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De John Maybury. France, Royaume Uni, Japon - 1998
Portrait de l'artiste en amoureux tourmenté. En 1964, le peintre Francis Bacon voit sa vie bouleversée par un petit malfrat qui s'introduit dans son atelier. Une descente aux enfers pour des toiles hallucinantes, et un film tout aussi brûlant. Avec Derek Jacobi, double saisissant de Bacon, et Daniel Craig, le dernier des James Bond, en gigolo-voyou pasolinien !
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John Maybury : "Pas seulement une biographie, une histoire d'amour."

Le personnage de peintre, les influences du réalisateur, les parti-pris du scénario... Propos choisis du réalisateur à propos de "Love is the Devil".
 

Derek Jacobi : "Je ne sais pas si j'aurais pu m'entendre avec Bacon"

L'acteur britannique, très célèbre en Grande-Bretagne, choisi pour interpréter Francis Bacon, raconte comment sa ressemblance avec le peintre a parfois conduit à des scènes surprenantes...
 

Deux Daniel en atouts

John Maybury s'est appuyé sur la biographie rassemblée par Daniel Farson, et la présence magnétique de Daniel Craig alias le dernier 007 en titre.
 

John Maybury, CV express

Le réalisateur de ce documentaire sur Francis Bacon est issu de l'avant-garde artistique londonienne, aux racines punk entre cinéma, vidéo et peinture.

"Un magnifique travail d'acteur pour sir Derek Jacobi en Bacon réincarné."



Jean-Jacques Bernard, Première
 

"... Qu’est-ce qui justifie un portrait reconstitué, dès lors qu’il suffirait de s’immerger dans ses toiles pour connaître Bacon ? Justement, le fait qu’on n’a pas toujours accès à l’oeuvre. Cela a même été la première “chance” de John Maybury : les vieux amis de Bacon lui ont mis des bâtons dans les roues, il n’a pu faire figurer aucun de ses tableaux dans son film. Sa seconde chance a été une intuition, qui s’est avérée féconde : sachant que l’origine du travail de Bacon est la photographie et l’expérience cinématographique, de Murnau à Eisenstein, le cinéma, en retour, n’avait-il pas son mot à dire ?

Filmer, ce serait donc aussi raconter l’histoire de la vie. Et raconter l’histoire de la vie de Bacon, ce serait s’interroger, comme lui, sur la manière d’appréhender le réel, de le reconstruire, à partir de la représentation photographique. Ce serait donc, forcément, poser la question de la ressemblance, puisqu’elle a taraudé un peintre qui refusait l’abstraction.

Une évidence l’acteur Derek Jacobi ressemble au peintre de façon proprement hallucinante. Plus d’un cinéaste s’y serait arrêté, s’en serait contenté. Maybury en fait un point de départ - cette ressemblance doit annihiler toute distance, pour aller à l’essentiel, «entrer» dans Bacon de façon viscérale. Et laisser place aux déformations, à la violence picturale, à la rébellion des sens…

Il y a donc Francis Bacon, mais aussi ses amies, amants, proches, coterie du Soho des années 60 ; Isabel Lambert, Murîel Belcher, la belle Henrietta Moraes, John Deakin, photographe de mode et portraitiste pour Vogue, dont Bacon, littéralement, piétinait les clichés. A ces habitués du Colony - «un refuge pour âmes perdues qui n’ont plus de corps» -, Bacon présente un jour George Dyer, mauvais garçon de l’East End qu’il a surpris en train de le cambrioler : «George a cette innocence que vous ne devinerez jamais, même s’il vous l’enfonce dans le cul.»

A cet homme, durant tout le temps que va durer leur relation, jusqu’à son suicide, en 1971, qui lui inspirera un bouleversant triptyque, Bacon va donner un corps. Et c’est très intelligemment autour de ce corps, lieu privilégié du drame, que Maybury à son tour construit ses plans, donnant ainsi à voir de manière palpable, viscérale, le travail de Bacon. Oublions quelques citations trop littérales - la fameuse ampoule au milieu de chaque plan d’atelier, les miroirs en forme de triptyque. C’est la subtilité du travail sur la pellicule, et la composition des plans, qui impressionne : Bacon s’est beaucoup inspiré des expérimentations du photographe Edward Muybridge, pour donner l’effet d’un corps en mouvement, mais mutilé, privé de son intégrité. A son tour, Maybury décompose tout, jusqu’au cauchemar récurrent de George, une sorte d’écorché sur un fil… De la même façon, «à la manière de», il élabore autour de ce corps des dispositifs formels originaux, triptyques, cages, socles et scènes, qui l’enferment, quadrillent l’écran, le structurent.

Comment un corps s’inscrit dans l’espace. Et comment, d’inspirateur, il devient encombrant, avant de s’effacer. C’est cette histoire, terrible, racontée dans ses toiles par Bacon, qu’aura tenté de reconstituer Maybury. Le peintre, lui, sera resté une figure impénétrable, un personnage. Figé entre masochisme - dans la relation sexuelle - et sadisme - le reste du temps -, drapé dans la drôlerie cingIante. «L’égoïsme de mon travail condamne toute émotion. Est-ce que la tendresse n’apparaît que sous le trait du pinceau ?» Entre-temps, il aura été traversé par un être humain, c’est-à-dire par la vie."



Vincent Remy, Télérama

Love is the devil
[ Love Is the Devil: Study for a Portrait of Francis Bacon ]
De John Maybury
France, Royaume Uni, Japon
1997
01h30 min


(€ 4.99)
VOST
Format WMV + DRM
Taille : 1.06 Go
 




 
Acteurs
George Dyer : Daniel Craig
Francis Bacon : Derek Jacobi
Muriel Belcher : Tilda Swinton
Henrietta Moraes : Annabel Brooks
l'officier français : Ariel de Ravenel
John Deakin : Karl Johnson
Isabel Rawsthorne : Anne Lambton
Blonde Billy : Richard Newbould
Daniel Farson : Adrian Scarborough
Ian Board : Tallulah

Fiche technique
Réalisation : John Maybury
Scénario : John Maybury
Direction de la photographie : John Mathieson
Son : Ken Lee
Musique originale : Ryuichi Sakamoto
Décors : Alan MacDonald
Costumes : Annie Symons
Montage : Daniel Goddard

Date de sortie en France : 09/12/1998




 



 
 
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