"L'Homme sans passé est un formidable pied de nez à une époque où l'on promeut pour seules aspirations la richesse et la gloire."
Stéphane Goudet, Positif
"Film profondément généreux, L'Homme sans passé poursuit le chemin amorcé avec Au loin s'en vont les nuages et s'attache à réparer les êtres humains de la même façon que M répare les dettes d'un braqueur d'occasion. Il y réussit avec une lumineuse simplicité."
Sophie Grassin, Première
" Étrange et magique élixir que celui, a priori pourtant bien peu
suave de ce film hors normes, qui s'immisce comme insidieusement dans
notre coeur blindé et s'y love pour longtemps."
Annie Coppermann, Les Echos
" Regardez ces deux enfants penchés
avec un arrosoir devant une cuve de
métal sombre, regardez ces soudeurs
devant un immense navire, ou la route qui
mène au bidonville devant la mer, dont les
habitants ont recueilli l'homme sans passé.
Regardez le visage de Kati Outinen, cette
splendeur de star avec aucun des attributs
calibrés par le star system. Ecoutez les
voix, les silences, la Complainte du parc de
Monrepos.
Humoriste radical, Aki Kaurismäki n'est ni
un rêveur ni un utopiste. Il sait ce qu'il faut
faire, et qui est extrêmement concret,
simple, à portée de quotidien. Il le fait lui-même,
dans sa manière de filmer.
Il faut
écouter, regarder, respecter les autres. Il
faut rendre du temps à l'espace et de l'espace
au temps. Il faut parier sur le possible
quand la fatalité, le cynisme et l'ennui
avide ou conformiste prétendent avoir sans
retour fixé les règles du jeu (...)
Kaurismäki exprime très simplement le
refus radical de cet abandon-là. Encore
faut-il mettre en oeuvre cet "être au monde"
et ce refus. Ce passage-là, qui est celui
même de l'art, reste heureusement un mystère.
Mettre en oeuvre, inventer la forme, il
semble à nouveau en regardant son film, un
des plus beaux que le cinéaste ait réalisés
avec
La Fille aux allumettes et
Au loin
s'en vont les nuages, que cela aille de
soi. Ce n'est pas vrai (...) Il n'y a pas d'autre cinéaste comme
Aki Kaurismäki. Personne ne sait faire ça à
l'écran – peut-être, si on cherche un équivalent
dans d'autres arts, éprouvera-t-on
une proximité avec l'oeuvre picturale de
Paul Klee, son apparente extrême simplicité,
ce qu'elle emprunte à l'enfance et aux
matériaux bruts, son intelligence affûtée,
son extrême délicatesse..."
Jean-Michel Frodon, Le Monde
" La fraîcheur de regard, la présomption de bonté chez chacun et en toute circonstance seront sa chance. Comme elles restent la marque de Kaurismäki, qui a le don de réenchanter les visages les plus fermés, les arrière-cours les plus sinistres.
La reconstruction miraculeuse de l'amnésique parmi les pauvres de Helsinki est ainsi un parcours burlesque, évoquant à la fois Chaplin et Tati, le premier pour la chaleur et la ruse, le second pour le sens du détail absurde, les cadrages qui tuent et la confiance dans l'humain malgré la froideur du système. « Combien je te dois ? » demande l'homme sans passé au pêcheur inconnu qui lui a spontanément payé un coup. Réponse : « Si je tombe dans le caniveau, ramasse-moi. »
Louis Guichard, Télérama
" Comme son héros a perdu la mémoire, se retrouve dans un bidonville et se réinvente une vie où ne subsiste que l'essentiel (la compagnie d'un chien et l'amour d'une femme), Aki Kaurismäki a, depuis vingt ans, peu à peu oublié ses références cinématographiques pour créer son propre monde. Certains retrouveront le terrain familier de Tati, d'Ozu et de quelques autres grands cinéastes humanistes, mais pour Kaurismäki, il n'y a dans ce monde d'autre sens que celui qu'on lui accorde : il est donc décidé que ce sera le sens du rythme. Quelque chose comme un rock finlandais qui se déroulerait au rythme lancinant d'un tango nimbé d'alcool. Tout y a l'air évident, et l'on s'y sent plus léger.
Si l'on n'utilisait pas le mot à tort et à travers, il faudrait qualifier
L'Homme sans passé du seul adjectif qui lui convienne vraiment : bouleversant. L'envers y devient l'endroit, la pauvreté une richesse, la déchéance une chance et la solitude l'avant-garde de l'amour."
Philippe Piazzo, Aden