Films

Emmène-moi

Réalisation

De Michel Spinosa - France - 1994 - 1h26min

Pitch

Accoudée au buffet d'une gare désertée, le regard vague, Sophie se laisse aborder par deux militaires un peu patauds et rouleurs de mécaniques. Mais bien vite, les deux machos vont déchanter - car Sophie manie les mots comme d'autres le cran d'arrêt. Elle est de retour en ville, après deux ans d'absence. Entraînant les militaires dans son sillage, elle débarque, tel un ouragan, dans l'hôtel où travaille Vincent, son amant de toujours, son presque frère dont elle ne peut saisir le mystère. Dès lors, tout recommence : le tourbillon des sentiments, les déchirements, avec, pour seul credo, l'envie de vivre pleinement sa passion, le désir d'échapper au quotidien. Ce retour est leur dernière chance.

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Acteurs :

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Dates :

Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Français

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Ils en parlent

  • L'Année du cinéma

    L'Année du cinéma

    "Cela fait longtemps (...) qu'on n'avait vu une scène d'amour aussi belle entre deux êtres. Cela faisait longtemps qu'on n'avait senti une telle douleur, une telle ambiguïté."

    Pierre Murat, L'Année du cinéma
  • Télérama

    Télérama

    "... Un premier film inconfortable, terrible et superbe (...) La caméra suit les personnages, les recadre dans le mouvement, ne lâche l'un que pour rattraper l'autre, vite rejoint par le premier. Et, dans les scènes à deux, en suivant Sophie qui tourne et qui vire, elle rend presque palpable son sillage, qui s'enroule autour de Vincent et l'enveloppe et le ligote comme un trop plein d'amour. Mais, au montage, Michel Spinosa a parfois coupé ses plans-séquences. Et l'on ressent alors ces ruptures comme une souffrance. La même souffrance qui torture les deux amants chaque fois que se brise leur rêve d'harmonie.
    Car Emmène-moi est l'histoire, en quelques nuits, d'une passion impossible. « Plus on s'aimait, plus on se déchirait. » Exactement comme Fanny Ardant et Gérard Depardieu dans La Femme d'à côté. Exactement comme Jane Birkin et Marushka Detmers dans La Pirate. Mais le ton de Michel Spinosa ne ressemble à personne. Plus extraverti que celui de François Truffaut. Moins constamment hystérique que celui de Jacques Doillon. Michel Spinosa contrôle ses dérapages. Et il nous fait sans cesse craindre le pire : Sophie joue, ment et crâne, tour à tour faussement douce et vraiment dure. Mais toujours fragile, vulnérable, donc explosive. C'est une bombe à retardement.
    Alors, le spectateur a peur. Peur de cette souffrance qui va se déchaîner. Peur du drame qui couve. Peur des incessants rapports de force entre Vincent et Sophie.
    Emmène-moi, c'est une descente — pardon, une montée — aux enfers. Des enfers situés au dernier étage d'un immeuble vide. Là, dans quelques chambres de bonne, des Polonais survivent en prostituant leurs filles, en vendant de la gnôle. Là, on chante, on danse, on boit. On tente d'oublier sa misère. Par deux fois, Sophie et Vincent iront y échouer.
    Il y a du Dostoïevski chez Spinosa. Sans la grâce ni la rédemption, mais du Dostoïevski quand même. Parce que, même au fond du gouffre où ils sont tombés, ses personnages sont encore capables de se pardonner, de s'aider, de s'aimer. Alors que Sophie vient d'exercer sur elle sa cruauté, une petite émigrée roumaine (Inès de Medeiros), épave solitaire, elle aussi, empêche Vincent de la battre. Et, au plus profond de son désespoir, Vincent donne sa veste à un type qui grelotte, la nuit, dans la rue. Scène insolite, onirique, inoubliable."

    Claude-Marie Tremois, Télérama

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Emmène-moi

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10/10

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  • elPoto au sujet de : L'Art de séduire

      2/10

    Personnages caricaturaux, acteurs assez moyens, métier de psy ridiculisé, style bobo-branchouille : aucun intérêt.