Images d'un doux ethnocide 2 ("On disait que c'était notre terre"){Ntesi nana shepen}
Réalisation
Acteurs
Avec Rolande RockPitch
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Acteurs :
- : Narratrice
Equipe du film :
- : Nicole Lamothe
- : Roger Moride
- : Jean Sauvageau
- : Guy Borremans
- : Arthur Lamothe
- : Pierre Mignot
- : Ateliers audiovisuels du Québec
- : Francine Saia
- : Arthur Lamothe
Dates :
- : 19/03/80
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Français
Thèmes
Ils en parlent
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La Saison cinématographique
" Arthur Lamothe n'est pas n'importe qui. Cet ancien agriculteur français qui a choisi de vivre au Québec, d'abord comme bûcheron, puis de devenir cinéaste, a derrière lui une solide expérience, qui le met à l'abri des incertitudes de toutes natures, dont sont trop souvent victimes les jeunes entrepreneurs de sociologie cinématographique. Pour être à l'écoute de son interlocuteur, il faut d'abord bien le connaître. Mais l'artifice de la connaissance n'est pas toujours suffisant. Pour donner à voir, il faut encore « posséder » le terrain sur lequel on travaille, c'est-à-dire savoir d'où l'on vient, et où l'on va. Ne pas se mettre à la place de l'autre. Ne pas s'imposer. Ne pas prétendre que tout doit passer par le propre canal de sa culture, comme le fait, par exemple, Jean Rouch qui innocule aux filmés les maladies des filmants.
Donc, pour Lamothe, il ne s'agissait ni de se mettre à la place des indiens, ni d'être condescendant. Mais d'être, en quelque sorte, ce porte-micro, ce porte-caméra. Une neutralité revendiquée, assumée. Mais qui, en même temps, n'a rien à voir avec la pseudo-objectivité de l'ethnologue. Lamothe filme bien les activités des Montagnais, enregistre bien leurs témoignages, d'après un canevas préalablement établi par lui, mais il nous laisse croire que chacunes d'elle sont filmées dans leur durée réelle. Un temps proche de la nature, de la forêt dans laquelle ils vivent et qui n'a rien à voir avec celui indiqué par les montres bracelets. Ce temps-là, leur appartient. Certes, le comment on construit un piège à martres, avec trois petits troncs d'arbre, le comment on tend un piège à un renard dans la neige prennent du temps d'explication, mais peu importe pour Marcel Jourdain, qui sait que son petit neveu trouvera là le meilleur chemin pour être à l'aise dans sa culture. Transformant ainsi le donner à voir, à écouter, à savoir.
« L'homme blanc nous a enfermé dans nos réserves.
L'homme blanc nous enlève nos rêves, notre langue, nos enfants... »
L'homme n'est pas toujours le méchant loup, mais ce sont surtout les sociétés d'argent qui le sont. I.T.T. transforme une nature qui avait su garder un certain équilibre, en désert. Pour le plus grand profit de ses actionnaires, bien entendu. En oubliant que ces forêts appartiennent d'abord aux Montagnais. L'hypocrisie va jusqu'à classer les enfants indiens en « débiles » sous prétexte qu'ils n'entrent pas dans les normes d'une scolarité faite pour d'autres.
Lamothe accuse, dénonce, revendique, en donnant la parole à ceux qui ne l'avaient jamais eu, en attendant qu'ils la prennent."
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24 images
" Arthur Lamothe, par sa pratique cinématographique réfléchie (...) a maintes fois répété, et ce, sous l''empire et l'emprise du cinéma direct de l'époque, il n'y a jamais eu de cinéma-vérité. Toute séquence filmée est une mise en scène. Le film est une structure, une architecture. Pour reprendre ses mots, il faut qu'il y ait le moins possible d''hiatus, de brisure entre le signifiant et le signifié. Mais avant de tourner sa « Chronique », il y a une position de cinéaste qu''Arthur Lamothe a humainement, esthétiquement et éthiquement instaurée : établir une relation par le cinéma, en cinéma. Lamothe s'est posé la question du regard comme structure préalable au tournage, et non pas comme domination sur les autres et leurs propres regards. Il n'a pas réalisé des films sur les Indiens du Nord-Est du Québec, les Innus, mais avec eux, avec leur pleine participation au processus du film. Cette petite préposition, avec, a pu avoir un grand effet sur les anthropologues-cinéastes et chez plusieurs documentaristes peinant à donner à leurs films une dimension supplémentaire aux faits et objets d'une réalité sociale..."













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