Pour Clémence

Réalisation

Pitch

Michel se retrouve au chômage avec cette angoisse cachée sous une gaîté factice. L'équilibre de sa vie avec Sarah se trouve vite modifié. Tandis que sa compagne travaille, il prépare de bons petits plats, et va chercher Clémence a l'école. Mais un jour, c'est l'angoisse. Il se réveille, et décide de ne plus accepter n'importe quoi...

Actions utilisateurs

Voir la fiche technique

Acteurs :

Equipe du film :

Dates :

Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Français

Bandes annonces et photos

On vous en parle

Ils en parlent

  • Le Nouvel Observateur

    Le Nouvel Observateur

    " Charles Belmont est un des ces réalisateurs que j’aime parce qu’ils s’attaquent bille en tête aux questions brûlantes. Dans Pour Clémence, la crise économique… A chaque instant, grâce à un montage d’un impressionnisme aussi souple qu’intelligent, l’image nous invite à extrapoler… L’image est superbe. Admirables plans imposant la présence de Paris..."

    Jean-Louis Bory, Le Nouvel Observateur
  • Le Monde

    Le Monde

    " Le film de Charles Belmont, dont les images magnifiquement composées apportent le trouble d’un certain fantastique social, est très beau par sa mise en scène, très important parce qu’il révèle la construction arbitraire de l’individu."

    Jacques Siclier, Le Monde
  • Télérama

    Télérama

    " Charles Belmont, qui a produit et réalisé Pour Clémence, nous avertit : « Ce n'est ni un film sur le chômage des cadres ni un film réaliste. » Et pour que le spectateur ne fasse pas fausse route, le premier quart d’heure, en effet, contient une très belle séquence qui est une vision poétique de la ville à l’heure du départ au travail. Je dis bien du départ au travail tout en sachant qu’il y a des multitudes de gens qui partent travailler à des heures différentes. Mais précisément, cette séquence (...) n’est qu’une image fantastique, un peu oppressante, un peu inquiétante, mais irréelle, de cette migration quotidienne d’hommes et de femmes qui semblent obéir à des forces obscures. Une image dont les couleurs, des roses, des rouges, des mauves, nous agressent et nous enchantent à la fois.

    Fini le travail, voici l’ingénieur en chômage livré à sa liberté. Redoutable liberté. Passée l’euphorie des premiers instants, l’homme en est encombré. Il essaie de visiter sa ville : elle lui apparaît terriblement morne et banale. Il va chercher Clémence à l’école : mais l’enfant n'a que faire de lui, elle a ses habitudes, ses camarades ; il fait la cuisine pour soulager sa femme : mais il la dérange pendant qu'elle travaille en lui parlant de choses futiles, comme font les femmes oisives avec leur mari... Peu à peu, il n'ose plus sortir, il a peur du regard des gens dans lequel il lit la même question que dans les yeux de sa fille, de sa femme... Enfermé dans son appartement, dans l’obscurité, il laisse couler le temps, sans parvenir à le saisir. Comment savourer le temps, soudain libéré, quand on a subi, pendant des années, la contrainte des horaires, des emplois du temps ? C'est un sujet qui est cher à Charles Belmont (...) le temps et la mort.

    La mort et la violence contemporaine ne sont pas absentes de Pour Clémence. L'ingénieur, après avoir refusé un travail dégradant, prend conscience de la crise qu'il vient de traverser. Il sort de l’espèce de léthargie où l’inaction le plongeait. Il est prêt à affronter le temps, à le maîtriser seul, à renouer avec sa femme un dialogue devenu impossible, prêt à profiter, enfin, de ce temps qui lui a tant pesé (...)Sans vouloir faire dire au film de Charles Belmont ce que son auteur n’y a pas mis, on ne peut s’empêcher d'entendre dans Pour Clémence, comme dans chacune de ses œuvres précédentes (L'Ecume des Jours et Rak), la même question, non formulée, mais sur laquelle butent ses personnages comme sur une énigme : à quoi sert de vivre et de faire tous ces efforts pour gagner du temps, lutter avec le temps, employer le temps, si c’est pour finalement mourir... et mourir aussi bêtement que le héros de Pour Clémence ? Mais toute mort n'est-elle pas bête, absurde, inacceptable ?

