Films

Le Fils

Réalisation

De Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne - Belgique - 2002 - 1h43min

Acteurs

Avec Morgan Marinne, Olivier Gourmet, Kevin Leroy, Isabella Soupart, Annette Closset, Nassim Hassaïni, Félicien Pitsaer, Jimmy Deloof, Fabian Marnette, Rémy Renaud

Pitch

Olivier est formateur en menuiserie dans un centre de réinsertion sociale. Un jour, il refuse d'accueillir Francis, prétextant qu'il a déjà trop d'apprentis et l'adolescent est placé dans l'atelier de soudure. Pourquoi Olivier se met-il alors à le suivre partout ? Pourquoi est-il ainsi attiré par lui ? Et pourquoi semble-t-il le craindre à ce point ? Les frères Dardenne filment un dilemme psychologique à travers un duel de corps silencieux impressionnant. Prix d'interprétation à Cannes en 2002 pour Olivier Gourmet.

Voir la fiche technique

Acteurs :

  • : Francis
  • : Olivier
  • : Raoul
  • : Magali
  • : la directrice du centre
  • : Omar
  • : Steve
  • : Dany
  • : Rino
  • : Philippo

Equipe du film :

  • : Jean-Pierre Dardenne
  • : Jean-Pierre Duret
  • : Jean-Pierre Dardenne
  • : Marie-Hélène Dozo
  • : Igor Gabriel
  • : Alain Marcoen
  • : Benoît Dervaux
  • : Luc Dardenne
  • : Luc Dardenne
  • : Monic Parelle
  • : Thomas Gauder
  • : Les Films du Fleuve
  • : Archipel 35
  • : RTBF - Radio Télévision Belge Francophone

Dates :

  • : 23/10/2002

Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Français

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  • Télérama

    Télérama

    " Le comportement d'Olivier est marqué par d'infimes déviances, d'une magie cinématographique infinie. Tout passe par les sensations, chez ce manuel à la vue basse. Seules ses mains travaillent. Elles effleurent le bois, le crépi, le carrelage. Lentement, Olivier comprend que certaines matières absorbent la lumière, que d'autres la renvoient. Lui, le reclus, imperméable aux autres, découvre qu'on peut recevoir et donner. Pour un peu, il aurait envie d'enfanter. Chaque soir, en rentrant chez lui, il se couche sur le sol, les jambes en l'air, calées sur une chaise, comme une parturiente. Il donne naissance à lui-même.

    Le Fils raconte la venue au monde d'un nouvel homme, transformé par son chemin de croix. L'expression n'est pas choisie par hasard. Il y a quelque chose de christique dans le parcours d'Olivier, sauvé par le pardon. Loin des Dardenne l'idée de réaliser un panneau de catéchisme sur papier Canson. Ils décrivent juste le beau mouvement de quelqu'un qui avance. L'histoire d'un sac de copeaux laminés qui se reconstituent pour devenir arbre."

    Marine Landrot, Télérama
  • Le Monde

    Le Monde

    "Avec Le Fils, on voit mieux combien Jean-Pierre et Luc Dardenne sont proches de l'univers de Bernanos, mais d'un Bernanos sans Dieu (même si c'est le fils du charpentier qui a été tué) : moins des cinéastes sociaux que des humanistes fascinés par les questions éthiques radicalisées jusqu'aux limites de l'irrationnel.(...) Les réalisateurs emploient des outils (métaphores, caméra portée, cadrage étouffant) un peu trop systématiques, un peu trop explicites. Ils disposent heureusement de deux jokers : leurs acteurs. Découvert en mauvais père dans La Promesse, Olivier Gourmet, passé cette fois du bon côté de la barricade morale, n'a jamais été aussi sobre, n'a jamais été aussi bon. Face à lui, le jeune Morgan Marinne est tout aussi impressionnant de présence opaque, de pulsions contenues, de terreurs obtuses."

