" Démission des illusions, mâchoires du salariat, puits de ténèbres,
Cantet, avec cette cruauté salvatrice qu'aucun cinéma militant ne
parviendra jamais à déployer, nous empoigne et nous projette dans la
gueule de notre servitude monnayable. Chienne de vie, mode d'emploi."
Bertrand Loutte, Les Inrockuptibles
« Si le film laisse une impression aussi forte, c'est
sans doute par son refus de l'extraordinaire. Cantet ne regarde jamais son
personnage comme un cas psychiatrique mais comme quelqu'un qui, insensiblement,
a cessé un jour d'adhérer à sa réalité quotidienne et professionnelle. Certes, les années 1980 et la glorification outrée de l'entreprise sont derrière
nous mais il reste encore quelques baudruches dangereuses a crever. Tant mieux
si Laurent Cantet s'y emploie a temps plein. »
Louis Guichard, Télérama
« Dans le noir de la salle, on ne s'était pas rendu
compte que le film nous cognait dessus depuis deux heures (...)
l'émotion nous déborde de partout avec la violence d''une grippe, et on ne sait
même plus pourquoi on pleure. »
Didier Peron, Libération
" il s’agit de l’affaire Romand banalisée, donc sans les meurtres - si
notre homme dort dans sa voiture, il ne tombe pas pour autant dans la
déchéance, au contraire (...) Si
l’Emploi du temps peut sembler aux antipodes de Ressources humaines, le
premier long métrage de Laurent Cantet, ce deuxième opus se voit
également comme l’autre face d’une même pièce. Dans les deux films,
c’est le renvoi de l’entreprise qui dicte la suite des événements. Un
prolo dans un cas, un cadre dans l’autre, la réponse diffère mais le
traumatisme est le même."
Jean Roy, L'Humanité