    Le cinéma de Charles Belmont a le mystère des œuvres qui plongent profondément dans la mémoire et l'expérience de leurs auteurs. Pour Clémence est un film troublant, magnifique et, de surcroît, superbement interprété par un chercheur du CNRS qui n’avait jamais joué la comédie : il s’appelle Jean Crubelier.

    En produisant lui-même son film, Charles Belmont a joué son avenir, sa liberté de créateur, son crédit dans la profession. Un cinéaste qui prend de tels risques pour préserver sa liberté d’expression, pour « faire ce qu’il a envie de faire », comme dit Clémence, c’est devenu si rare qu’il faut se précipiter avant que l’espèce ait complètement disparu..."

    Janick Arbois, Télérama
  • Première

    Première

    " Admirablement photographié, et vécu plutôt que joué par Eva Darlan et Jean Crubellier, le film de Belmont, par le calme avec lequel il dit les choses et le regard clair que celui-ci pose sur elles, a non seulement une force politique mais aussi une grande densité poétique"

    Michel Pascal, Première
  • La Croix

    La Croix

    "  Ce dont, je sais particulièrement gré à Belmont, c’est de ne pas nous avoir servi — comme tant d’autres — une « tranche de vie ». Son évocation est souvent irréaliste (l’admirable séquence du départ pour le travail, dans le petit matin, traitée comme un tableau « distancié » par rapport à la vérité) et, entre deux scènes banalement quotidiennes (comment tuer ce temps qui vous tue ?), fourmille de cocasseries (les animations), voire d’ironie frondeuse (le discours de Giscard), quand ce n’est pas de « flashes-back » significatifs. Pour Clémence est l’une de ces œuvres qui vous fascinent… L’évocation souvent irréaliste fourmille d’inventions frondeuses, de cocasserie…"

    Jean Rochereau, La Croix
  • Les Nouvelles littéraires

    Les Nouvelles littéraires

    " La superbe image de Philippe Rousselot… Deux remarquables comédiens Jean Crubelier et Eva Darlan qui donnent toute leur densité à ces personnages de tous les jours… C’est tout le sens de la vie que Belmont rend aux choses qu’il filme, ce qui est le propre des grands cinéastes."

    Guy Braucourt, Les Nouvelles littéraires
  • Téléciné

    Téléciné

    " Film d’une justesse, d’une profondeur, d’une acuité de regard, qualités justement décelées dans ses films précédents. Film attachant par son honnêteté, sa simplicité, son humanisme vrai."

    Gilles Colpart, Téléciné
  • Cinéma

    Cinéma
    "... Dans une société où chacun est justifié par son travail, peut-on se trouver, se réaliser alors que tout est fait pour que ceux « qui ne font rien » se sentent exclus, marginaux, un peu anormaux, et bien sûr coupables ? Un tel changement mine l’équilibre acquis dans tous les domaines : Michel a le temps et il joue avec Clémence, mais la découverte d’une autre logique que celle dans laquelle il a été façonné, le déconcerte; il s’occupe d’elle, mais il est perdu devant ses possibilités d’autonomie ; il lui arrive au moment de préparer le repas d’avoir le sentiment qu’il dérange Sarah en train de corriger des copies... Comment se situer dans une perturbation aussi générale ?

    A l’extérieur ? Peu de secours... Les autres sont loin, inaccessibles. De sa fenêtre il peut découvrir les voisins d’en face : un homme mourant, une femme qui le veille : comment et pourquoi les approcher davantage ? La ville, quand elle n’est plus le décor à peine vu d’un itinéraire quotidien, prend une existence de « chose » belle, privée de sens.

    Que d’interrogations fondamentales, angoissantes, qui sont forcément, à moins qu’on ne les nie, aussi les nôtres !

