Films

Le Domaine perdu

Réalisation

De Raoul Ruiz - Chili, France - 2004 - 1h46min

Pitch

Entre le Chili et l'Europe, un pilote et son jeune apprenti se croisent tout au long du 20e siècle. Un lien secret semble les réunir : un livre ! Maître des songes sur pellicule et du temps retrouvé, le plus parisien des cinéastes chiliens, Raoul Ruiz, se plait à raconter une nouvelle histoire à dormir debout pour mieux s'envoler sur les ailes des avions.

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Acteurs :

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Dates :

Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Anglais

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  • Libération

    Libération

    " Le titre de ce 85e film est à tomber... A le lire, on imagine un Horizon perdu (ce Capra étrange) revisité depuis un pays lointain, croisant le fer avec le Saint-Exupéry de Vol de nuit et l'Alain-Fournier du Grand Meaulnes. Ou pourquoi pas Tintin retenu dans Moulinsart ? Ruiz, vieux sorcier des temps, envisage ce Domaine perdu comme un hommage à la série B, à Tourneur, Dwan. Et le film, qui commence extraordinairement, sur trois plans d'un rafiot rouillé, dernière histoire d'un pays bientôt sans histoire, semble bien parti pour faire les poches du passé.

    On y croise effectivement le Chili en 1973, Londres durant la Seconde Guerre mondiale, et le Chili encore, mais en 1932 (...- Le film joue des chausse-trappes du temps et piège le spectateur en sautant d'un nuage l'autre. Le «domaine perdu» n'est pas celui du champ/contrechamp (quasi absent), mais le royaume du travelling majestueux organisant le syncrétisme des temps..."

    Philippe Azoury, Libération
  • Télérama

    Télérama

    " Derrière l'aventure humaine de ces deux hommes aux destins croisés, une trame littéraire : cet Antoine, que plus d'un signe associe à Saint-Exupéry, se dit l'inspirateur du Grand Meaulnes. Quant à Max, Petit Prince incarné, il poursuit la course romanesque de son héros qu'on ne voit jamais héroïque, « chasseur de trésor » à peu près bredouille. Mais ce « peu »-là n'est-il pas l'essentiel ? Ce domaine perdu, ce temps retrouvé sont, comme souvent chez Ruiz, ceux de l'enfance et des contes infiniment emboîtés."

    François Gorin, Télérama
  • Le Monde

    Le Monde

    " Les petits princes abondent dans le cinéma de Raoul Ruiz, Peter Pan vampires régnant sur une île maudite (La Ville des pirates) ou gamins traversant le miroir pour vivre d'homériques métamorphoses (Les Destins de Manoel). Il n'est donc pas étonnant de retrouver un jeune garçon dans Le Domaine perdu, enfant porté à scruter le bleu du ciel pour se raconter des histoires, et d'ailleurs le cinéma de Raoul Ruiz est un théâtre d'illusions baroque et fantastique où il ne faut s'étonner de rien. Facétieux magicien, ce cinéaste d'origine chilienne est l'auteur de cette expression lancée comme un pied de nez au "Tout travelling est affaire de morale" de Jean-Luc Godard : "Tout travelling est affaire de mélancolie." Outre un goût effréné de la pitrerie, il faut y voir l'éternelle tentation d'un exilé de revisiter les sites embaumés de son pays (...)

    Reflet du Chili de l'enfance de Raoul Ruiz, le "domaine perdu" est aussi un hommage au Grand Meaulnes, dont Max, le héros, a fait son livre de chevet, et dont Antoine, l'aviateur, prétend qu'il raconte sa propre vie. Sur le thème de la disparition et du revenant, Ruiz s'offre un mirage qui n'est autre que le bal masqué du roman d'Alain Fournier, où Antoine joue le rôle du fiancé fantôme d'Yvonne de Galais, séquence proustienne qui nous rappelle que le cinéaste adapta Le Temps retrouvé.

    Deux autres références littéraires hantent le film. Francisco Coloane, patriarche des lettres chiliennes, ami de Pablo Neruda, qui multiplia les récits de navigation de la Terre de Feu à l'Antarctique, mis en scène pirates, chercheurs d'or et chasseurs de phoques, et dont l'oeuvre était traversée par la quête d'un père susceptible de remplacer le sien, perdu alors qu'il avait 7 ans. Et Saint-Exupéry, symbole du pilote à la conquête d'un royaume interdit, auteur de Vol de nuit, où l'aventurier des airs affronte le ciel de l'Amérique du Sud.

    L'adhésion que l'on peut ressentir à l'égard de ce film où Raoul Ruiz, comme toujours, fait preuve d'une virtuosité filmique et d'un indéniable sens esthétique, dépend sans doute du degré de connivence avec ces livres, mythiques pour certains. Ceux que les mondes d'Alain Fournier et de Saint-Exupéry laissent de marbre pourront être déphasés par ce conte en hélices. Ils pourront être sensibles au non-sens dont Ruiz fait un usage discrètement poignant, à l'image de cette Yvonne du bal des fantômes dont les mots s'emballent et qui confesse : "Je ris parce que je suis sérieuse."
    Jean-Luc Douin, Le Monde

Vous en parlez

A propos de

  • Raoul Ruiz

    Il aimait les fantômes, les livres, les appareils d'optique, la magie, la météo, les fables, la série B... Il faisait des films en "mélangeant les mondes"...

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Le Domaine perdu

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7/10  (2)

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  • elPoto au sujet de : 4 mois, 3 semaines et 2 jours

      5/10

    Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.