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Yaaba

Réalisation

Pitch

En pays mossi, une vieille femme, soupçonnée de posséder des pouvoirs maléfiques, est chassée de son village. Seuls un jeune garçon, Bila, et sa copine Nopoko la fréquentent encore et la surnomment Yaaba. Yaaba en moré signifie grand-mère. Entre les deux enfants et la vieille femme grandit une profonde amitié. Et lorsque Nopoko va être atteinte par le tétanos, la vieille Yaaba partira à la recherche des herbes qui peuvent guérir l'enfant...

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Acteurs :

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Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Français

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  • Positif

    Positif

    " Yaaba évoque un état proche de l’harmonie, où la structure sociale reste faible par rapport à l’élan vital. Il raconte un essor vers une sagesse qui ne semble possible que par l’absence d’occidentalisation et par le contact avec la nature. Le dépouillement extrême de la bande sonore, bienvenu pour l’oreille saturée du cinéphile, celui de l’image où les silhouettes se profilent très verticales dans un espace horizontal, le grand calme qui préside à la succession des plans et des scènes, sont indissociables d’un mode de vie et d’une philosophie auxquels tient le réalisateur (...)

    La question est de savoir si cette simplicité, même au prix des petites luttes que mène Bila, ne reste pas un rêve rousseauiste. Dans son premier film, Le Choix partant du problème de la sécheresse au Sahel, le cinéaste décrivait le déracinement puis l’adaptation de ses personnages à une nouvelle réalité, et ne manquait pas de montrer au passage les aspects ingrats de la grande ville, où l’enfant trouvait la mort dès le début du film.

    Yaaba à l’opposé, est organisé autour du village, où il n’est plus question de lutter pour s’adapter puisque la vie s’y suffit amplement à elle-même. Aux difficultés succède une acceptation plus sereine, qui donne une image moins brute, plus séduisante, de l’Afrique. Cette stabilisation s’accompagne d’un affermissement spectaculaire du style, de la construction, du jeu des acteurs, comme si la maturation du cinéaste accusait l’effet euphorisant du regard même qu’il portait sur son pays."

    Pascal Pernod, Positif
  • Cahiers du Cinéma

    Cahiers du Cinéma
    " Quels que soient l’intérêt et l’importance symbolique du propos de Ouedraogo, c’est surtout du discours cinématographique que Yaaba tire sa force, sa beauté, sa magie et sa séduction.
    Le réalisateur se maintient sans cesse sur une ligne droite où s’équilibrent la fascination du conte, voire du mythe, et un réalisme d’ordre quasi ethnologique: on peut voir le film, en-deçà de ses prolongements métaphoriques, comme un documentaire d’une étonnante précision sur la vie quotidienne d’un petit village burkinabé. Mais l’impression qui domine à la vision de Yaaba (...) est celle du retour aux sources du cinéma.
    Si l’on a pu évoquer, à juste titre, aussi bien Renoir que Rossellini, on pourrait aussi bien citer Lumière (...) Loin d’être passéiste ou rétrograde, l’écriture de Ouedraogo propose une admirable réflexion sur le cinéma telle que seul un cinéaste du tiers-monde, particulièrement africain, sans tradition cinématographique paralysante, peut aujourd’hui la tenir sans sombrer dans l’hypocrisie d’une innocence simulée.
    Le trajet initiatique que conte Ouedraogo, par lequel les deux enfants apprennent à dépasser les préjugés et à découvrir le monde comme préexistant au regard et se suffisant à lui-même-ce qu’exprime plus clairement encore le « Ah, la vie ! » du voyeur que le « Ne la juge pas, elle a peut-être ses raisons », qui se transmet de Sana à Bila, puis à Nopoko- est mis en acte dans l’écriture du film, avec ses plans larges ponctués de rares plans de regards : si l’on a le sentiment de découvrir le monde tel qu’on peut l’imaginer avant l’invention du cinéma, dans l’émerveillement du premier regard, c’est que le cinéma s’y abolit dans sa fonction ontologique, celle de n’être plus que pur regard.
    Le désir du monde se confond avec le désir de cinéma. Ouedraogo ne fait pas des images, il voit et donne à voir, étendant sur la totalité du film ce que d’autres, même les plus grands, n’atteignent que dans des instants privilégiés, au prix de détours complexes. Il y a, dans cette contemplation sereine, quelque chose qui nous renvoie à Ozu, une étrange façon de traiter le temps et la durée en termes d’espace : ce qui est une définition possible du cinéma."

     

    Joel Magny, Cahiers du Cinéma

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A propos de

  • Idrissa Ouedraogo

    Salué comme l’un des cinéastes africains les plus prometteurs dans les années 80, le burkinabé Idrissa Ouedraogo a réalisé des films enracinés dans...

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Yaaba

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9/10

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  • elPoto au sujet de : L'Art de séduire

      2/10

    Personnages caricaturaux, acteurs assez moyens, métier de psy ridiculisé, style bobo-branchouille : aucun intérêt.