    Et tout cela est exprimé par tout l’ensemble des moyens cinématographiques. La caméra, les éclairages, les acteurs, la musique, jouent «dans» le film. Et c’est là qu’on retrouve, en plus abouti, la création originale de Belmont qu’on a pu déjà déceler dans ses précédents films.

    Nous sommes loin de tout naturalisme. La caméra n’est pas un objet qui enregistre : mouvements et cadrages affirment le regard vivant, compréhensif, presque encourageant d’une présence à côté du personnage qui coule dans l’élément nouveau qui l’environne ; la musique (composition de Michel Portai, remarquable et qu’on écouterait à part pour le plaisir d’elle seule) joue le même rôle : elle n’explique pas, elle n’accompagne ni ne souligne, elle intervient auprès du personnage. C’est un film qui engage à regarder, à écouter de façon active et donc qui démonte les jugements a priori.

    On retrouve l’attention à la fois tendue, tendre et « non directive » du créateur aux personnages filmés qui rendait à la fois si émouvants et convaincants les personnages réels d’Histoires d’A. On retrouve les ruptures de ton, de style même, qui, comme dans Rak, tirent le spectateur de son confort habituel. Dans une séquence l’auteur tient à donner un enseignement sur l’histoire de l’exploitation dans les plantations de coton qui a permis la prospérité de l’industrie textile : il utilise ironiquement la visite du musée de l’usine par une animation des tableaux présentés, et il s’en dégage une dérision corrosive, tandis que tout didactisme est évité.

    Dans une autre scène, un homme qui recherche vainement un travail sans lequel il ne sait plus vivre, exprime devant Michel son désespoir : la violence qui lui est faite par le rejet de la part des autres et par l’internement qu’on lui impose est exprimée par une mise en scène à ce moment là volontairement théâtrale, et d’un ton surréaliste, qui empêche un facile attendrissement sur cet homme et donne une force tragique à une situation généralisable à partir de lui.

    Plus que pour les précédents, il est difficile de classer, de définir le genre de ce film enraciné dans la réalité et sans réalisme, où l’humour est présent dans le drame, où la poésie toujours là apparaît sous des facettes différentes, où lucidité et espoir s’expriment dans des nuances qui rendent inutilisables les mots d’optimisme ou de pessimisme... Dans une conversation un homme demande à Michel : « Vous êtes communiste ? ». Il lui répond : « Je suis ingénieur». Ce refus des étiquettes faciles et faussement sécurisantes, Belmont le concrétise dans sa création.

    Le film est l’histoire d’une crise, et Michel laissé par Sarah à lui-même, à ses difficultés, à ses choix, évolue. Leurs rapports et le rôle de la femme sont d’ailleurs un sujet de réflexion, avec des perspectives jusqu’ici peu communes.

    L’itinéraire difficile, et dans une orientation cependant positive, n’aboutit pas à une happy-end. Et la fin est un raccourci de tous les mérites du film, qui par le choix des cadrages et le rythme du montage refuse toute dramatisation où le spectateur puiserait une émotion épidermique, qui rend compte cependant (avec la présence de la répression policière, déjà notée au cours du film) des forces de mort dont dispose la société dans laquelle nous vivons et travaillons, et qui donne la parole à Clémence exprimant ses désirs. Le film s’appelle Pour Clémence...

    Charles Belmont dit s’être donné le temps et les moyens d’une création libre ; son film montre que c’est sans doute la condition nécessaire pour produire une oeuvre somme, qui nous rencontre, nous spectateurs, dans nos interrogations et qui, ne donnant pas de solutions, nous serve à voir, soutienne notre lucidité, nous inquiète assez pour qu’on ait davantage le désir de comprendre le monde et nous-mêmes... et partant peut-être d’agir."

