Plus qu’un premier film
sympathique. C’est un beau film, tendre et généreux, qui laisse toute la place
à ses personnages et aime les regarder vivre, avec leurs travers et leur
originalité. Renaud Cohen a ainsi réalisé un portrait de groupe où il s’efface pour
mieux s’incarner encore dans les moindres détails, et notamment dans ce rythme
doux qui épouse les hésitations minuscules de chacun –avec, au centre, Simon,
trentenaire indécis-, les glissements imperceptibles entre raison et folie,
immaturité et vieillissement. C’est une comédie hors mode : elle est
indulgente. Les ratages n’y sont jamais moqués, les incompréhensions et les
quiproquos y sont traités comme des incidents naturels… Chronique souriante de
la vie de quelques habitants d’un immeuble… et de ceux qu’ils aiment. Quand on
sera grand évoque au passage les aléas d’une famille juive séfarade. Sans
folklore, et avec une légèreté qui doit aussi beaucoup à la grâce des acteurs. Mathieu
Demy n’a jamais été aussi convaincant, et Amira Casar s’impose complètement. Voilà
un film dont l’élégance est la simplicité. On quitte le film assez joyeux,
confiant et vraiment touché par ces inconnus qui nous sont devenus brièvement
aussi proches que nos propres amis.
Philippe Piazzo, Aden
"Avec ce film faussement léger, Renaud Cohen a trouvé un ton : drôle avec aisance, et grave comme par inadvertance."
Pierre Murat, Télérama