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De Wim Wenders. Allemagne - 1975
Goethe (librement) revu et corrigé par Peter Handke, le dramaturge le plus provocant de l'Allemagne des années 70, et par le jeune Wenders. "Les années d'appentissage de Wilhelm Meister" deviennent ainsi les 6 jours de la vie d’un jeune homme qui, vivant sous l’emprise d’une mère oppressante, se décide à partir à Bonn avec l’envie de devenir écrivain. Dans le train, les rencontres commencent... Cinquième long-métrage du jeune cinéaste, "Faux mouvement" se situe entre les très beaux "Alice dans les villes" (1974) et "Au fil du temps" (1976), précédant le célèbre "Paris, Texas", Palme d'or 1984. Un voyage contemplatif où apparaît pour la première fois à l'écran une belle, mystérieuse et silencieuse jeune-fille de 16 ans : Nastassja Kinski.
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Wim Wenders : " Je filme de manière que chaque plan soit une phrase en soi."

Goethe, Peter Handke et Wenders... Une assocation qui a donné naissance à l'un des films allemands phares des années 70. Entretien avec le réalisateur autour des choix qui ont présidé à ses premiers films...
 

Wim Wenders, cinéaste de la subjectivité

Avant d'être consacré pour "Paris, Texas" (Palme d'or 1984) et "Les Ailes du désir", Wim Wenders n'était connu, à ses débuts, que d'un très petit cercle de cinéphiles. Son premier film à circuler vraiment en France, "Faux mouvement", le fut grâce à une expérience de cinéma itinérant, le "Ciné-Mobil". Désormais, aux côtés de Herzog ("Aguirre") et de Fassbinder ("Les Larmes amères de Petra von Kant"), le nom d'un autre cinéaste devenait synonyme de renaissance d'une cinématographie. On commença à étudier son style, comme dans cet article signé Henry Welsh et paru dans la revue "Jeune Cinéma" en 1976...
 

Wim Wenders, cv express

Né le 14 août 1945 à Düsseldorf, en Allemagne, Wim Wenders s'est rapidement imposé comme un cinéaste de l'errance. Voyages cosmopolites toujours nourris d'une réflexion sans cesse renouvelée sur la portée de nos regards.....
" ... déambulations antonioniennes de personnages en quête de leur vérité. Entre les rivages de la Mer du Nord et les sommets alpins, le jeune Wilhelm Meister fait des rencontres insolites d'individus hors du commun : un couple étrange, un saltimbanque et sa danseuse muette, une comédienne, un apprenti poète, un industriel vieillissant (...)
Le film tente d'exprimer la fatigue et le doute d'après 68, le décervelage et le nivellement d'une société de confort où certains cherchent vainement un supplément d'âme qui ne subsiste que dans des marginaux, des artistes ou des suicidaires. Devant le panorama des Alpes, Wilhelm Meister constate qu'il a fait un "faux mouvement" en laissant échapper quelque chose d'exceptionnel qui était né de cette rencontre..."


Marcel Martin, Ecran
 
" Il y a chez Wim Wenders une émotion dans le rapport aux signes des paysages et dans la perception d'un cadre urbain, une rigueur dans l'accord entre dialogues, déplacements physiques des personnages et rapports entre eux, découpage et mouvements de caméra, précision descriptive des lieux (notamment dans la séquence de la promenade sur les hauteurs du Taunus)..."


Daniel Sauvaget, La Saison cinématographique
 
" Les romans de formation et d'éducation, de même qu'une série de films américains mettaient fréquemment l'accent sur le carcatère formateur et initiatique de l'aventure et du voyage, Faux mouvement, tout en suivant le même schéma, aboutit à des conclusions opposées en montrant non pas l'accomplissement de Wilhelm mais plutôt le caractère irrémédiable de sa solitude (...)
Dans ce monde triste et sombre, quelle peut être la part du rêve ? Le rêve paraît impossible lorsqu'il ne devient pas tout simplement insupportable. Les rêves qui sont racontés dans Faux mouvement - il y en a cinq - sont très marqués par la présence de la mort, l'étouffement et la claustration, l'oppression et l'asphyxie. Une angoisse continuelle enveloppe tous ces êtres déroutés, desséchés par le sentiment de vide.
S'adressant à Wilhelm Meister, l'industriel de Faux mouvement constate que "l'angoisse en Allemagne est masquée par tous ces visages traitres, sans âmes, qui rôdent à travers les supermarchés, les lieux de repos, les zones piétonnes et les centres sportifs."


Nourredine Ghali, Cinéma
 
" ... Cette continuité, ce mouvement inces­sant, ce voyage permanent, cette impres­sion de fatigue riche et sereine qu'on connait chez Wenders et qui ressemble tant à ces heures de fin de journée où se fixent les souvenirs, le vécu, vont s'arrêter. Parce que la route va s'arrêter, le voyage changer et le héros fixer un certain temps son attention sur les mêmes personnages.
Il ne s'agit plus de se laisser porter, fut-ce pour une expérience de communication intuitive et universelle. Wenders inverse ici le sens du voyage. Wilhelm Meister (...) cherche quelque chose. En lui, autour de lui, qui pourra favoriser, asseoir sa vocation littéraire. Déjà il est intéressant de noter combien cette quête d'un matériel humain est émi­nemment cinématographique et corres­pond au regard d'un Wenders dont on pourrait avoir l'impression qu'il donne les réponses, par son cinéma, aux questions que se pose le héros-romancier en puis­sance (l'idéal consisterait, dans cette pers­pective, à montrer Wilhelm devant un écran où serait projeté précisément Faux mouvement).
Le voyage donc, habituellement sujet, base de l'enrichissement, de l'aiguisement du regard sur le monde, est ici objet. Car Wilhelm ne s'enrichit pas parce qu'il voyage mais voyage parce qu'il veut s'enri­chir (globalement et si l'on avait la place pour se laisser aller à une réflexion plus pro­fonde mais divergente, il existe la même différence entre les deux positions qu'entre le savoir / culture traditionnel - appris, enseigné, auquel on peut assimiler la quête de Wilhelm, et le vécu, expérimenté inté­gre. " (Lumière)

Alain Begramian, Autres

Faux Mouvement
[ Falsche Bewegung ]
De Wim Wenders
Allemagne
1975
01h43 min


(€ 4.99)
VOST
Format WMV + DRM
Taille : 1.21 Go
 




 
Acteurs
Laertes : Hans-Christian Blech
Mignon : Nastassja Kinski
Therese Farner : Hanna Schygulla
Vilhelm : Rüdiger Vogler
l'industriel : Ivan Desny
la mère : Marianne Hoppe
Bernhard Landau : Peter Kern
Elisabeth : Lisa Kreuzer

Fiche technique
Réalisation : Wim Wenders
Scénario : Peter Handke
Auteur de l oeuvre originale : Johann Wolfgang von Goethe
Direction de la photographie : Robby Müller
Son : Peter Kaiser, Martin Müller
Musique originale : Jürgen Knieper
Décors : Heidi Lüdi
Costumes : Heidi Lüdi
Montage : Peter Przygodda

Date de sortie en France : 22/10/1975




 



 

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