La Saveur de la pastèque {Tian bian yi duo yun}

Réalisation

Taïwan - 2004 - 1h55min - Passion 

Pitch

La sécheresse est telle à Taïwan que la population est invitée à remplacer l'eau par le jus de pastèque. Elle, c'est en volant l'eau des toilettes publiques qu'elle subsiste. Lui, c'est en montant sur les toits, la nuit tombée, qu'il tente de se rafraîchir en se baignant dans les citernes d'eau de pluie. Solitaires, assoiffés, épuisés par la chaleur et le désir, ils se retrouvent pour mieux se perdre dans l'excitation torride et la saveur de la pastèque. Trois prix au festival de Berlin 2005, dont celui de la meilleure contribution artistique

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Acteurs :

Equipe du film :

Dates :

Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Chinois

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Ils en parlent

  • Le Monde

    Le Monde

    " Aimez-vous les cocktails explosifs ? De ceux qui font de la langueur le secret de leur saveur, de la provocation la réussite de leur solution ? Si oui, vous trouverez dans le septième long métrage du Taïwanais Tsai Ming-liang, La Saveur de la pastèque, un jus de derrière les roseaux, extrait d'une cascade de mélanges improbables : sexe et comique, grotesque et mélancolie, comédie musicale et pornographie, science-fiction et burlesque, allégorie politique et composition poétique. Quelque chose qui ne peut se comparer à pas grand-chose, qui tient à la fois de l'imaginaire du plus irréductible des cinéastes taïwanais et du lointain mais fraternel hommage à un des plus beaux films de chez nous : La Maman et la Putain, de Jean Eustache.

    A la logorrhée de l'un, qui prétendait dans l'après-Mai que la fête était non seulement finie mais qu'elle n'avait peut-être jamais commencé, répond le laconisme de l'autre, qui en déduit qu'il n'y aucune raison de finir une fête qui n'a pas commencé. A trente ans de distance, d'un libertinage et d'un maniérisme l'autre, les deux films fleurissent sur le même bitume de mélancolie rieuse, hurlant en sourdine cette même question : pourquoi y a-t-il si loin de l'homme à lui-même ! Voici donc l'histoire d'une impossible triangulation entre un garçon et deux filles. Le garçon, c'est l'acteur Lee Kang-sheng, jeune dandy catatonique promu par Tsai Ming-liang héros sensuel de tous ses films, mais aussi bien projection lunaire de lui-même, chauffée à blanc sous les sunlights. (...)

    Heureusement qu'il y a la télévision, qui nous informe sur cette soudaine inflation de pastèques : Taïwan est en proie à une sécheresse exceptionnelle, et les autorités préconisent à la population leur dégustation pour pallier la pénurie d'eau. Après cela, on n'a plus assez de place pour raconter dans le détail les mille fantaisies, arguties et avanies de cet incessant départ pour nulle part, de cet univers organique qui discourt moins qu'il n'absorbe, ingère et exsude, de ce manège baroque qui tourne sur lui-même dans la moiteur taïwanaise. Disons qu'il y aura d'époustouflants intermèdes musicaux chorégraphiés sur des chansons populaires du temps passé, de croustillantes réminiscences woodyalleniennes (une jolie fille qui combat des homards avec son amoureux, un avorton déguisé en phallus géant qui danse le mambo...), des gags si tristes qu'ils en deviennent étrangement beaux, des fulgurances poétiques obtenues en quelques changements de cadre, un sens de l'espace et de l'absurde aiguisé comme un couteau chinois.

    (...) c'est ici tout le génie d'un cinéaste ramassé en une scène, qui nous parle simultanément de la situation d'une île dont l'identité vacille à l'ombre de deux géants politiques, de la marche d'un monde qui réduit les corps et les âmes à l'état de marchandises, et de la nature profondément clivée, pour tout dire insulaire, du désir humain."

    Jacques Mandelbaum, Le Monde
  • Les Inrockuptibles

    Les Inrockuptibles

    "A l'aide de plans fixes épuisés et d'un talent certain à créer la surprise - on défie quiconque d'imaginer le plan qui va succéder à celui qui est projeté - , il nous invite au fou-rire et à le suivre dans son délire dépressif avec une délectation aussi rafraîchissante que communicative."

    Jean-Baptiste Morain, Les Inrockuptibles
  • avoir-alire.com

    avoir-alire.com

    "Le cinéaste continue de surprendre et d'édifier des films mirifiques qui ressemblent à toutes ces choses étranges et indéfinissables qui circulent dans nos têtes, qu'on pense uniques et qui en réalité traduisent un même besoin universel. Superbe."

    Romain Le Vern, avoir-alire.com
  • Première

    Première

    "Si Tsai Ming-Liang creuse une fois de plus le sillon de la solitude et de l'aliénation urbaine, il le fait avec une puissance et une précision qu'il n'avait encore jamais atteintes."

    Gérard Delorme, Première

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La Saveur de la pastèque

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  • tanguys au sujet de : Tabou

      6/10

    dommage... c’est en 4:3 et non en 16:9...