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De Michel Drach. France - 1974
Pendant dix ans, Michel Drach a cherché à réaliser un film sur son enfance. Sur ces instants où il se découvre différent : juif, et obligé de quitter sa vie parisienne, fuyant à l'autre bout de la France puis à l'étranger pour échapper à la persécution nazie. Mais aucun producteur ne veut de ce film-là. Le cinéaste s'obstine. Et ses images autobiographiques surgissent dans son présent. Ainsi nait "Les Violons du Bal", un film mélangé, où l'acte de création est dévoilé en même temps que son accomplissement. Drach se filme alors, inclut sa vérité dans la fiction, avec toute sa famille et offre à son épouse, l'actrice Marie-José Nat, un grand rôle qui lui valut le Prix d'interprétation au Festival de Cannes 1974.
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Michel Drach : "Aucune chapelle ne m'a jamais soutenu..."

Tour d'horizon de la carrière d'un inclassable. Michel Drach débute au temps de la Nouvelle Vague mais n'appartient à aucun courant. Des films romantiques, des films très politiques qui font scandale, des films à la mélancolie très personnelle... Michel Drach était un honnête homme qui n'avait envie que d'exercer son métier honnêtement. Voici de larges extraits d'un entretien avec Monique Hennebelle paru dans la revue "Image et Son" en 1974, avant qu'il ne s'attaque de front à la peine de mort avec "Le Pull over rouge". Il évoque ici tous ses films sans langue de bois, notamment "On n'enterre pas le dimanche", "Amélie ou le temps d'aimer", "Elise ou la vraie vie", "Les Violons du bal" et "Parlez-moi d'amour", tous visibles en exclusivité sur Universciné.
 

Michel Drach, cv express

Ce fut comme une évidence. Cousin de Jean-Pierre Melville, Michel Drach n'a pas 17 ans qu'il est déja stagiaire sur le tournage du "Silence de la mer", puis, abandonnant ses études aux Beaux-Arts, il deviendra dans la foulée l'assistant du réalisateur - avec Claude Pinoteau - sur "Les enfants terribles". Mais Michel Drach va rapidement voler de ses propres ailes et son premier long métrage, "On n'enterre pas le dimanche" est récompensé par le Prix Louis Delluc. Il a 30 ans...

" Le scénario de Michel Drach a préparé un film sur la différence - sur ce qui nourrit, provoque chez les autres (ceux qui sont "comme tout le monde") l'indifférence justement, puis l'hostilité, et la haine. Juif, auteur sans compromission, résistant ou contestataire, ce sont des reflets divers pour un même problème -et cela pourrait, dans Les Violons du bal, être schématique.

Or, ce film inventif, qui traite le passage du noir et blanc à la couleur avec une maîtrise et un sens merveilleux du langage visuel comme jamais on ne l'a vu jusqu'à présent; ce film dont le montage exclut l'artifice mais joue sur l'humour -pas une seule fois les scènes dramatiques ne sont exploitées au niveau du spectaculaire; dont certaines séquences ont la valeur plastique des grandes oeuvres et une simplicité exemplaire : le gosse dans les champs, et qu'alors l'enfance nous apparaît comme un code qui déchiffrera l'avenir, ou la prise de vues si belle du défilé de haute couture devant les officiers nazis... - eh bien ce film est une oeuvre d'auteur, pleinement , un auteur qu'on avait vu naître, il y a déjà bien longtemps, avec un titre que la mémoire a gardé : On n'enterre pas le dimanche.

Une oeuvre riche, Les Violons du bal déborde le simple rapport au passé personnel et met en évidence cette dépossession du temps que nous subissons, et dont les intermittences de la mémoire (voire celles du coeur...) et la mort des objets sont les témoignages les plus immédiatement perceptibles.

Une mise en question du passé qui efface le temps, et nous met, brutalement, aujourd'hui, face à nous mêmes, face aux pouvoirs de l'argent (...) Film original dont le charme, l'ironie, la gravité, sont tellement rares dans le domaine du cinéma français -et dont les interprètes ont la présence des meilleurs acteurs des grands Renoir, Becker et Carné -ce n'est pas un hasard s'il s'agit de films de la fin des années trente.

L'instituteur de Vichy écrit sur le tableau noir : " Le régiment passe. A quoi pensez-vous ?" Le temps que Drach nous fait remonter donne beaucoup à penser. Parce que Les Violons du bal est véritablement un film d'auteur. Nous en avons si peu qu'on a le droit d'être surpris. J'admire et l'entêtement et la réussite."



Claude-Michel Cluny, Cinéma
 

" On a beaucoup vanté le film de Michel Drach, Les Violons du bal, la "merveilleuse Marie-José Nat", l’émotion que suscitent les malheurs d’une famille juive et le coup d’audace qui fait des difficultés à réaliser le film le thème second du film.
Et, en effet, le film est très émouvant. Pour quelqu’un de ma génération, il fait revivre des souvenirs endormis. Beaucoup de gens pleuraient à la séance. Je repensais, moi, à cette fille qui enseignait le latin dans un pensionnat catholique et qu’un signe de croix fait à l’envers fit reconnaître comme juive, et chasser ; à cette famille arrêtée à Toulouse dans un hôtel qui abritait les juifs rescapés de la zone occupée, parce qu’elle n’avait pu se résigner à temps à se séparer. Mais ces souvenirs personnels n’ont pas grand chose à faire avec le film de Michel Drach dont la qualité est justement liée à toutes les scènes non-dramatiques.
Le meilleur, ce sont les fragments d’enfance, les moments vécus à l’écoute, la complicité du petit garçon avec sa mère, les petits ridicules d’une famille riche. L’absence de drame est due à la double inconscience, de l’enfant dont Drach retrouve le vécu, et de la famille qui ne découvre le malheur collectif que lorsqu’elle est frappée."



Andrée Tournès, Jeune cinéma

Les Violons du bal
De Michel Drach
France
1973
01h40 min


(€ 4.99)
VF
Format WMV + DRM
Taille : 1.26 Go
 




 
Acteurs
Mélanie, la grand-mère : Gabrielle Doulcet
la mère : Marie-José Nat
Michel : Jean-Louis Trintignant
le caméraman : Yves Afonso
Michel : David Drach
lui-même : Michel Drach
la boulangère : Luce Fabiole
la comtesse : Noelle Leiris
le premier passeur : Paul Le Person
le frère de Michel et le contestataire : Christian Rist
la soeur de Michel : Nathalie Roussel
le second passeur : Guy Saint-Jean

Fiche technique
Réalisation : Michel Drach
Scénario : Michel Drach
Direction de la photographie : Yann Le Masson, William Lubtchansky
Musique originale : Jean Manuel de Scarano, Jacques Monty

Date de sortie en France : 20/02/1974


 
Prix d'interprétation féminine (Marie-José Nat), Festival de Cannes - 1974

 



 

Amélie ou le temps d'aimer
Parlez-moi d'amour
On n'enterre pas le dimanche
Elise ou la vraie vie
 
 
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