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De Laetitia Masson. France - 2004
Le pire pour une cinéaste, pense Laetitia Masson, c'est d'adapter un livre. Or, le seul producteur qui aimerait la faire tourner lui propose de filmer celui de Christine Angot, "Pourquoi le Brésil ?" Alors, pour adapter l'inadaptable, il faut peut être remettre le cinéma en question(s)...
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Laetitia Masson : "C'était un film impossible"

"...Impossible par rapport au livre de Christine Angot dont il est adapté, par rapport à ce qu’il raconte, par rapport à ce que les financiers du cinéma attendaient, par rapport à moi-même... tout était dangereux, mais c’est ça qui m’intéressait..." explique la réalisatrice qui a relevé le défi.
 

Elsa Zylberstein : "Je voulais devenir Christine Angot"

"Je ne plaisante pas du tout. Je l’avais entendue dans les médias, la manière dont elle se mettait en scène elle-même, sa vie. Je m’étais dit : « Elle veut tellement devenir une héroïne, finalement. » Lui donner un autre visage était une manière de transcender ses histoires. J’ai même pensé à acheter les droits du livre et parlé de cette idée à un ami producteur..." confie l'actrice.

"Le plus beau film raté du monde. (...) un film scandé où l'on ne s'ennuie pas une seule seconde (...) le meilleur film de Laetitia Masson, sans conteste. Jamais on n'aura vu un film sur la dépression plus juste, plus clinique, plus masochiste jusque dans sa laideur."



Jean-Baptiste Morain, Les Inrockuptibles
 

" Est en effet martelée la conviction qu'un récit n'est adaptable que s'il est vécu de l'intérieur par l'adaptateur. Qu'en somme Laetitia ne saurait rendre le désordre amoureux de Christine qu'à condition de se désordonner elle-même. Ainsi la triple épaisseur susceptible de donner un peu de jeu à la liste des names en jouant sur les écarts d'incarnation, se résorbe en une plate équivalence, chacune des trois femmes reconnaissant chez l'autre un quant-à-soi identique au sien, qui se révèle le seul objet du film.
Dès lors, quand le film se décide enfin à rendre la passion consignée dans le roman, il apparaît qu'elle est de trop, que les scènes où les les deux corps muets se cognent à leurs impasses n'ont rien à faire là. Qu'elles ne sont que des vignettes glauques vouées à soutenir, comme un mur, les pages lues en voix off. Que seule importe à Laetitia de faire sienne l'autoanalyse de Christine. Que tout ici converge vers ces plans qui la voient se filmer dans le miroir et le doute..."



François Bégaudeau, Cahiers du Cinéma
 

 " Avec audace, humour et une sensibilité aiguë, la cinéaste Masson examine des tas de trucs qui passionnent : l'alchimie d'une rencontre, la déchirure d'un couple, le risque de s'abandonner au regard de l'autre, les dangers de se raconter... Le tout redoublé d'un jeu schizophrèneet captivant puisque les comédiens principaux (Zylberstein et Barbé) batifolent dans plusieurs rôles et en côtoient d'autres (Auteuil, Arditi, Huster), parfois dans leur propre peau, parfois non. Ajoutons que le film dit des choses puissantes sur le cinéma français dans ses petits état..."



Olivier de Bruyn, Première
 

"Pourquoi (pas) le Brésil est un malicieux making of en abyme, l'évocation des affres d'une réalisatrice qui se bat avec ses financiers, ses acteurs, ses doutes (...). Subtilement, Laetitia Masson se joue des représentations et des identifications. Au nez et à la barbe des personnes réelles (présentes en chair et en os), Elsa Zylberstein et Marc Barbé jouent (fort bien) les rôles à miroirs de la réalisatrice et de son héroïne (pour l'une), du mari de la réalisatrice et de l'amant de l'héroïne (pour l'autre).

Mue par une honnêteté photogénique, se filmant avec humour (politesse de la distanciation) en détective burlesque à la recherche de l'esprit du livre, du "mentir-vrai" cinématographique et de ses propres troubles amoureux, Laetitia Masson assume la seule pose qui lui semble possible : confesser son processus de création, oublier du livre ce qui lui reste étranger et se raccrocher à ce qui lui parle, évoquer sa fascination pour le dédoublement, le mystère de l'amour, "l'adaptation à la personne qu'on aime"



Jean-Luc Douin, Le Monde
 

" Mieux que Spike Jonze avec Adaptation, Laetitia Masson nous fait partager les affres de la transposition, l'impact du livre sur sa vie et sa quête d'une vérité émotionnelle pour dépasser la simple illustration de roman (...). C'est aussi une subtile (et toujours compréhensible) mise en abyme de son histoire que nous livre Laetitia Masson. Avec un reste de pudeur qui lui interdit la nudité physique ("ou alors, juste le haut"), mais sans fausse honte, elle dit et montre son désarroi de cinéaste au chômage, rejetée par les producteurs (dont Alain Sarde, flamboyant) et les acteurs (Daniel Auteuil, étonné, et Francis Huster, étonnant), brossant ainsi un portrait drôle mais amer du cinéma français..."



Patrick Fabre, Studio Magazine
 

" Laetitia Masson se filme elle-même et se met en scène dans tous les avatars de l'artiste bloquée : l'impuissance créatrice, le besoin de travailler, l'horreur du vide, l'angoisse du miroir. Elle fait son 8 et demi, sans filet (...)
C'est sincère, beau, émouvant, libre, riche de sens. Ce long métrage de "fiction" (les guillemets sont essentiels") tourne autour de la question : comment Laetitia Masson va-t-elle transposer à l'écran le "roman" autobiographique de Christine Angot, Pourquoi le Brésil ?
La réalisatrice, devant un miroir avec sa petite caméra DV, se demande comment elle va faire (...). La deuxième partie, c'est la liaison entre Christine et Pierre Louis (...). C'est cette partie centrale qui est la plus proche d'une adaptation du livre au sens classique. Et les interventions de la réalisatrice sont avant tout des commentaires en voix off extraits du livre, dont la force d'écriture est admirablement rendue par le filmage : sensualité de la découverte des corps, isolement des personnages malgré la passion charnelle, affrontements verbaux et physiques.
Le cadre en scope est flottant mais déterminé, la lumière "godardienne" dans sa manière de styliser le réel (renforcement extrémiste des éclairages naturels). Les deux comédiens sont d'une justesse terrifiante, corps hagards, voix brisées, visages entre la représentation et la reddition mutuelle."



Yann Tobin, Positif

Pourquoi (pas) le Brésil
De Laetitia Masson
France
2003
01h32 min


(€ 4.99)
VF
Format WMV + DRM
Taille : 0.75 Go
 




 
Acteurs
le mari/Pierre Louis : Marc Barbé
la réalisatrice/Christine : Elsa Zylberstein
dans son propre rôle : Christine Angot
le pédiatre : Pierre Arditi
dans son propre rôle : Daniel Auteuil
Léonore : Léonore Chastagner
dans son propre rôle : Francis Huster
Maurice Rey : Bernard Lecoq
dans son propre rôle : Laetitia Masson
dans son propre rôle : Alain Sarde

Fiche technique
Réalisation : Laetitia Masson
Scénario : Laetitia Masson
Auteur de l oeuvre originale : Christine Angot
Direction de la photographie : Crystel Fournier
Son : Pierre André, Cyril Holtz
Musique originale : Benjamin Biolay, Jean-Louis Murat
Décors : Mathieu Menut
Costumes : Catherine Bouchard
Montage : Aïlo Auguste

Date de sortie en France : 15/09/2004




 



 
 
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