" C'est fort, intense, passionnant. Avec une Isild Le Besco (prix de
la meilleure jeune actrice à la Mostra de Venise 2006) magnifique, sur
le fil du rasoir."
Brigitte Baudin, Le Figaroscope
"Benoît Jacquot, cinéaste subtil et spirituel. Il nous livre ici un
portrait de jeune fille comme il en a le secret (on l'a vu avec La
Désenchantée, La Fille seule, A tout de suite), et l'un de ses films
les plus envoûtants. Jeanne, il est vrai, est une envoûtée : l'Inde
coule dans ses veines, et à Paris, où elle rentre faire son métier
d'actrice, elle n'est plus qu'en transit. Sa présence-absence est
subtilement traduite par la mise en scène, qui joue sur la coupe
franche des plans pour dire la rupture nécessaire, l'arrachement
imminent, mais aussi la cassure intérieure de Jeanne, qui se découvre
coupée en deux, faite d'ici et d'ailleurs.
Avec générosité, et
aussi par la force d'un dépouillement qui va à l'essentiel, Benoît
Jacquot ouvre son film à un mouvement qui englobe l'être et le monde.
Il réussit l'alliance de la fiction et d'une vérité documentaire qui
porte aussi bien sur un pays, l'Inde vue à travers des images neuves,
que sur une personne, l'actrice Isild Le Besco, qui semble se livrer à
travers son personnage. L'Intouchable raconte en tout cas un échange,
un passage. Et nous embarque loin, au-dehors comme au-dedans."
Frédéric Strauss, Télérama
"En se lançant à la recherche de son père, Jeanne cherche à s'inscrire dans une filiation, à rattacher son corps à d'autres, à créer du lien. Mais, arrivée au bout de son errance, elle prend surtout conscience de sa condition, désespérément unique dans la foule de New Delhi : là où on s'imagine que Jacquot va jouer la carte de l'immersion et de l'anonymat, il place sa caméra derrière l'actrice, faisant converger tous les regards sur elle.
"Intouchable", l'actrice Jeanne-Isild l'est au même titre que toute une frange (la plus pauvre) de la population indienne reléguée en marge de la société, qu'on appelle aussi "les enfants de Dieu". Derrière ce formidable portrait d'actrice, on entend aussi le dialogue chuchoté - initié par les couples Rossellini/Bergman ou Godard/Karina - entre un metteur en scène et sa muse..."
Emily Barnett, Les Inrockuptibles
" Filmer l'aura et le corps d'une jeune actrice en transformation à
la manière d'un suspense: tel est le pari du cinéaste amoureux."
Anne Diatkine, Elle