Films

Cría cuervos

Réalisation

De Carlos Saura - Espagne - 1976 - 1h52min

Pitch

A la fin de l'ère Franco, Ana vit dans une grande maison madrilène entourée de ses deux sœurs, de leur père, leur grand-mère, leur tante et leur bonne. Pour échapper à l'atmosphère étouffante de la famille et retrouver la compagnie de sa mère, morte de chagrin, la fillette se réfugie dans ses rêves. Quand son père meurt dans les bras de sa maîtresse, Ana pense être responsable de ce décès qu'elle a souhaité.

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Acteurs :

Equipe du film :

Dates :

Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Spanish

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Ils en parlent

  • Télérama

    Télérama

    " Très influencé par les théories freudiennes, Saura dépasse son beau message politique pour percer le secret des capacités de résistance de l'enfance. Il est servi par l'inoubliable Ana Torrent, reine de ce chef-d'oeuvre calme et funèbre, petite créature échappée d'un Caravage, dont chaque apparition prend à la gorge."

    Marine Landrot, Télérama
  • Les Inrockuptibles

    Les Inrockuptibles

    " Cría Cuervos n'est pas seulement le film où l'on entendit Jeanette chanter "Porque te vas". C'est aussi et surtout le film qui sonne le glas du franquisme (...) un très beau et bon film, savamment, patiemment construit (...)"

    Jean-Baptiste Morain, Les Inrockuptibles
  • Le Point

    Le Point

    " Le monde vu par une fillette de 10 ans peut être quelque chose d'étrange et effrayant (…)

    Tout se passe dans les limbes de son enfance transfigurée. Elle imagine la meilleure part de ce qui lui advient et le film tout entier ressemble à un fantasme entre Bunuel et Bergman.

    Saura est servi par la personnalité d'une fillette, Ana Torrent, dont le visage têtu est mangé par deux grands yeux noirs contemplatifs (…) Il faut la voir surtout dans une scène inoubliable mimer dans un miroir les paroles d'un disque éraillé en esquissant tous les gestes du maquillage féminin : une grâce infinie sert d'ambiguité d'une coquette intemporelle. La vie continue pour Ana, ses années d'inquiétude deviendront un souvenir confus. La vie adulte dans laquelle elle s'insère déjà si obstinément finira par la happer.

    Saura, qui est toujours inspiré par les crises mentales entre chien et loup, a su nous faire visiter en voisins son jardin imaginaire. Il reste un cinéaste de l'inconscient, du doute et de la nostalgie, l'un des plus personnels du cinéma européen. Mais son oeuvre en se dépliant devant nous, dévoile un plan ambitieux. Dans les labyrinthes du souvenir, il ne perd jamais son chemin."

    Robert Benayoun, 14/06/1976, Le Point
  • Combat

    Combat

    " C'est un véritable requiem de la famille espagnole que chante Carlos Saura : on retrouve le portrait de la grand-mère qui n'est plus qu'une impuissante épave, alors que la mère des enfants est morte d'avoir été mal aimée et rejetée par un mari volage, la jeune tante qui veut bien se dévouer mais qui sait qu'elle doit se marier à tout prix, et l'éternelle gouvernante de maison, qui réprésente le choeur ou encore la sagesse populaire (…)

    Carlos Saura décrit avec une étonnante minutie ce monde douloureux de l'enfance, où les coups sont durs parce qu'ils arrivent trop tôt pour une sensibilité encore peu préparée aux chocs (...)

    Tout est suggestif, émouvant, dépouillé et sobre dans Cria cuervos où le moindre détail du paysage renvoit à l'univers intérieur des héroïnes : voilà à nouveau ce jardin désolé où l'on promène la grand-mère, cette piscine désséchée, à moitié remplie de feuilles mortes, ces artères bruyantes, où se profilent des gratte-ciel qui vont menacer la vieille maison, et pour finir ces écoles toutes souriantes dont les petites filles vont reprendre le chemin pour ne connaître d'autre destin à leur sortie que celui de leur mère. Un film admirable.."

    Henry Chapier 13/05/1976, Combat
  • Le Monde

    Le Monde

    " Témoin curieux et silencieux du monde des adultes, la petite Ana fait son apprentissage de la vie. Apprentissage cruel, semé d'embûches. Pour Saura, l'enfance est une période de peur et de confusion, d'insécurité et de solitude. Rarement auteur aura décrit le « paradis » des jeunes années sous des couleurs plus crépusculaires.

    On ne trouve dans Cria cuervos ni gentillesses attendrissantes, ni poésie racoleuse. Toute la beauté, toute l'émotion du récit est dans le regard d'Ana. Un regard dont une suite de scènes surprenantes, souvent admirables (celle où Ana et ses soeurs jouent à mimer leurs parents), concrétise les découvertes et les fantasmes, la pureté et la lucidité."

    Jean de Baroncelli, 22/06/1976, Le Monde
  • Le Nouvel Observateur

    Le Nouvel Observateur

    " Une fillette, pur visage de cire vierge, vaste regard noir immobile, contemple le spectacle que lui offrent les adultes de sa propre famille. C'est le spectacle de la bonne bourgeoisie franquiste mais que la fillette regarde des coulisses familiales comme par le trou d'une serrure. Spectacle instructif, sinon édifiant, diable merci : le conditionnement auquel tout enfant est soumis dans nos sociétés éuropéennes et l'éducation catholique bourgeoise espagnole franquiste obligeront la fillette à enfouir ces révélations empoisonnées au plus profond d'elle-même (…)

    La virtuosité frappe, avec laquelle Saura, débarrassé aujourd'hui de coquetteries bunueliennes, passse à l'intérieur du même travelling du passé au futur, du présent au passé pour imposer la re-présentation d'une réalité comme achronologique, triomphant du temps mais où cependant le temps triomphe."

    Jean-Louis Bory, 05/07/1976, Le Nouvel Observateur
  • Les Echos

    Les Echos

    " Ainsi reconstruite à travers le chagrin, la haine et l'imagination d'une fillette trop sensible, la réalité devient mystérieuse, angoissante, étouffante. Et toujours, tout entière obscurcie par l'ombre de la mort, redoutée ou souhaitée, véritable hantise qui gouverne chacque seconde de la vie, même (surtout ?) chez une petite fille.. Persuadée qu'elle peut, d'un peu de poudre magique, donner la mort (…)

    Sans mélodrame aucun, interprété à la perfection, et jouant beaucoup moins que précédemment sur l'allégorie et le symbole, Cria cuervos est un film d'une rare et cruelle beauté."

    Annie Coppermann, 17/07/1976, Les Echos
  • Télérama

    Télérama

    " Rarement cinéaste aura dépeint l'univers de l'enfance avec moins de complaisance et plus de lucidité, de finesse, de tendresse que Saura. Mais plus encore qu'un film sur le faux paradis de l'enfnace, c'est peut-être un film sur la détresse féminine qu'il nous propose (…)

    Cria cuervos est un réquisitoire contre un type de société qui contrait les femmes à n'être qu'objets de désir. Un film mystérieux, angoissant, merveilleusement joué..."

    Jean-Luc Douin, 26/05/1976, Télérama

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A propos de

  • Carlos Saura

    Son nom apparaît au moment où celui de Juan Antonio Bardem commence à décliner, et il devient rapidement le chef de file du nouveau cinéma espagnol qui émerge...

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Cría cuervos

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Notes

10/10  (3)

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  • elPoto au sujet de : 4 mois, 3 semaines et 2 jours

      5/10

    Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.