Elephant Man {The Elephant Man}
Réalisation
Acteurs
Avec John Hurt, Anthony Hopkins, John Gielgud, Anne Bancroft, Freddie Jones, Lesley Dunlop, Hannah Gordon, Michael Elphick, Wendy Hiller, Dexter FletcherPitch
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Acteurs :
- : John Merrick
- : Frederick Treves
- : Carr Gomm
- : Madge Kendal
- : Bytes
- : Nora
- : Madame Treves
- : le portier de nuit
- : l'infirmière en chef
- : le fils de Bytes
Equipe du film :
Dates :
- : 29/01/81
Informations techniques :
- : Noir et blanc
- : Long metrage
- : Anglais
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Le Point
"La réussite de David Lynch naît de son goût singulier. Mais, surtout, il sait nous faire partager son évidente sympathie pour le personnage. Nous sommes, comme lui, touchés par le cauchemar d'un homme sensible, raffiné, prisonnier d'une enveloppe charnelle inouïe, insupportable et qui, cependant, a droit à la différence. Jusqu'au bout, le destin de son héros nous bouleverse ; le croque-mitaine devenu dandy avait l'espoir de vivre comme tout le monde. Elephant Man nous ramène au temps où le cinéma s'enthousiasmait pour King Kong, "la huitième merveille du monde". C'est un moment de joie que de découvrir un cinéaste majeur qui, outre sa maîtrise technique, possède une sorte de grâce unique. Pour son deuxième film, David Lynch signe une oeuvre qu'on dirait tombée de la lune. Mais c'est sa face cachée qu'il nous révèle."
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Le Matin
"Magnifiquement interprété par John Hurt, qui accepta des mois entiers le supplice d'un maquillage particulièrement éprouvant, et Antony Hopkins, Elephant Man a évité le risque de devenir un film d'épouvante. C'est là sa force : faire admettre l'inadmissible, rendre tendre, enfantin, un visage qui n'était que torture et difformité. C'est, après Eraserhead, le deuxième film de David Lynch, une oeuvre qui signe la naissance d'un grand, très grand metteur en scène."
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Les Echos
"(...) grâce à ses interprètes (dont l'homme éléphant, John Hurt, qui malgré un maquillage repoussant sait devenir presque... attirant, une étonnante performance), et grâce à sa pudeur et à l'intelligence de sa mise en scène, [David Lynch] a fait de ce film qui n'a d'ailleurs rien de fantastique un... fantastique plaidoyer pour la tolérance, la générosité, la compréhension de cette 'différence', qui, physique, religieuse, raciale ou autre, suscite encore, hélas !, toujours les mêmes réactions de rejet et de haine, et dont il nous montre, ici, qu'avec un peu de respect et de générosité elle peut finir par n'avoir plus d'importance. Parce que, derrière, on trouve toujours un être humain..."
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7 à Paris
" Le second film de David Lynch est taillé dans la même chair vidée que le premier. Mais la matière lynchienne est avantageusement habillée de vérité. Pas de ville imaginaire qui ait l'air d'un vaste dépotoir comme dans « Eraserhead », mais le Londres du siècle dernier s’engloutissant dans les fumerolles de la révolution industrielle. Pas de bébé-fausse couche qui ressemble à un lapin écorché, mais un malade incurable boursouflé de tumeurs géantes. Pas de voisine fantomatique'ou de chanteuse lépreuse pour susciter une libido moibide, mais des putes syphilitiques que l'on jette par jeu dans les bras du monstre. Et ainsi de suite... A la revoyuure, on se surprend à noter que les scènes «à émotion » du film — les premiers mots de Merrick, sa première partie dethé, sa première sortie dans le monde — sont traités dans un style fade qui rompt singulièrement avec la flamboyance des passages plus cruels ou voyeuristes.
Dans la séquence d'ouverture, une femme enceinte, la future maman de l'homme-éléphant est renversée par un troupeau de pachydermes filmés avec force filtres et objectifs tarabiscotés. Lynch ne peut pas être plus clair. Son héros est peut-être un cas médical reconnu et répertorié, il a, quant à lui, choisi de le filmer comme le résultat d'une monstrueuse alchimie freudienne. Le réalisateur déclarait: «A mes yeux, les êtres et les choses sont inachevés. En cours d’achèvement. Quand ils se modifient, ils offrent au regard une “texture” intéressante. »
Depuis la série «Twin Peaks», tout le monde sait que Lynch aime les monstres «physiquement». Mais combien auraient admis en 1981 qu'« Eléphant Man» est un éloge sensuel de la difformité. Impossible de ne pas voir que Bykes, le sadique montreur de foire parie à sa créature comme à une maîtresse (« mon trésor»), quand il ne s’attarde pas à lui caresser la tête. Et c'est en cocu offusqué que Bykes vient rédamer à son rival, le Dr Treves, le retour de Merrick sur les planches de sa baraque. Lors de l'exhibition sdentifique de L'homme-éléphant, le médecin met ouvertement l'accent sur « l'appareil génital normal » de son patient. A l'évidence, c'est la dimension érotique de l'homme-éléphant qui, à l'époque, avait guidé Lynch à travers ce labyrinthe d'émotions contraires.On laissera donc le squelette de John Merrick à Michael Jackson et sa beauté intérieure aux vertueux... Il est grand temps (...) de redécouvrir les sombres attraits de sa dévastation."





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