Films

Images d'un doux ethnocide 1 (La Grande Rivière + La Rivière sèche){Mistashipu + Pakuashipu}

Réalisation

De Arthur Lamothe - Canada - 1975 - 2h16min

Acteurs

Avec Rolande Rock

Pitch

Sous le titre "Carcajou et le péril blanc", Arthur Lamothe a signé une série de films documentaires (...12h à voir) sur les Amérindiens qui furent diffusés en France sous le titre global "Images d'un doux ethnocide". Dans le programme proposé ici, d'une durée totale de 2h16), deux épisodes ont été regroupés : "La Grande Rivière" (79 min) et "La "Rivière sèche (57 min.). Dans le premier, à l'embouchure de la Moisie, Mistapichu, les trois soeurs de Michel évoquent leur jeunesse, quand, avec leurs parents, elles partaient, à pied et en canot, pour leur territoire de chasse situé à 500 km au nord. Et les hivers où elles manquaient de nourriture. Et où leur père mourait. Le sage Innu, Mathieu André, à côté de Shefferville, indique les pistes indiennes qui se croisaient dans ces lieux. Puis dans le campement indien, installé l'été sur la rive de la Mistashipu, nous participons à la pêche au saumon, surveillés par les gardes-pêche et leurs acolytes. Cérémonies traditionnelles., religieuses, baptême, rêves chantés avec le teiukan, etc. Dans la deuxième partie, "La Rivière sèche" (57 min), dans une vieille chaloupe à moteur un couple d'Innus remontent la rivière asséchée. Avec quelques autres familles, ils ont quitté la réserve et vont s'installer en amont avec leurs enfants. Nous jouerons avec les enfants et nous ferons des pirouettes avec eux. Nous édifierons les tentes et nous installerons à l'intérieur un tapis fait de branches de sapin que nous sommes allés couper. Nous pêcherons la truite. Nous tuerons le porc-épic. Nous le ferons cuire et nous le mangerons. Nous invoquerons l'Esprit du froid à l'aide d'une poignée de branchages vers le ciel pour le conjurer... >> Durée totale du programme 2h16.

Voir la fiche technique

Acteurs :

Equipe du film :

Dates :

Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Français

Bandes annonces et photos

On vous en parle

Ils en parlent

  • Cinéma

    Cinéma

    " Le réalisateur québécois Arthur Lamothe est certainement l'un des ci­néastes à avoir le plus contribué à scruter l'aventure humaine. Il a entrepris depuis plusieurs années une série intitulée Carcajou et le péril blanc et cette chronique donne la parole aux Indiens du Nord-Est.

    C'est peut-être la première fois qu'un cinéaste consacre plusieurs années de son existence à tourner un matériel absolument extraordinaire de plus de cent vingt heures sur l'histoire, les légendes, les costumes, le mode de vie de la tribu des Montagnais.

    Dans le premier volet Mistashipu (La Grande Rivière), Lamothe situe géographiquement, historiquement et socialement le peuple Montagnais. Ce peuple raconte comment l'homme blanc a volé les richesses de l'Indien que ce soit territoi­res de chasse ou de pêche, privant les habitants d'une base économique traditionnelle. On a parqué les Indiens dans des réserves, mais maintenant on grignote peu à peu ces territoires pour les céder à des clubs privés. Sur le plan social, on retrouve bien sûr les Indiens au bas de l'échelle ou bien à l'assis­tance, s'ils n'ont pas dû renoncer à leur identité pour survivre.

    Ils reviennent souvent sur un passé marqué de nostalgie et de révolte et une phrase tourne au leitmotiv, dans ce temps-là les Indiens n'avaient pas peur. Il y a aussi la connaissance de l'Indien. Dans Etranger dans son propre pays un viel Indien apprend à son petit-fils ce dont on ne lui parlera jamais à l'école ; c'est-à-dire comment l'on fait un piège à hermine, comment on retrouve son chemin ou comment on le signale, comment ne pas tomber dans les crevasses. On entend dans le lointain le bruit d'un trax qui arrache les arbres de la région pour en faire de la pâte à papier. Et chaque tronc qu'on arrache est ressenti comme un déchirement par l'Indien car pour lui l'arbre c'est la vie, non seulement comme symbole, mais les arbres sont le refuge des oiseaux et des animaux et il se demande bien comment il vivra quand toute la forêt sera détruite et qu'il n'y aura plus de gibier à chasser. Lamothe s'est véritablement identifié au peuple amérindien, et ici leurs cris ne nous sont pas transmis par ethnologue ou sociologue interposés..."
    Jean-Pierre Brossard, Cinéma
  • La Saison cinématographique