    Jean-Michel Frodon, Le Monde
  • 24 images

    24 images

    " Après l’avoir imposé à l’écran avec La promesse (1996), puis ramené dans Rosetta (1999), les frères Dardennne retrouvent avec bonheur Olivier Gourmet, leur acteur fétiche au jeu bressonien, sur les épaules de qui repose largement la réussite totale de ce film à nul autre pareil, Le fils, qui a mérité le prix d’interprétation. Avec son corps massif et son regard perdu derrière d’épaisses lunettes, l’acteur est déjà en soi à la fois énigmatique et inquiétant. Mais, au contraire du père incompétent et du salaud qu’il est dans La promesse, son personnage d’Olivier se révèle ici tragiquement humain au terme d’une rencontre bouleversante avec Francis, un jeune apprenti qu’il a finalement accepté de prendre dans l’atelier de menuiserie qu’il supervise.

    Le culot et la force du film sont de nous placer dès le début au plus près d’Olivier qui se met à suivre de façon fébrile, mais sans être vu, les faits et gestes de Francis, au point de s’introduire plus tard dans son appartement et de s’allonger dans son lit. De quelle attirance trouble s’agit-il, alors qu’il semble aussi le craindre ? Tiraillés par des sentiments contradictoires, nous en arrivons à redouter le pire de cette relation. Le filmage nerveux en plan serré, au ras de la nuque d’Olivier (avec la nouvelle caméra A-Minima d’Aäton tenue à bout de bras), nous communique le point de vue de celui qui traque sa proie, mesurant la distance qui l’en sépare, évaluant sa résistance. Mais, dès lors qu’Olivier accepte de prendre sous son aile l’adolescent, le jeu de cache-cache se mue en un corps à corps centré sur l’apprentissage des règles du métier, mettant en relation deux êtres humains qui sont à l’évidence à la fois fragiles et forts, et qui cherchent à s’apprivoiser par des regards, des mots, des gestes qui semblent lourds de signification. Ce filmage oppressant est une invitation pour le spectateur à se mettre à la place d’Olivier pour mieux comprendre ultimement son déchirement intérieur (...) puis, nous obligeant (au bout de quarante minutes), par une révélation, à réévaluer le comportement bizarre d’Olivier, à mesurer la solitude, le conflit et le débat moral qui l’assaillent, dévoilant alors ce qu’il est allé chercher dans la chambre et jusque dans le lit de l’adolescent.Loin d’appuyer ses effets et de s’enliser dans l’ornière du psychologisme ou de quelque pardon charismatique, ce film âpre et brut se contente de mettre à nu la douloureuse filiation qui s’insinue entre eux (...)

    Du coup, il est évident que les gestes de l’apprentissage du métier ne sont pas ici accessoires, comme c’est le cas dans la plupart des films de la production courante, mais qu’ils sont consubstantiels au sujet même où il s’agit de mettre en perspective, de façonner, d’aménager les paramètres et le territoire de la future relation des protagonistes.

    Fidèles à leurs habitudes, les frères Dardenne ont fait appel à un non-professionnel pour interpréter le rôle de Francis, à peine sorti de la maison d’enfermement où il payé sa dette pendant cinq ans. Morgan Marinne est parfait d’authenticité dans sa façon méfiante et renfermée d’apprivoiser sa nouvelle vie en liberté surveillée et les gens qui l’entourent, à commencer par ce contremaître qui l’attire et lui fait peur. Il l’est surtout quand, déstabilisé après lui avoir avoué son crime et son remords, comme pour mieux s’en rapprocher, il apprend à son tour la véritable identité de celui-ci et réalise, au cours d’une séquence terrifiante où tout peut basculer, dans quel engrenage il a mis le doigt. Le filmage depuis le point de vue inquiétant d’Olivier qui est constamment derrière l’adolescent, confère une force inouïe à cette séquence déterminante du dernier corps à corps, dans un enclos de bois désert."

    Gilles Marsolais, 24 images

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9/10

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