Tempo de la vengeance
Musicien de formation, Denis Dercourt a organisé son thriller "La Tourneuse de pages" comme une partition où les instruments sont autant les deux comédiennes qui s'affrontent que les morceaux classiques, reflets de leurs sentiments brûlants. Un univers sonore renforcé par le jeu des regards, des corps et des couleurs mis en place par le cinéaste.
Ligne pure pour personnages complexes
Denis Dercourt explique son intérêt pour le classicisme. Sa mise en scène ne veut pas laisser cours à l'improvisation, dit-il, mais il reconnaît au film le droit de l'emmener là où il n'avait pas prévu. Il "se laisse guider", notamment par les acteurs, dont le choix est, à ses yeux, fondamental. Dans "La Tourneuse de pages", ce sont eux qui expriment, au-delà des dialogues, par leur présence, certaines zones d'incertitude.
"... sens pictural du cadrage, des couleurs, et du détail, manifeste dans le portrait minutieux du couple interdit. Déborah François, assez hitchcockienne, et Catherine Frot, qui a rarement été filmée aussi bien, sauf par Pascal Thomas, sont très belles. Et pour filer la métaphore musicale, elles s’accordent à merveille."
Jacques Morice, Télérama
" ... cette histoire de névroses et de séduction fonctionne sur son
climat, évoquant parfois l'univers de Chabrol (sans l'ironie) et
instaurant un suspense étonnamment efficace."
Marie Sauvion, Le Parisien
" La réussite réside principalement dans la manière dont le cinéaste
parvient à sublimer la dimension ténue de sa trame par sa mise en
scène, toute en épure et en implosion alternées."
Michel Cieutat, Positif