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De Aki Kaurismäki. Finlande, Allemagne, France - 2002
En débarquant à Helsinki, un homme se fait voler et tabasser. Lorsqu'il reprend conscience, il a perdu la mémoire. Sans argent et sans identité, comment survivre ? Si on n'utilisait pas le mot à tort et à travers, il faudrait qualifier "L'Homme sans passé" du seul adjectif qui lui convienne vraiment : bouleversant. L'envers y devient l'endroit, la pauvreté une richesse, la déchéance une chance et la solitude l'avant garde de l'amour.
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"Un film c'est une plante qui pousse au milieu d'une décharge d'ordures ; elle n'est peut-être pas si jolie, mais elle pousse."

Amateur, surréaliste, insomniaque, perfectionniste, "sensible comme un rouleau compresseur"... Aki Kaurismäki parlant de lui-même... c'est déjà un film d'Aki Kaurismäki, desespéré, drôle et émouvant.
 

Aki Kaurismäki en mille et un films et des poussières

Né le 4 avril 1957, le finlandais, cinéphile assidu commença sa carrière en se faisant recaler à l'entrée de l'école de cinéma. Raison : trop cynique. C'est en travaillant sur les films de son frère et en fréquentant les salles de cinéma, qu'il se formera. Réalisateur prolifique, il fut aussi monteur et, désormais, producteur. Filmographie express où l'on a juste oublié ses débuts... comme facteur et ouvrier du bâtiment.
 

Quoi ? Kaurismä... qui ?

En survolant l'oeuvre d'Aki Kaurismäki, le côté sombre de ses films se dissipe peu à peu : l'humour y est la principale raison d'espérer et d'aimer. Comme dans la vie ?

"L'Homme sans passé est un formidable pied de nez à une époque où l'on promeut pour seules aspirations la richesse et la gloire."



Stéphane Goudet, Positif
 

"Film profondément généreux, L'Homme sans passé poursuit le chemin amorcé avec Au loin s'en vont les nuages et s'attache à réparer les êtres humains de la même façon que M répare les dettes d'un braqueur d'occasion. Il y réussit avec une lumineuse simplicité."



Sophie Grassin, Première
 

" Étrange et magique élixir que celui, a priori pourtant bien peu suave de ce film hors normes, qui s'immisce comme insidieusement dans notre coeur blindé et s'y love pour longtemps."



Annie Coppermann, Les Echos
 
" Regardez ces deux enfants penchés avec un arrosoir devant une cuve de métal sombre, regardez ces soudeurs devant un immense navire, ou la route qui mène au bidonville devant la mer, dont les habitants ont recueilli l'homme sans passé. Regardez le visage de Kati Outinen, cette splendeur de star avec aucun des attributs calibrés par le star system. Ecoutez les voix, les silences, la Complainte du parc de Monrepos. Humoriste radical, Aki Kaurismäki n'est ni un rêveur ni un utopiste. Il sait ce qu'il faut faire, et qui est extrêmement concret, simple, à portée de quotidien. Il le fait lui-même, dans sa manière de filmer.
Il faut écouter, regarder, respecter les autres. Il faut rendre du temps à l'espace et de l'espace au temps. Il faut parier sur le possible quand la fatalité, le cynisme et l'ennui avide ou conformiste prétendent avoir sans retour fixé les règles du jeu (...)
Kaurismäki exprime très simplement le refus radical de cet abandon-là. Encore faut-il mettre en oeuvre cet "être au monde" et ce refus. Ce passage-là, qui est celui même de l'art, reste heureusement un mystère. Mettre en oeuvre, inventer la forme, il semble à nouveau en regardant son film, un des plus beaux que le cinéaste ait réalisés avec La Fille aux allumettes et Au loin s'en vont les nuages, que cela aille de soi. Ce n'est pas vrai (...) Il n'y a pas d'autre cinéaste comme Aki Kaurismäki. Personne ne sait faire ça à l'écran – peut-être, si on cherche un équivalent dans d'autres arts, éprouvera-t-on une proximité avec l'oeuvre picturale de Paul Klee, son apparente extrême simplicité, ce qu'elle emprunte à l'enfance et aux matériaux bruts, son intelligence affûtée, son extrême délicatesse..."

Jean-Michel Frodon, Le Monde
 
" La fraîcheur de regard, la présomption de bonté chez chacun et en toute circonstance seront sa chance. Comme elles restent la marque de Kaurismäki, qui a le don de réenchanter les visages les plus fermés, les arrière-cours les plus sinistres.
La reconstruction miraculeuse de l'amnésique parmi les pauvres de Helsinki est ainsi un parcours burlesque, évoquant à la fois Chaplin et Tati, le premier pour la chaleur et la ruse, le second pour le sens du détail absurde, les cadrages qui tuent et la confiance dans l'humain malgré la froideur du système. « Combien je te dois ? » demande l'homme sans passé au pêcheur inconnu qui lui a spontanément payé un coup. Réponse : « Si je tombe dans le caniveau, ramasse-moi. »

Louis Guichard, Télérama
 
" Comme son héros a perdu la mémoire, se retrouve dans un bidonville et se réinvente une vie où ne subsiste que l'essentiel (la compagnie d'un chien et l'amour d'une femme), Aki Kaurismäki a, depuis vingt ans, peu à peu oublié ses références cinématographiques pour créer son propre monde. Certains retrouveront le terrain familier de Tati, d'Ozu et de quelques autres grands cinéastes humanistes, mais pour Kaurismäki, il n'y a dans ce monde d'autre sens que celui qu'on lui accorde : il est donc décidé que ce sera le sens du rythme. Quelque chose comme un rock finlandais qui se déroulerait au rythme lancinant d'un tango nimbé d'alcool. Tout y a l'air évident, et l'on s'y sent plus léger.
Si l'on n'utilisait pas le mot à tort et à travers, il faudrait qualifier L'Homme sans passé du seul adjectif qui lui convienne vraiment : bouleversant. L'envers y devient l'endroit, la pauvreté une richesse, la déchéance une chance et la solitude l'avant-garde de l'amour."


Philippe Piazzo, Aden

L' Homme sans passé
[ Mies vailla menneisyyttä ]
De Aki Kaurismäki
Finlande, Allemagne, France
2001
01h37 min


(€ 4.99)
VOST
Format WMV + DRM
Taille : 1.13 Go
 




 
Acteurs
Nieminen : Juhani Niemelä
Irma : Kati Outinen
M : Markku Peltola
Anttila : Sakari Kuosmanen
l'employée de banque : Outi Mäenpää
l'auteur du hold-up : Esko Nikkari
Kaisa Nieminen : Kaija Pakarinen
l'employée des chantiers navals : Elina Salo
la propriétaire du café : Anneli Sauli
l'ex-femme de M : Aino Seppo
le policier de la police judiciaire : Pertti Sveholm
la directrice de l'Armée du Salut : Annikki Tähti

Fiche technique
Réalisation : Aki Kaurismäki
Scénario : Aki Kaurismäki
Direction de la photographie : Timo Salminen
Son : Jouko Lumme, Tero Malmberg
Décors : Markku Pätilä, Jukka Salmi
Costumes : Outi Harjupatana
Montage : Timo Linnasalo

Date de sortie en France : 06/11/2002


 
Festival de Cannes - 2002:
- Meilleure actrice (Kati Outinen)
- Grand prix du Jury
- Prix du Jury oecuménique

 



 
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