Sam Gabarski : " Tout raconter à travers le visage de Marianne..."
Notes du réalisateur. Origine du projet. Travail avec les acteurs. Et le coeur du film : Irina Palm, soit Marianne Faithfull. Avec elle, inutile d'aborder de front les scènes les plus équivoques; l'actrice exprime bien plus avec son propre corps et les expressions de son visage...
De Marianne à Maggie
Entre l'héroïne du film "Irina Palm" et la chanteuse mythique des sixties, Marianne Faithfull, rien de commun ! Revue de détail d'une métamorphose, depuis les repères biographiques de Marianne aux souvenirs de tournage de Faithfull.
" Le Belge Sam Garbarski, dont on avait aimé Le Tango des Rashevski
(2003), dit s'être fait mal recevoir avec le scénario de ce deuxième
film. Comme on le croit ! (...) Ce mélange de mélo et de misère sexuelle ne pouvait que faire très
peur. Sam Garbarski a réussi à en faire quelque chose de léger, de
drôle et d'émouvant, sans même une interdiction aux moins de 12 ans (...) l'atmosphère générale est celle d'un conte. Maggie y est la bonne
fée qui, au chevet de l'enfant malade, sait faire des miracles.
Elle
est un nouveau Petit Chaperon rouge, en duffle-coat couleur prune, qui
s'aventure dans la grande jungle de Soho, où elle rencontre forcément
de grands méchants loups... sans toutefois perdre sa dignité. Elle est
aussi une Cendrillon qui n'a pas le pied le plus fin du royaume, mais
la main la plus douce de toute l'Angleterre, ce qui lui vaut d'être
rebaptisée Irina Palm, nom de guerre, nom d'artiste et nom de princesse
des Mille et Une Nuits.
(...) cette comédie sait finement jouer avec le feu. Marianne Faithfull est
la pièce maîtresse de sa subtilité. Elle joue Maggie sans fard, avec le
plus grand naturel, mais sans jamais tomber dans l'ordinaire (...) Et cette aventure rocambolesque
raconte bien, au bout du compte, le rapport de cette femme seule avec
les hommes. Plus exactement : son don pour reconnaître le prince
charmant qui se cache au Sexy World."
Frédéric Strauss, Télérama