Images d'un doux ethnocide 1 (La Grande Rivière + La Rivière sèche){Mistashipu + Pakuashipu}
Réalisation
Acteurs
Avec Rolande RockPitch
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Acteurs :
- : Narratrice
Equipe du film :
- : Nicole Lamothe
- : Roger Moride
- : Jean Sauvageau
- : Ateliers audiovisuels du Québec
- : Francine Saia
- : Daniel Fournier
- : Arthur Lamothe
Dates :
- : 19/03/80
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Français
Thèmes
Ils en parlent
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Cinéma
" Le réalisateur québécois Arthur Lamothe est certainement l'un des cinéastes à avoir le plus contribué à scruter l'aventure humaine. Il a entrepris depuis plusieurs années une série intitulée Carcajou et le péril blanc et cette chronique donne la parole aux Indiens du Nord-Est.
C'est peut-être la première fois qu'un cinéaste consacre plusieurs années de son existence à tourner un matériel absolument extraordinaire de plus de cent vingt heures sur l'histoire, les légendes, les costumes, le mode de vie de la tribu des Montagnais.
Dans le premier volet Mistashipu (La Grande Rivière), Lamothe situe géographiquement, historiquement et socialement le peuple Montagnais. Ce peuple raconte comment l'homme blanc a volé les richesses de l'Indien que ce soit territoires de chasse ou de pêche, privant les habitants d'une base économique traditionnelle. On a parqué les Indiens dans des réserves, mais maintenant on grignote peu à peu ces territoires pour les céder à des clubs privés. Sur le plan social, on retrouve bien sûr les Indiens au bas de l'échelle ou bien à l'assistance, s'ils n'ont pas dû renoncer à leur identité pour survivre.
Ils reviennent souvent sur un passé marqué de nostalgie et de révolte et une phrase tourne au leitmotiv, dans ce temps-là les Indiens n'avaient pas peur. Il y a aussi la connaissance de l'Indien. Dans Etranger dans son propre pays un viel Indien apprend à son petit-fils ce dont on ne lui parlera jamais à l'école ; c'est-à-dire comment l'on fait un piège à hermine, comment on retrouve son chemin ou comment on le signale, comment ne pas tomber dans les crevasses. On entend dans le lointain le bruit d'un trax qui arrache les arbres de la région pour en faire de la pâte à papier. Et chaque tronc qu'on arrache est ressenti comme un déchirement par l'Indien car pour lui l'arbre c'est la vie, non seulement comme symbole, mais les arbres sont le refuge des oiseaux et des animaux et il se demande bien comment il vivra quand toute la forêt sera détruite et qu'il n'y aura plus de gibier à chasser. Lamothe s'est véritablement identifié au peuple amérindien, et ici leurs cris ne nous sont pas transmis par ethnologue ou sociologue interposés..." -
La Saison cinématographique
" Arthur Lamothe n'est pas n'importe qui. Cet ancien agriculteur français qui a choisi de vivre au Québec, d'abord comme bûcheron, puis de devenir cinéaste, a derrière lui une solide expérience, qui le met à l'abri des incertitudes de toutes natures, dont sont trop souvent victimes les jeunes entrepreneurs de sociologie cinématographique. Pour être à l'écoute de son interlocuteur, il faut d'abord bien le connaître. Mais l'artifice de la connaissance n'est pas toujours suffisant. Pour donner à voir, il faut encore « posséder » le terrain sur lequel on travaille, c'est-à-dire savoir d'où l'on vient, et où l'on va. Ne pas se mettre à la place de l'autre. Ne pas s'imposer. Ne pas prétendre que tout doit passer par le propre canal de sa culture, comme le fait, par exemple, Jean Rouch qui innocule aux filmés les maladies des filmants.
Donc, pour Lamothe, il ne s'agissait ni de se mettre à la place des indiens, ni d'être condescendant. Mais d'être, en quelque sorte, ce porte-micro, ce porte-caméra. Une neutralité revendiquée, assumée. Mais qui, en même temps, n'a rien à voir avec la pseudo-objectivité de l'ethnologue. Lamothe filme bien les activités des Montagnais, enregistre bien leurs témoignages, d'après un canevas préalablement établi par lui, mais il nous laisse croire que chacunes d'elle sont filmées dans leur durée réelle. Un temps proche de la nature, de la forêt dans laquelle ils vivent et qui n'a rien à voir avec celui indiqué par les montres bracelets. Ce temps-là, leur appartient. Certes, le comment on construit un piège à martres, avec trois petits troncs d'arbre, le comment on tend un piège à un renard dans la neige prennent du temps d'explication, mais peu importe pour Marcel Jourdain, qui sait que son petit neveu trouvera là le meilleur chemin pour être à l'aise dans sa culture. Transformant ainsi le donner à voir, à écouter, à savoir.
« L'homme blanc nous a enfermé dans nos réserves.
L'homme blanc nous enlève nos rêves, notre langue, nos enfants... »
L'homme n'est pas toujours le méchant loup, mais ce sont surtout les sociétés d'argent qui le sont. I.T.T. transforme une nature qui avait su garder un certain équilibre, en désert. Pour le plus grand profit de ses actionnaires, bien entendu. En oubliant que ces forêts appartiennent d'abord aux Montagnais. L'hypocrisie va jusqu'à classer les enfants indiens en « débiles » sous prétexte qu'ils n'entrent pas dans les normes d'une scolarité faite pour d'autres.
Lamothe accuse, dénonce, revendique, en donnant la parole à ceux qui ne l'avaient jamais eu, en attendant qu'ils la prennent."
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24 images
" Arthur Lamothe, par sa pratique cinématographique réfléchie (...) a maintes fois répété, et ce, sous l''empire et l'emprise du cinéma direct de l'époque, il n'y a jamais eu de cinéma-vérité. Toute séquence filmée est une mise en scène. Le film est une structure, une architecture. Pour reprendre ses mots, il faut qu'il y ait le moins possible d''hiatus, de brisure entre le signifiant et le signifié. Mais avant de tourner sa « Chronique », il y a une position de cinéaste qu''Arthur Lamothe a humainement, esthétiquement et éthiquement instaurée : établir une relation par le cinéma, en cinéma. Lamothe s'est posé la question du regard comme structure préalable au tournage, et non pas comme domination sur les autres et leurs propres regards. Il n'a pas réalisé des films sur les Indiens du Nord-Est du Québec, les Innus, mais avec eux, avec leur pleine participation au processus du film. Cette petite préposition, avec, a pu avoir un grand effet sur les anthropologues-cinéastes et chez plusieurs documentaristes peinant à donner à leurs films une dimension supplémentaire aux faits et objets d'une réalité sociale..."












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