    La Saison cinématographique

    " Arthur Lamothe n'est pas n'importe qui. Cet an­cien agriculteur français qui a choisi de vivre au Québec, d'abord comme bûcheron, puis de devenir cinéaste, a derrière lui une solide expérience, qui le met à l'abri des incertitudes de toutes natures, dont sont trop souvent victimes les jeunes entrepreneurs de sociologie cinématographique. Pour être à l'écoute de son interlocuteur, il faut d'abord bien le connaître. Mais l'artifice de la connaissance n'est pas toujours suffisant. Pour donner à voir, il faut encore « posséder » le terrain sur lequel on travaille, c'est-à-dire savoir d'où l'on vient, et où l'on va. Ne pas se mettre à la place de l'autre. Ne pas s'impo­ser. Ne pas prétendre que tout doit passer par le propre canal de sa culture, comme le fait, par exem­ple, Jean Rouch qui innocule aux filmés les mala­dies des filmants.

    Donc, pour Lamothe, il ne s'agissait ni de se met­tre à la place des indiens, ni d'être condescendant. Mais d'être, en quelque sorte, ce porte-micro, ce porte-caméra. Une neutralité revendiquée, assumée. Mais qui, en même temps, n'a rien à voir avec la pseudo-objectivité de l'ethnologue. Lamothe filme bien les activités des Montagnais, enregistre bien leurs témoignages, d'après un canevas préalable­ment établi par lui, mais il nous laisse croire que chacunes d'elle sont filmées dans leur durée réelle. Un temps proche de la nature, de la forêt dans la­quelle ils vivent et qui n'a rien à voir avec celui in­diqué par les montres bracelets. Ce temps-là, leur appartient. Certes, le comment on construit un piège à martres, avec trois petits troncs d'arbre, le comment on tend un piège à un renard dans la neige prennent du temps d'explication, mais peu importe pour Marcel Jourdain, qui sait que son petit neveu trouvera là le meilleur chemin pour être à l'aise dans sa culture. Transformant ainsi le don­ner à voir, à écouter, à savoir.

    « L'homme blanc nous a enfermé dans nos réser­ves.

    L'homme blanc nous enlève nos rêves, notre lan­gue, nos enfants... »

    L'homme n'est pas toujours le méchant loup, mais ce sont surtout les sociétés d'argent qui le sont. I.T.T. transforme une nature qui avait su gar­der un certain équilibre, en désert. Pour le plus grand profit de ses actionnaires, bien entendu. En oubliant que ces forêts appartiennent d'abord aux Montagnais. L'hypocrisie va jusqu'à classer les en­fants indiens en « débiles » sous prétexte qu'ils n'entrent pas dans les normes d'une scolarité faite pour d'autres.

    Lamothe accuse, dénonce, revendique, en don­nant la parole à ceux qui ne l'avaient jamais eu, en attendant qu'ils la prennent."

    Robert Grelier, La Saison cinématographique
  • 24 images

    24 images

    " Arthur Lamothe, par sa pratique cinématographique réfléchie (...) a maintes fois répété, et ce, sous l''empire et l'emprise du cinéma direct de l'époque, il n'y a jamais eu de cinéma-vérité. Toute séquence filmée est une mise en scène. Le film est une structure, une architecture. Pour reprendre ses mots, il faut qu'il y ait le moins possible d''hiatus, de brisure entre le signifiant et le signifié. Mais avant de tourner sa « Chronique », il y a une position de cinéaste qu''Arthur Lamothe a humainement, esthétiquement et éthiquement instaurée : établir une relation par le cinéma, en cinéma. Lamothe s'est posé la question du regard comme structure préalable au tournage, et non pas comme domination sur les autres et leurs propres regards. Il n'a pas réalisé des films sur les Indiens du Nord-Est du Québec, les Innus, mais avec eux, avec leur pleine participation au processus du film. Cette petite préposition, avec, a pu avoir un grand effet sur les anthropologues-cinéastes et chez plusieurs documentaristes peinant à donner à leurs films une dimension supplémentaire aux faits et objets d'une réalité sociale..."

    Denis Bellemare, 24 images

Vous en parlez

Affiche

Images d'un doux ethnocide 1 (La Grande Rivière + La Rivière sèche)

Produits

Location

  • windows
  • mac
  •  (1.4 GB)

Notes

6/10

Restez connectés sur UniversCiné

Newsletter

Top

Top des ventes

Communauté

Faites votre cinéma

  • elPoto au sujet de : Le Voyage aux Pyrénées

      7/10

    Assez rigolo dans le genre loufoque mais aussi poétique et sensuel. Merci les frères Larrieu.