Emmène-moi
Réalisation
Acteurs
Avec Karin Viard, Antoine Basler, Irina Buzhilova, Inês de Medeiros, Didier Bénureau, Bruno Putzulu, Jean-Pierre Moulin, Eric Savin, Stanislas Gaczol, Agnieszka Kumor, Mariana Cywinski, Clément SibonyPitch
Voir la fiche technique
Acteurs :
- : Sophie
- : Vincent
- : un membre de la famille polonaise
- : Anna
- : Gardet
- : le deuxième militaire
- : l'alpagueur
- : le premier militaire
- : un membre de la famille polonaise
- : un membre de la famille polonaise
- : un membre de la famille polonaise
- : Pascal
Equipe du film :
- : Michel Spinosa
- : Michel Spinosa
- : Gilles Bourdos
- : Antoine Roch
- : Pierre Mertens
- : Stéphanie Mahet
- : Peter Hammill
- : Serge Duveau
- : Persona Films
- : La Sept Cinéma
Dates :
- : 15/03/95
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Français
Bandes annonces et photos
Bandes annonces
Thèmes
Ils en parlent
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L'Année du cinéma
"Cela fait longtemps (...) qu'on n'avait vu une scène d'amour aussi belle entre deux êtres. Cela faisait longtemps qu'on n'avait senti une telle douleur, une telle ambiguïté."
-
Télérama
"... Un premier film inconfortable, terrible et superbe (...) La caméra suit les personnages, les recadre dans le mouvement, ne lâche l'un que pour rattraper l'autre, vite rejoint par le premier. Et, dans les scènes à deux, en suivant Sophie qui tourne et qui vire, elle rend presque palpable son sillage, qui s'enroule autour de Vincent et l'enveloppe et le ligote comme un trop plein d'amour. Mais, au montage, Michel Spinosa a parfois coupé ses plans-séquences. Et l'on ressent alors ces ruptures comme une souffrance. La même souffrance qui torture les deux amants chaque fois que se brise leur rêve d'harmonie.
Car Emmène-moi est l'histoire, en quelques nuits, d'une passion impossible. « Plus on s'aimait, plus on se déchirait. » Exactement comme Fanny Ardant et Gérard Depardieu dans La Femme d'à côté. Exactement comme Jane Birkin et Marushka Detmers dans La Pirate. Mais le ton de Michel Spinosa ne ressemble à personne. Plus extraverti que celui de François Truffaut. Moins constamment hystérique que celui de Jacques Doillon. Michel Spinosa contrôle ses dérapages. Et il nous fait sans cesse craindre le pire : Sophie joue, ment et crâne, tour à tour faussement douce et vraiment dure. Mais toujours fragile, vulnérable, donc explosive. C'est une bombe à retardement.
Alors, le spectateur a peur. Peur de cette souffrance qui va se déchaîner. Peur du drame qui couve. Peur des incessants rapports de force entre Vincent et Sophie.
Emmène-moi, c'est une descente — pardon, une montée — aux enfers. Des enfers situés au dernier étage d'un immeuble vide. Là, dans quelques chambres de bonne, des Polonais survivent en prostituant leurs filles, en vendant de la gnôle. Là, on chante, on danse, on boit. On tente d'oublier sa misère. Par deux fois, Sophie et Vincent iront y échouer.
Il y a du Dostoïevski chez Spinosa. Sans la grâce ni la rédemption, mais du Dostoïevski quand même. Parce que, même au fond du gouffre où ils sont tombés, ses personnages sont encore capables de se pardonner, de s'aider, de s'aimer. Alors que Sophie vient d'exercer sur elle sa cruauté, une petite émigrée roumaine (Inès de Medeiros), épave solitaire, elle aussi, empêche Vincent de la battre. Et, au plus profond de son désespoir, Vincent donne sa veste à un type qui grelotte, la nuit, dans la rue. Scène insolite, onirique, inoubliable."












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