Notes écrites pendant une tempête de neige, sept mois avant le tournage
"On ne peut vraiment être lucide, par rapport à ses buts artistiques ou autres, que sur son lit de mort, et encore !, précise Aki Kaurismäki. Voici néanmoins quelques observations concernant le projet d' "Au loin s'en vont les nuages".
Quoi ? Kaurismä... qui ?
En survolant l'oeuvre d'Aki Kaurismäki, le côté sombre de ses films se dissipe peu à peu : l'humour y est la principale raison d'espérer et d'aimer. Comme dans la vie ?
Aki Kaurismäki en mille et un films et des poussières
Né le 4 avril 1957, le finlandais, cinéphile assidu commença sa carrière en se faisant recaler à l'entrée de l'école de cinéma. Raison : trop cynique. C'est en travaillant sur les films de son frère et en fréquentant les salles de cinéma, qu'il se formera. Réalisateur prolifique, il fut aussi monteur et, désormais, producteur. Filmographie express où l'on a juste oublié ses débuts... comme facteur et ouvrier du bâtiment.
"Très belle et tragicomique fable prolétarienne. Kaurismäki est un résistant (au progrès, à la
marchandise spectaculaire, à la société moderne) qui est parvenu dans
ses derniers films à retrouver des bribes de l'enchantement originel du
cinéma, frontal, elliptique, digne. Cette quête de la vérité et de la
pureté perdues passe par une admirative révérence aux maîtres anciens
(Bresson en tête), des clins d'œil aux cinéastes amis et, dans ce film,
un hommage aux Parapluies de Cherbourg pour l'utilisation expressive de la couleur."
Olivier Père, Les Inrockuptibles
"Elle travaille dans un restaurant. Il est conducteur de tramway. Ils
sont mariés. Ils ont un petit appartement aux couleurs atroces, et une
télévision achetée à crédit. Le restaurant ferme. Les transports en
commun d'Helsinki licencient. Ils n'ont plus de travail. Ils en
cherchent. Ils n'en trouvent pas. Ou alors des tâches humiliantes,
autant que le chômage. Ils essaient de créer eux-mêmes un restaurant.
Voilà l'histoire d'Au loin s'en vont les nuages. C'est un film comique."
Jean-Michel Frodon, Le Monde
" Pour Ilona et Lauri, la vie est cruelle. Mais ça n'empêche pas d'être optimiste. S'il pique ses chômeurs chez Dostoievski, Aki Kaurismäki les rhabille chez Tati (Jacques)."
François Gorin, Télérama
" Simple comme bonjour, ce film est d'une justesse magnifique. il raconte une histoire de notre époque, en inventant sa propre forme. La force de Kaurismäki, c'est qu'il se situe à la bonne place : aux côtés de ses personnages, à la bonne distance de leurs gestes et de leurs affects, comme le témoin amical de leur aventure. C'est sans doute la meilleure définition actuelle de ce qu'est un auteur au cinéma."
Serge Toubiana, Cahiers du Cinéma