La Vie de bohème
Réalisation
Acteurs
Avec André Wilms, Evelyne Didi, Matti Pellonpää, Jean-Pierre Léaud, Christine Murillo, Louis Malle, Samuel FullerPitch
Voir la fiche technique
Acteurs :
- : Marcel
- : Mimi
- : Rodolfo
- : Blancheron
- : Musette
- : Un homme
- : Gassot
Equipe du film :
- : Serge Reggiani
- : Aki Kaurismäki
- : Veikko Aaltonen
- : Simon Murray
- : Jouko Lumme
- : John Ebden
- : Aki Kaurismäki
- : Timo Salminen
- : Henry Murger
- : France 2 Cinéma
- : Pyramide Distribution
- : Pyramide Distribution
Dates :
- : 26/02/1992
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Français
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-
La Revue du cinéma
"J'avais auparavant détruit les chefs-d'œuvre de Dostoïevski et de Shakespeare d'une manière grossière et j'ai pensé que de toute façon on ne me pardonnerait pas." (1)
Aki Kaurismäki n'a qu'à moitié tort : dès les premières images, on est prêt à tout lui pardonner mais on se demande avec une pointe d'inquiétude comment il va se tirer du piège qu'il s'est lui-même tendu. D'abord sur le principe : si estimables puissent demeurer les "Scènes de la vie de Bohème", le monde d'Henri Murger est d'un autre-temps-autres-mœurs (...)
Là où Murger laissait entrouverte une fenêtre en faisant de ses protagonistes des jeunes gens avec un capital d'espoir, Kaurismäki opte pour des individus d'âge mûr, définitivement ratés, réduits à des combines et proches de la clochardisation.
Monde marginal conforme à ceux de ses précédents films, tout comme ces lieux dont la pauvreté accentuée de volontaire platitude se referme sur leurs occupants en des cadrages serrés. Clôture que confirment les séquences uniformément fermées par des fondus au noir.
Pourtant ce n'est pas le pessimisme qu'engendre le film, même au-delà des rires qui en scandent régulièrement la projection. Parce que, à ce monde désespéré, à son habituelle dérision, Kaurismäki oppose, discrètement mais fermement, une certaine tendresse moins coutumière chez lui. Ce que l'on peut déjà noter dans l'usage des clichés. Ceux de Murger, du cinéma et plus généralement de toute une tradition française : chants d'oiseaux, chansons réalistes, anthropomorphisme des saisons, fleurs offertes, amours données amours reprises, etc. Il les traite certes avec son habituel humour/amour de la dérision, mais en même temps il les affirme indispensables à notre équilibre et les sauve du ridicule par leur fonction dans la communication, surtout affective.
La fin du film est très révélatrice de cette démarche. Mais il est vrai qu'à ce moment Kaurismäki a renoncé à la dérision (...) On s'aperçoit alors que, loin du "crime impardonnable d'adapter cette œuvre" qu'il revendique, Aki Kaurismäki signe, en un habile contrepoint, une excelllente transposition cinématographique de l'œuvre de Murger en même temps qu'un de ses meilleurs films et à coup sûr son plus rigoureux.(1) In Dossier de presse du film. Les deux "destructions" sont évidemment Crime et châtiment (1983) et Hamlet goes business (1987).










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