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De Benoit Jacquot France - 2000
Aristocrates et valets, hommes et femmes, amoureux sincères et séducteurs désinvoltes... Marivaux filmé par Benoit Jacquot se voit enrichi d'une nouvelle inversion des codes : théâtre/cinéma, mais aussi... spectateurs/acteurs.
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A l'origine du projet, une correspondance

Nous publions ici trois lettres entre Benoit Jacquot et ses actrices, Sandrine Kiberlain et Isabelle Huppert. Tourner ensemble "La Fausse suivante" ? Voilà la bonne idée... Petit échange éclairant.
 

A voir sur Universciné : Benoît Jacquot et le cinéma

A voir tout de suite : Benoit Jacquot (sur le tournage de son film L'intouchable) dans des extraits du documentaire de Laurent Perrin, "Vocation cinéaste" tourné en 2007.
la-fausse-suivante

" Sous l'apparente modestie de l'entreprise, La Fausse Suivante est un grand film. (...) Le coup de génie consiste à faire jouer simultanément, en les acceptant comme tels, les artifices du théâtre et ceux du cinéma."



Jean-Michel Frodon, Le Monde
 

" La magie naît du texte de Marivaux, comme dit dans un souffle et sans rumination par des acteurs singuliers mais rompus au jeu, tout en rapidité : un échange verbal enlevé ou ému, des regards glissés, une pirouette, une petite ponctuation musicale et hop !, voici déjà l'acte suivant. Huppert est une comtesse fragile, Kiberlain un chevalier sensuel, Amalric un Lélio dandy et fatigué, Arditi un Trivelin surprenant, mélange subtil d'aventurier à la Stevenson et de domestique à la Guitry. C'est peut-être justement et étrangement aux films de Guitry qu'on pense le plus. Il émane de ce "petit" film un charme distinct : celui du présent."



Jean-Baptiste Morain, Les Inrockuptibles
 

" Une pièce âpre et cynique écrite dans une langue d’une modernité confondante, où l’intérêt personnel règne en maître, quelque part entre Sade et Laclos, sans aucune concession au sentiment, sinon chez le personnage de la comtesse, créature aimante qui ne semble être temporairement au centre de l’action que pour mieux mettre en valeur le machiavélisme de ceux qui l’entourent.

Ce ne saurait être hasard si des metteurs en scène aussi différents que Jean Vilar, en 1964, Patrice Chéreau, en 1984, et Jacques Lassalle, en 1991, s’intéressèrent à la Fausse Suivante. Il y a là une pérennité du propos qui, au-delà de ce qui put déranger l’époque et qui, heureusement, s’est estompé aujourd’hui (une femme déguisée en homme, le Chevalier, faisant arme des atouts des deux sexes pour mener à bien son entreprise de démystification des reins et des cours), continue à faire mouche à tout coup.

Pour sa distribution, Benoit Jacquot s’est assuré le concours de comédiens plus connus au cinéma qu’au théâtre. Isabelle Huppert, fragile mais sans excès, incarne avec justesse une comtesse chez qui les élans de la passion ne parviennent jamais à étouffer le discours de la raison. Sandrine Kimberlain convainc dans le rôle du chevalier, dont elle avait joué une scène pour l’entrée au Conservatoire, frustration de la scène unique qu’elle expurge enfin, devenant tour à tour féline, cauteleuse, pateline, rouée, acerbe, vengeresse. Mathieu Amalric est le perfide Lélio, fade à souhait, victime de l’entreprise qu’il a manigancée sans en avoir la trempe. Pierre Arditi campe sans détour Trivelin, valet dépourvu de scrupule qui serait volontiers calife à la place du calife, siècle de Beaumarchais et de Da Ponte oblige, les utilités étant tenues par Alexandre Soulié, un poil trop évident en Arlequin, et Philippe Vieux, dans l’emploi ingrat du laquais Frontin.
La réalisation joue également du théâtre et du cinéma. Au premier, elle emprunte l’espace clos, tout en faisant éclater le dispositif scénique, la représentation partant des loges d’artistes pour se répartir, dès le générique passé, entre planches et salle, lieu naturel du spectacle et place virtuelle d’un spectateur absent, tantôt au parterre, tantôt au promenoir, à jardin. Au second, on doit l’utilisation dans la réalisation du champ-contrechamp de la caméra, soit le refus de la frontalité, règle cardinale du théâtre qui implique l’unicité de point de vue.

Benoit Jacquot accentue de surcroît cette opposition sur le mode chromatique, en renvoyant dans un amalgame osé d’homogénéité et d’hétérogénéité le bleu nuit du décor au rouge terni des fauteuils, contraste réitéré par la teinte des divers costumes. Tourné dans l’urgence, fruit d’un désir manifeste, cette Fausse Suivante restera comme un modèle de transposition à l’écran d’un texte écrit pour la scène."



Jean Roy, L'Humanité

Fausse suivante, La
De Benoit Jacquot
France
2000
01h30 min


(€ 4.99)
Format WMV + DRM
Poids : 0.46 Go
Téléchargement : 22'
 




 
Acteurs
la comtesse : Isabelle Huppert
le chevalier : Sandrine Kiberlain
Trivelin : Pierre Arditi
Lélio : Mathieu Amalric
Frontin : Philippe Vieux
Arlequin : Alexandre Soulié

Fiche technique
Auteur de l oeuvre originale : Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux
Costumes : Corinne Jorry
Direction de la photographie : Romain Winding
Distributeur : Pyramide Distribution
Décors : Pascale Consigny
Montage : Pascale Chavance
Producteur : Pyramide Productions, Les Films du Camélia
Producteur délégué : Dacia Films
Réalisation : Benoit Jacquot
Son : Michel Vionnet, Olivier Do Huu

Sorti en france : 08-03-2000




 



 

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