    Annie Piquemal, Cinéma
  • Libération

    Libération

    " Belmont choisit la difficulté, choisit de déstabiliser les évidences (...) La mise en scène, le montage qui brise la linéarité de la coupure entre Michel-travailleur et Michel-chômeur, la musique douce-amère de Michel Portai, nous montrent vite que le problème du chômage est un peu comme la madeleine de Proust : le prétexte à une interrogation philosophique sur le rapport au temps (...)

    Mais — et c’est ce retournement qui constitue l’interpellation philosophique et politique — la construction par Michel de sa nouvelle existence n’est pas aussi aisée que l’utopie voudrait le faire croire. Le temps du travail crée l’aliénation et la mort lente. Et si le temps du non-travail, laissait sourdre un travail du temps qui, lui aussi, serait mortifère ? C’est cette seule question — à laquelle on ne pourra pas ne pas tenter de répondre dans les temps à venir — que pose le film sobre et poignant de Charles Belmont. Les jours s’écoulent lentement et, au lieu de se remplir, se vident (...)

    c’est le remplacement du temps social par le temps psychologique qui va s’avérer sinon impossible du moins extrêmement complexe. La conscience de Michel est livrée tout entière au temps, mais, comme l’a écrit Jankélévitch, c’est la conscience du temps qui produit les troubles du temps. Elle était mal occupée, mais occupée quand même, par les rythmes du travail et du vécu collectif  (...) Tout le temps que Michel s’était promis de prendre devient du temps compromis, devient un temps dilaté qui ne réussit plus à combler ses instants et laisse perfuser l’ennui dans les interstices. Michel ne prend plus le temps, mais se laisse prendre par lui, se laisse immobiliser, sans même crier au secours. Qui d’ailleurs entendrait son cri ? Sarah va et vient, Clémence a ses jeux et sa logique à elle, et, dehors, les travailleurs travaillent, les chômeurs font la queue et la ville blême continue de broyer des vies, de transbahuter des fantômes ou des pantins.

    Michel tentera bien de stopper cette hémorragie de sa vie, de réagir, de s’appuyer sur Sarah, de se faire porter de nouveau par le temps social. Mais il est déjà trop tard (...) Film pessimiste, désespéré ? Je dirais plutôt : film excitant, parce qu’il ébranle le confort qu’apportent les simplifications, les mots d’ordre et les pseudo-solutions. Belmont ne conclut rien, et son dernier mot, il le met dans la bouche de Clémence. Comme si le mot d’enfant devait nous pousser à la recherche d’une solution, une solution « pour Clémence »..."

    Robert Maggiori, Libération

Vous en parlez

  • 26/01/13 | Midnight
      7/10

    Belle approche poétique et personnelle d'un probleme social (comme on dit). Malgré son aspect formel 70's, un film qui m'a paru tout à fait contemporain et plus pertinent que certaines sorties récentes. A voir.

A propos de

  • Charles Belmont

    C'est comme acteur qu'il débute, à l'orée des années 60, sous la direction de réalisateurs de la Nouvelle Vague (Claude Chabrol, Jean-Pierre Mocky) et de...

    En savoir plus

Affiche

Pour Clémence

Produits

Location

  • windows
  • mac
  •  COMPATIBLE

Du même réalisateur

UniversCinŽ maintenant disponible sur FreeboxTV, tablette et smartphone android, mac et pc et TV connectŽe

En ce moment

Restez connectés sur UniversCiné

Newsletter

Top

Top des ventes

  • 1 Tabou

    de Miguel Gomes
    à partir de 4.99€
    Tabou
  • 2 Foxfire

    de Laurent Cantet
    à partir de 4.99€
  • 3 Les Invisibles

    de Sébastien Lifshitz
    à partir de 4.99€
  • 4 The Master

    de Paul Thomas Anderson
    à partir de 4.99€
  • 5 Touristes

    de Ben Wheatley
    à partir de 4.99€

Communauté

Faites votre cinéma

  • skipper au sujet de : The Master

      8/10

    Sujet sortant de l ordinaire, loin dun manichéisme facile, excellents acteurs, superbement filmé. Il est vrai que le scénario s effiloche un peu sur la fin.