les pauvres. Superbe, car pas misérabiliste pour deux sous."










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